Nestlé serait sur le point de changer
Philipp Navratil semble ne rien vouloir laisser au hasard. Le Zurichois de 49 ans est depuis septembre dernier le nouveau PDG du plus grand groupe agroalimentaire au monde, Nestlé, basé à Vevey. Et déjà, selon un rapport du Financial Times, il réfléchit à une réorganisation majeure.
En effet, Nestlé a historiquement été structurée autour de différentes zones géographiques. Actuellement, ces zones sont: Amérique du Nord et Amérique latine, Asie-Océanie-Afrique-Moyen-Orient et Europe. Elles sont complétées par des divisions globales, telles que Nespresso, la branche Sciences de la santé et le secteur de l'eau, qui, cependant, n’a plus d’avenir au sein du groupe.
Cette structure a permis au colosse du lac Léman de maintenir une proximité importante avec ses clients locaux. Ainsi, par exemple, la marque Maggi, originaire de Kemptthal (ZH), a vu sa popularité exploser en Asie et en Afrique au cours des dernières décennies sous l’égide de Nestlé.
Une focalisation sur quatre piliers
Cependant, selon le Financial Times, qui se base sur des informations d’insiders, l’ancien directeur de Nespresso, Navratil, souhaite réinventer complètement Nestlé. Il envisagerait de se baser non plus sur des zones géographiques, mais sur quatre piliers d’activité: café, nutrition et santé, nourriture pour animaux, ainsi que produits alimentaires et snacks.
Cela devrait, selon le rapport, renforcer la coopération interne. De plus, Nestlé serait ainsi en mesure de réagir plus rapidement aux tendances de consommation. L’entreprise ne souhaite pas commenter ces conclusions.
Une telle focalisation sur des domaines spécifiques pourrait également mener à la vente de certaines marques ou de secteurs entiers, ce qui rapporterait des fonds à Nestlé.
Nestlé a effectivement besoin d'un nouvel élan. En plus d’une évolution commerciale insatisfaisante ces dernières années, l’entreprise a également traversé des turbulences internes. Le Germano-Américain Mark Schneider a dû quitter son poste de PDG à l’automne 2024 après plusieurs échecs. Il a été remplacé par Laurent Freixe, un vétéran de Nestlé. Mais ce dernier a trébuché à cause d’une affaire interne. Après un an seulement, son mandat de PDG a pris fin. C’est donc maintenant Navratil qui prend les rênes.
Des décisions drastiques
Peu après sa prise de fonction, Navratil avait déjà annoncé la suppression de 16 000 postes sur un total de 277 000 et des économies de coûts de 3 milliards de francs d'ici fin 2027.
Cependant, Navratil a récemment été contraint de se concentrer sur un autre sujet: tout comme d'autres fabricants, comme Danone, Lactalis ou Hochdorf, Nestlé a dû rappeler mondialement des produits alimentaires pour nourrissons en raison de substances toxiques. Les dommages financiers et d’image restent difficiles à évaluer, d’autant plus que d'autres rappels ont été nécessaires dernièrement.
L'analyste de la Banque Vontobel, Jean-Philippe Bertschy, comprend les arguments en faveur d’une telle réorganisation pour un portefeuille plus ciblé. En premier lieu, cela montre que la nouvelle direction est prête, si nécessaire, à prendre des risques pour ramener Nestlé sur la voie de la croissance.
Il est fort probable que Navratil donnera plus de détails sur sa vision le 19 février prochain, lors de la présentation des résultats annuels de Nestlé.
