Les touristes suisses bloqués au Moyen-Orient rentrent comme ils peuvent
Soudainement, les Emirats arabes unis, l'Oman ou le Qatar ont perdu leur statut de paradis balnéaire à la douce chaleur estivale et se sont retrouvés aux premières loges d'une guerre. Après que les Etats-Unis et Israël eurent attaqué Téhéran le 28 février, les mollahs ont riposté en envoyant des drones et des missiles sur les pays voisins, avec notamment pour cibles Doha et Dubaï.
L'espace aérien au-dessus de la région en crise a été fermé, les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols, et des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués. Parmi eux, de nombreux Suisses.
Des voyageurs laissés à leur sort
La Confédération n'a guère pu leur venir en aide. «Les ressortissants suisses sur place doivent suivre les instructions des autorités locales», voilà l'un des conseils prodigués par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) dès les premiers jours du conflit.
Ils étaient par ailleurs invités à enregistrer leur voyage via l'application Travel Admin de la Confédération et à contacter la ligne d'assistance du DFAE en cas de besoin. La loi mise sur la responsabilité individuelle en matière de voyages.
Sur le site internet du DFAE, on peut encore aujourd'hui lire:
La Confédération ne dispose d'aucun avion de transport. Les services compétents ont néanmoins été en contact avec Swiss.
Plusieurs milliers de désinscriptions
Certains des voyageurs bloqués se sont plaints d'un soutien prétendument insuffisant de la part de leur pays. Le fait que la Confédération avait mis en garde depuis longtemps contre le risque d'un conflit au Proche-Orient est passé quelque peu inaperçu dans ce contexte.
Dès que la situation le permettra, les collaborateurs retourneront à Téhéran. «En accord avec les pays concernés, la Suisse maintient, dans le cadre de ses bons offices, le canal de communication entre les Etats-Unis et l'Iran», indique le DFAE. (mg)
Mais, comme il apparaît désormais, de nombreux Suisses ont su se débrouiller par eux-mêmes. C'est ce que montrent les chiffres actuels du DFAE. Plus de la moitié des touristes suisses touchés par la fermeture de l'espace aérien ont pu quitter la région en crise. En réponse à une demande, le DFAE indique:
Il est en outre fort possible que davantage de personnes aient déjà quitté la région sans s'être désinscrites de Travel Admin.
Encore de nombreuses perturbations en vue
Le groupe le plus important se trouve toujours aux Emirats arabes unis, avec environ 1100 Suisses enregistrés, suivi d'Oman (250) et du Qatar (200). En Bahreïn, en Iran et en Jordanie, plus de la moitié des personnes inscrites ne figurent également plus dans le système. La situation est différente au Yémen et en Irak: aucune désinscription n'y a été enregistrée.
La majorité des départs ont vraisemblablement eu lieu par avion. Plusieurs compagnies aériennes proposent à nouveau des vols en nombre réduit depuis Dubaï ou Abou Dabi vers l'Europe. Deux vols spéciaux de Swiss et d'Edelweiss ont également eu lieu. Ces deux prestataires ont toutefois suspendu temporairement leurs liaisons vers le Moyen-Orient.
Pour les vols qui décollent encore depuis la zone de crise, il faut actuellement souvent faire preuve de sang-froid: des annulations ou d'importants retards liés aux événements du conflit sont à prévoir.
L'application Travel Admin elle-même a connu un véritable boom. Depuis fin février, 16 000 personnes ont ouvert un nouveau compte. Au total, 140 000 comptes d'utilisateurs y sont désormais enregistrés.
