Des commandos américains en Iran? Voici ce que Trump recherche
C'était l'un des objectifs de guerre centraux que le président américain Donald Trump a plusieurs fois mis en avant au début des frappes contre l'Iran: mettre fin à la menace supposée des armes nucléaires iraniennes.
Les Etats-Unis et Israël accusent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique. Le régime rejette ces accusations, mais revendique son droit à utiliser la technologie nucléaire à des fins civiles.
Un site qui alimente soupçons et craintes
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dirige désormais les soupçons vers une installation iranienne souterraine en particulier: selon elle, l'Iran stocke actuellement près de la moitié de son uranium enrichi jusqu'à 60% à Ispahan.
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Le complexe de tunnels serait la seule cible qui n'aurait apparemment pas été gravement endommagée lors des frappes israélo-américaines sur les installations nucléaires iraniennes en juin 2025, a déclaré lundi à Paris le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi.
Selon des diplomates, Ispahan est utilisée depuis un certain temps déjà comme site de stockage pour ce matériau qui pourrait être relativement facilement transformé en matière apte à la fabrication d'armes. Cette évaluation pourrait désormais relancer le débat sur l'envoi de troupes terrestres en Iran.
Après la «guerre des douze jours» de juin 2025, Trump avait pourtant déclaré que le programme nucléaire iranien avait été anéanti. Les forces américaines auraient déployé des bombardiers furtifs ainsi que des bombes anti-bunkers à cette fin. Trump s'était alors dit convaincu d'avoir ainsi empêché avec succès la construction de bombes atomiques iraniennes.
Les installations d'enrichissement de l'Iran auraient été «complètement détruites» et «éliminées» par l'opération «Midnight Hammer» (marteau de minuit, en français) qu'il avait ordonnée. Des experts avaient toutefois mis en doute cette affirmation.
Assez d'uranium pour dix armes nucléaires
Selon l'AIEA, l'Iran est actuellement le seul pays sans armes nucléaires propres à enrichir de l'uranium à 60%, soit bien au-delà du niveau nécessaire pour une utilisation civile de l'énergie atomique. Rafael Grossi a chiffré le stock actuel à Ispahan à «un peu plus de 200 kilogrammes».
Au moment des frappes de juin, l'Iran possédait au total plus de 440,9 kilogrammes de cet uranium hautement enrichi. En cas d'enrichissement supplémentaire à 90%, cette quantité suffirait théoriquement à fabriquer dix armes nucléaires. En référence à Ispahan, Rafael Grossi indique:
Ni l'AIEA ni d'autres observateurs n'auraient détecté sur les images satellites prises de la zone des indices indiquant que le matériau aurait été déplacé. La présence d'une certaine quantité d'uranium enrichi serait également suspectée dans l'installation de Natanz. Cette dernière, de même que celle de Fordo, sont considérées comme détruites ou gravement endommagées depuis juin.
La crainte d'un déploiement de troupes
Cette dernière évaluation de l'AIEA suffit-elle au président américain pour envoyer maintenant des troupes terrestres en Iran? Trump avait affirmé samedi dernier, à bord de l'avion présidentiel Air Force One, qu'il ne l'excluait pas, ajoutant qu'il devrait y avoir pour ce faire une «très bonne raison». Pour sécuriser l'uranium enrichi de la République islamique, «nous le ferons peut-être un jour», avait poursuivi le président américain.
Des indices montrent désormais que le gouvernement américain cherche depuis longtemps une issue à ce conflit. Trump a cependant récemment expliqué qu'il était encore loin d'une décision concernant l'envoi de troupes terrestres en Iran.
En réponse à des questions sur des informations faisant état d'un possible déploiement, il a indiqué au New York Post:
Une opération longuement préparée
Comme le rapporte le portail militaire The War Zone, des forces spéciales américaines et israéliennes se préparent activement depuis des années à une attaque contre des installations souterraines iraniennes, comme celle d'Ispahan.
Elles auraient ainsi déjà identifié plusieurs options pour neutraliser le stock d'uranium enrichi en Iran. Un responsable américain anonyme, cité par le média d'information américain Axios, a exposé:
Des experts, peut-être de l'AIEA, seraient également mobilisés lors de l'opération aux côtés des unités militaires spéciales, a-t-il ajouté.
