L'armée syrienne étend son contrôle sur la minorité kurde
Un peu plus d'un an après son arrivée au pouvoir, le président islamiste Ahmad al-Chareh étend son emprise sur de nouveaux pans du pays. Rappelons qu'il avait accordé vendredi des droits nationaux inédits aux Kurdes. Cette minorité les juge toutefois insuffisants.
Washington et Paris ont appelé le dirigeant à cesser son offensive.
Ses troupes se rapprochent désormais de Raqa, ancien bastion du groupe djihadiste Etat islamique en Syrie.
Face à l'impasse dans les négociations du pouvoir central avec les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord et du nord-est de la Syrie, les forces gouvernementales syriennes ont délogé leurs combattants de quartiers d'Alep la semaine dernière, puis les ont sommés de se retirer de zones à l'est de cette ville.
Après avoir massé des renforts dans la région et bombardé vendredi des positions kurdes, l'armée a progressé tout au long de la journée de samedi.
Au petit matin dimanche, les autorités de Damas ont annoncé contrôler la ville de Tabqa, dans la province de Raqa, «y compris le barrage sur l'Euphrate qui est le plus grand de Syrie», selon le ministre de l'Information.
Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), bras armé des Kurdes, ont cependant assuré avoir «pris les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité et la stabilité» dans cette localité située à une quarantaine de kilomètres de Raqa.
L'agence de presse nationale Sana a affirmé que les FDS avaient fait exploser l'un des ponts menant vers Raqa, située sur la rive orientale de l'Euphrate et donc en théorie pas concernée par l'ordre de retrait des forces kurdes. Cela a interrompu selon elle l'alimentation en eau de la localité.
«Premier pas»
Les FDS ont fait par ailleurs état d'«intenses affrontements» dans cinq localités à l'est de l'Euphrate entre Deir Ezzor et la frontière irakienne. Les autorités de Deir Ezzor, également sur le fleuve, ont accusé les forces kurdes de bombarder le centre-ville, sous contrôle gouvernemental.
Raqa, dans la province du même nom, était considérée comme la capitale de l'EI avant qu'il ne soit défait par les FDS soutenues par une coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis.
La minorité kurde avait alors profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, incluant champs pétroliers et gaziers.
Un peu plus d'un an après avoir renversé Bachar al-Assad, Ahmad al-Chareh, un ex-jihadiste, veut rétablir l'autorité de Damas sur l'ensemble du territoire syrien.
Inquiétude de l'Occident
L'offensive a provoqué l'inquiétude de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, qui ont récemment levé leurs sanctions imposées à Damas sous Bachar al-Assad.
Samedi, le chef des FDS Mazloum Abdi a rencontré à Erbil, dans le nord de l'Irak, l'émissaire américain Tom Barrack. (ats)
