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Des déserteurs russes changent de camp: un geste contre Poutine

Ukrainian servicemen take positions on the frontline at an undisclosed location in the Donetsk region, Ukraine, Friday, Nov. 24, 2022. (AP Photo/Roman Chop)
Plus de 500 soldats russes se battraient aux côtés des Ukrainiens. (image d'illustration)Image: sda

Des déserteurs russes changent de camp et se battent contre Poutine

Des centaines de soldats russes se battent désormais aux côtés des forces ukrainiennes: un moyen de montrer qu'on peut être Russe et s'engager contre Poutine.
05.12.2022, 11:55

La guerre n'était commencée que depuis quelques semaines quand les premières informations sur des désertions dans les rangs de l'armée russe ont fait surface.

Aujourd'hui, après plus de neuf mois de combats, on peut supposer que leur nombre ne cesse de grandir, bien que des chiffres précis n'existent pas. Le Wall Street Journal faisait état, en juin déjà, de «centaines» de déserteurs.

Les raisons qui poussent un soldat à déserter sont multiples. Ces derniers mois, l'armée russe a essuyé plusieurs importantes défaites, dans la région de Kharkiv d'abord, et ensuite autour de la ville de Kherson. De vastes portions de territoire ukrainien ont été libérées, tandis que les occupants battaient en retraite. De plus, plusieurs témoignages ont fait état d'importants problèmes logistiques et de morale dans les rangs russes.

Mais pas tous les déserteurs veulent fuir les combats. Certains d'entre eux restent, et décident même de s'engager aux côtés des Ukrainiens. Ils seraient «plus de 500», affirme BFMTV, qui en a rencontré quelques-uns.

Traumatisés par les massacres

Pour ces soldats, il s'agit avant tout de se rebeller contre leur président. Ils veulent montrer qu'il est possible d'être russe et de s'engager contre Vladimir Poutine. L'un d'eux résume:

«Je combats non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour la liberté du peuple russe. En faisant ça, je suis un patriote, je ne suis pas un sbire de Poutine»
Un déserteur russe à BFMTV

D'autres ont décidé de changer de camp après avoir assisté aux atrocités de certains de leurs camarades. «Ce que j'ai vu là-bas m'a beaucoup choqué. Je pensais que l'armée russe était composée d'hommes d'honneur», raconte ce déserteur, marqué par les massacres de Boutcha et Irpin.

BFMTV a recueilli ces témoignages dans la région autour de la ville de Bakhmout, théâtre d'intenses combats depuis le mois d'août. Les Russes y déploient notamment des mercenaires du groupe Wagner, recrutés dans les prisons et utilisés comme chair à canon. Leurs pertes seraient très élevées, tout comme celles des Ukrainiens.

Prison et exécutions

Ces déserteurs se disent «inquiets». D'autres ont coupé les ponts avec leurs proches restés en Russie, qui n'ont pas approuvé leur choix. Les risques qu'ils encourent sont énormes.

Fin septembre, Poutine a signé une loi qui permet de condamner à dix ans de prison les Russes qui désertent, refusent de se battre, désobéissent aux ordres ou se rendent. Son homologue Zelensky n'avait pas raté l'occasion pour assurer que les soldats qui se rendent sont traités de «manière civilisée», les invitant à déposer les armes.

Une peine de prison est probablement la punition la plus souhaitable pour les déserteurs russes. Début novembre, le ministère britannique de la Défense a indiqué que ceux-ci risquent d'être exécutés sur-le-champ par leurs supérieurs:

«Les généraux russes veulent probablement que leurs commandants utilisent des armes contre les déserteurs, y compris en les autorisant à les tuer après un avertissement. Les hauts gradés veulent aussi maintenir des positions défensives jusqu'à la mort.»
Ministère britannique de la Défense

Selon Londres, cette stratégie «témoigne de la faible qualité, du moral bas et de l'indiscipline des forces russes». Les déserteurs qui se battent à Bakhmout ont, eux, les idées claires: «Même le prix de la vie de ma famille ne me fera pas faire un seul pas en arrière», affirme l'un d'eux. (asi)

La bataille fait rage à Bakhmout

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La bataille fait rage à Bakhmout
source: sda / libkos
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