L'AIEA souligne qu'elle ne dispose d'aucun indice crédible attestant d'un programme d'armement nucléaire coordonné de l'Iran.
Un possibilité esquissée depuis juin 2025
C'est précisément ce scénario que le portail militaire The War Zone avait esquissé dès juin dernier. A cette époque, les Etats-Unis et Israël avaient en effet envisagé de lancer une telle attaque avec des troupes terrestres.
«Les forces spéciales américaines sont idéalement adaptées pour pénétrer rapidement et discrètement dans une zone cible et y soustraire des objets d'intérêt d'une installation comme une centrale nucléaire en Iran», indiquait-on alors.
Si les objets en question étaient trop lourds pour être transportés par les forces spéciales, ils pourraient, selon leur nature, être détruits sur place ou sécurisés jusqu'à l'arrivée d'un groupe de relève plus important. The War Zone précisait également:
Les forces spéciales seraient par ailleurs bien positionnées pour aider à intercepter des matières nucléaires si le régime iranien tentait de les faire sortir du pays.
La question du rôle des Israéliens
Selon le portail militaire, les troupes spéciales américaines engagées sont les unités «Tier One», la «Delta Force» de l'armée américaine et le «SEAL Team Six» de la marine américaine. Elles s'entraînent régulièrement à contrer les armes de destruction massive, et répètent des scénarios relatifs aux dangers chimiques, biologiques, nucléaires et radiologiques possibles.
C'est en 2016 que le commandement des opérations spéciales américaines (U.S. Special Operations Command) a été désigné comme l'instance principale chargée de lutter contre les armes de destruction massive. Toujours selon The War Zone, des unités militaires américaines conventionnelles ainsi que des agents du département américain de l'Energie participent également aux exercices.
La question de savoir si des forces israéliennes participeraient à un éventuel déploiement terrestre à Ispahan reste floue pour l'heure. L'expérience ne leur manquerait pas, comme le montrent des exemples passés. Ainsi, des troupes israéliennes auraient détruit, selon The War Zone, en septembre 2024, une usine souterraine de missiles en Syrie, construite avec le soutien de l'Iran.
Les forces déployées auraient été présentes sur place pendant environ deux heures et demie, durant lesquelles elles auraient placé 300 kilogrammes d'explosifs sur le site. Le signal adressé à l'Iran indiquant que ses installations souterraines n'étaient pas invulnérables avait dès lors été très clair.
Des défis et risques immenses en perspective
Des experts militaires soulignent cependant que des préoccupations considérables subsistent quant à la manière dont les forces spéciales envisagent concrètement de sortir des centaines de kilogrammes d'uranium d'Iran, même si tout se trouve en un seul endroit.
Les conteneurs de sécurité dans lesquels l'uranium est vraisemblablement stocké rendraient le matériau à transporter encore plus lourd et plus encombrant.
Même une neutralisation sur place soulève des questions sans réponse. Selon The War Zone, diluer la matière nucléaire, par exemple, exige beaucoup de temps et de ressources.
Et plus les unités restent sur place, plus le régime iranien dispose de temps pour une riposte militaire, la protection des installations nucléaires étant une priorité absolue pour le régime.
Comme le rapporte Axios, un déploiement de troupes terrestres dans les dépôts d'uranium iraniens n'interviendrait vraisemblablement que lorsque l'armée de Téhéran ne représenterait plus une menace sérieuse pour les forces américano-israéliennes.
D'un autre côté, selon The War Zone, des troupes terrestres seraient nécessaires pour intercepter des groupes iraniens dès lors que ceux-ci tenteraient de déplacer ou de s'emparer de l'uranium enrichi. Une frappe aérienne sur des véhicules transportant de l'uranium comporterait en effet le risque d'une dispersion incontrôlée de matières nucléaires.
En définitive, tout pourrait se résumer à une question fondamentale: qu'est-ce qui compte le plus pour les Etats-Unis; la vie de leurs soldats ou celle de la population civile?

