Trump a une étrange lubie vestimentaire: «C'est hystérique»
Une partie du personnage de Donald Trump repose sur sa silhouette, reconnaissable entre toutes. Le brushing blond vif. La cravate cramoisie. Le costume de marque qui trahit le moindre kilo de trop. Et, évidemment, depuis le début de sa carrière politique, la fameuse casquette Make America Great Again, arborée religieusement par ses fidèles.
Toutefois, un autre détail, plus discret mais tout aussi symbolique, est tombé dans l'oeil acéré du Wall Street Journal: les chaussures du chef d'Etat américain.
Des chaussures très particulières et soigneusement choisies qu'il distribue désormais à tous ses alliés, des membres du cabinet à ses ministres, en passant par les conseillers de la Maison-Blanche, en guise de cadeau et de signe de ralliement.
au Wall Street Journal
Parmi les destinataires, citons le vice-président JD Vance, le secrétaire d'Etat Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, son directeur de la communication, Steven Cheung, ou encore plusieurs personnalités médiatiques acquises à la cause de Donald Trump, comme Tucker Carlson et Sean Hannity, célèbre présentateur de Fox News.
Selon le quotidien économique, Donald Trump aurait mis en place un curieux rituel avec ses visiteurs du Bureau ovale. A commencer par celui de commenter leur choix de chaussures.
Au-delà de ces remarques élégantes, Donald Trump, un grand gaillard d'1m90 dont on connait l'obsession pour la taille, prendrait un malin plaisir à deviner la pointure des gens présents dans son bureau. «Vous savez, on peut en apprendre beaucoup sur un homme rien qu'à sa pointure», aurait-il affirmé en décembre dernier à son vice-président JD Vance, selon ce dernier.
Il s'amuserait plus encore à faire don aux personnes qu'il estime et apprécie d'une paire de mocassins, soigneusement emballés dans leur emballage en carton caractéristique, accompagné d'un petit mot de remerciement et de sa signature. Les boîtes à chaussures seraient entreposées dans le Bureau ovale, selon les informations du WSJ.
Il s'agit donc pour les «heureux» détenteurs de la paire de chaussures présidentielle de les afficher fièrement.
D'autres doivent prendre sur eux. C'est le cas d'un secrétaire d'Etat qui, selon des témoins, s'est plaint d'avoir dû «ranger ses Louis Vuitton» au placard. Blesser l'ego du patron relève du crime de lèse-majesté et les employés de la Maison-Blanche ne peuvent guère se le permettre.
La chaussure de Michael Jackson
La marque qui a tant séduit le pourvoyeur-de-chaussures-en-chef, c'est Florsheim. Cette entreprise américaine largement centenaire s'est donnée pour mission d'allier confort et style, ce qui est loin d'être l'apanage de toutes les marques de chaussures. Depuis qu'il l'a découverte en 2018, Donald Trump ne jure que par elle. A part une petite infidélité lorsqu'il part à l'assaut des greens de golf, il ne se sépare plus de ses précieux mocassins.
Enfin... à une petite exception près. En juillet 2024, lors de sa première tentative d'assassinat à Butler, en Pennsylvanie, au milieu de la cohue et de la panique générale, l'une de ses chaussures bien aimées est restée sur place, abandonnée sur la scène du meeting. On ignore toujours s'il l'a récupérée depuis.
Un détail qui a son importance: contrairement à ses costumes Brioni (dont le prix oscille entre 5000 et 7000 euros), les chaussures du président américain sont relativement bon marché. La plupart des modèles coûtent environ 145 dollars, soit environ 112 francs suisses. «C'est lui qui les paie», tient à préciser la Maison-Blanche au Journal, à propos de ces cadeaux dont Donald Trump a déjà gratifié une dizaine de proches.
Fondée à Chicago en 1892, Florsheim a séduit d'autres célèbres clients, comme le président Harry Truman et Michael Jackson, qui dansait même son iconique «moonwalk» dans ces mocassins. Pour vanter le confort et l'élégance d'une chaussure, autant dire que la marque ne pouvait rêver d'une meilleure publicité.
En revanche, il va sans dire que l'héritier du fabricant, Thomas Florsheim Jr, s'est abstenu de dire ce qu'il pensait sincèrement de son ambassadeur présidentiel dans le Wall Street Journal. Une égérie qui, n'importe quelle marque en conviendra, est aussi célèbre qu'elle est embarrassante.
