Gottéron est champion de Suisse
Après 46 ans en première division, Fribourg a obtenu ce titre qu’il convoitait tant. Ou quand la patience est enfin récompensée.
Roger Rönnberg l’avait dit dans les colonnes de Blick l'an dernier lorsqu’il avait été engagé par le directeur sportif Gerd Zenhäusern, il savait où il allait fêter le titre de Gottéron. Cette sortie fanfaronne avait froissé les superstitieux et ceux qui préfèrent la jouer profil bas.
Mais le Suédois a mené son équipe jusqu’au titre de main de maître. Car le chemin de Fribourg pour aller soulever le trophée ne fut pas un long fleuve tranquille. Avec un système de jeu et des idées bien arrêtées, le Scandinave a fait mieux que Christian Dubé. Le Canado-Suisse n’avait jamais réussi à passer les demi-finales. A sa première tentative, Rönnberg a su surmonter cet écueil avec brio en écartant Genève 4-1. C’est plutôt en quarts de finale que tout a failli s’arrêter pour les Dragons. Mené 3-2 par un Rapperswil opiniâtre, Gottéron a dû passer par la prolongation du septième acte et un but de Benoit Jecker pour avoir le droit d’aller plus loin.
Face à un Davos magistral en saison régulière avec 117 points et qui a écarté Zoug et Zurich à chaque fois 4-1, Fribourg a affronté un club en pleine confiance. Menés 3-2 dans cette finale, les Fribourgeois ont réussi l'exploit de remporter les deux derniers matches, dont la Finalissima en terres davosiennes. Il faut remonter au Zurich de Hans Kossmann en 2018 pour retrouver un club capable de s'imposer hors de ses bases lors d'un acte VII.
Un bon mix de jeunes et de vétérans
Ce premier titre porte le sceau de Rönnberg, mais aussi celui de Gerd Zenhäusern. Le directeur sportif a patiemment construit un effectif de qualité. Il a notamment su convaincre des joueurs suisses de venir comme Andrea Glauser, Ludvig Johnson, Jamiro Reber ou encore Attilio Biasca, ou de rester au club comme Sandro Schmid. Le club a aussi pu compter sur des vétérans du cru, avec en tête Julien Sprunger, capitaine exemplaire auteur de deux buts en finale à 40 ans pour ses ultimes coups de patin en National League. Mais des hommes comme Nathan Marchon, Benoit Jecker ou Christoph Bertschy ont également amené leur pierre à l’édifice.
Grâce à un effectif plus abondant, Fribourg ne s’est pas écroulé quand Sandro Schmid et Andrea Glauser, deux internationaux et deux piliers de l’équipe, ont rejoint l’infirmerie. Même chose lorsque Marcus Sörensen a manqué près de trois mois en raison d’une blessure. En utilisant les dix licences étrangères à disposition, Zenhäusern a rendu hommage à la maxime “Gouverner, c’est prévoir”. Mention spéciale au vestiaire des Dragons qui n’a pas été perturbé une fois que la rumeur du retour de Lucas Wallmark en Suède s’est transformée en confirmation. Non, le navire Gottéron a tenu bon.
Bien entendu, il n’est pas envisageable de remporter un titre sans un grand gardien et Gottéron a pu compter sur un Reto Berra investi. Pour sa dernière saison fribourgeoise, le Zurichois s’est débarrassé de son image de “Genoni du pauvre”. Car si son ancien compère zurichois et davosien compte sept titres (réd: Berra en a un en 2009 comme doublure à Davos), il l’a également toujours devancé en équipe de Suisse (2018 et 2024). Trois fois argenté (avec encore 2013 derrière Martin Gerber), il a joué les remplaçants lors de chaque finale.
Ce titre attendu depuis les années 90 et les trois finales perdues de l’ère Bykov-Khomutov dépasse évidemment les limites de la ville de Fribourg. Gottéron représente tout un canton. Reste donc une seule et unique question, est-ce que le 30 avril va devenir un nouveau jour férié?
(ats/yog)
