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Méditerranée: La guerre a un impact tragique sur les ONG

Syrie: plus de 60 morts après le naufrage du bateau à Tartous
Avec 234 migrants à bord, la France a offert un port ouvert au navire Ocean Viking en novembre.Image: capture d'écran twitter

La guerre de Poutine a un impact tragique sur le sauvetage en Méditerranée

L'augmentation des coûts et la politique mettent les organisations de sauvetage en Méditerranée sous pression. Que se passera-t-il si leurs bateaux ne peuvent plus prendre la mer?
12.12.2022, 18:3113.12.2022, 12:42
Daniel Fuchs et Remo Hess (bruxelles) / ch media
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Combien coûte le sauvetage de réfugiés en bateau? L'exploitation de l'«Ocean Viking», qui a transporté plus de 230 migrants naufragés lors de sa dernière mission en Méditerranée, coûte 20 000 francs – chaque jour. C'est ce qu'écrit l'organisation SOS Méditerranée sur demande. Pour rappel, après une errance de près de trois semaines avec 234 migrants à bord, la France a offert un port ouvert au navire en novembre.

Les prix du carburant et l'augmentation des coûts ont des répercussions

Cette odyssée a creusé un gros trou dans la caisse. «Nous sommes confrontés à de grandes difficultés financières, car les coûts de nos interventions ont considérablement augmenté en raison de la guerre en Ukraine», écrivait l'organisation, qui espérait une augmentation des dons à l'approche de Noël.

Le prix élevé du carburant, l'inflation en général et l'augmentation des taxes pèsent particulièrement lourd dans la balance, selon SOS Méditerranée.

«Nous ne pouvons pas assurer nos missions plus de quelques mois»
Une porte-parole

Mais d'autres organisations humanitaires opérant en Méditerranée ressentent également le renchérissement. L'activité migratoire est actuellement à nouveau élevée, en particulier entre la Libye et l'Italie. Cette année, au moins 90 000 personnes ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe. Des accidents et des morts sont régulièrement à déplorer lors de ces traversées dangereuses.

Mais les routes maritimes passent aussi entre le Maroc et les Baléares ou entre l'Afrique de l'Ouest et les Canaries dans l'Atlantique. Dernièrement, trois hommes ont suscité la consternation en survivant à un voyage de plusieurs jours entre Lagos (Nigeria) et les Canaries, assis sur le gouvernail d'un pétrolier.

L'Allemagne en ligne de mire pour accueillir les migrants

Le travail des sauveteurs n'est pas seulement rendu plus difficile par la hausse des prix. Ils sont également soumis à une pression croissante de la part des politiques. Un groupe de pays de l'UE autour des Etats méditerranéens que sont l'Italie, la Grèce, Malte et Chypre demande un durcissement des règles pour les organisations non gouvernementales. Ils reprochent aux sauveteurs en mer d'intervenir «de manière non coordonnée» et quasiment à la manière du Far West auprès des acteurs étatiques.

Les pays méditerranéens préféreraient que les pays dans lesquels les bateaux de sauvetage sont enregistrés prennent en charge les migrants interceptés. C'est ce que Meloni a demandé dans le cas de l'«Ocean Viking». Le navire circule sous pavillon norvégien. Mais l'Allemagne, qui prête son pavillon à plusieurs grandes organisations de sauvetage, est également dans la ligne de mire.

Les politiques italiens, comme le chef de la Lega Matteo Salvini, argumentent qu'une telle solution serait conforme à l'esprit de l'accord de Dublin de l'UE, selon lequel un demandeur d'asile doit déposer sa demande là où il a foulé le sol de l'UE pour la première fois. Et les bateaux de sauvetage naviguant sous pavillon allemand ne sont rien d'autre que des îles allemandes en Méditerranée, selon Salvini.

La Commission européenne tente une médiation. Nous pouvons aider à élaborer un «code de conduite», afin d'éviter de futures crises comme l'odyssée de l'«Ocean Viking», a déclaré le commissaire européen à l'immigration Margaritis Schinas, après une réunion spéciale des ministres de l'Intérieur de l'UE. Un groupe de contact entre les Etats membres, la Commission et les sauveteurs en mer a été mis en place.

Le problème, c'est qu'il n'existe pas de base juridique permettant de contraindre les sauveteurs en mer à respecter des règles plus strictes. Ils opèrent dans des eaux où le droit maritime international s'applique. Et celui-ci est clair: toute personne en détresse en haute mer doit être secourue. Le port sûr le plus proche doit être atteint.

Les sauveteurs en mer favorisent-ils la migration à travers la Méditerranée?

Sur le plan juridique, rien ne risque donc de changer pour les sauveteurs en mer dans un avenir proche. Mais que se passera-t-il si l'argent vient à manquer et qu'ils ne peuvent plus ou moins effectuer de missions? Leurs adversaires, principalement des politiciens de droite en Europe, voient dans des organisations comme SOS Méditerranée des complices des passeurs.

Ces derniers tiendraient compte de l'aide d'«Ocean Viking» et autres lorsqu'ils envoient les migrants dans des embarcations qui ne sont pas en état de naviguer pour la traversée. L'absence de sauveteurs privés en Méditerranée supprimerait un «facteur d'attraction», c'est-à-dire une incitation qui permet des traversées téméraires.

Les organisations humanitaires, quant à elles, mettent en garde contre la mort certaine de centaines de personnes. La réalité montre que les migrants partent même si aucun navire de sauvetage civil n'est en mission. Les sauveteurs en mer nient en outre avec véhémence être des complices des passeurs. SOS Méditerranée s'appuie sur le point de vue selon lequel, vu la longueur des côtes libyennes d'où partent régulièrement les migrants, c'est un pur hasard si un bateau en détresse est découvert.

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