Le prochain adversaire de la Nati a des ressources mentales inépuisables
Mardi à Atlanta, l'Albiceleste était menée 2-0 à 11 minutes de la fin du match. A cet instant, les champions du monde en titre avaient 0,6% de chance de battre l'Égypte avant les prolongations, selon le statisticien Opta. Mais l'irrationnel s'est produit et elle est devenue la première équipe de l'histoire du Mondial à remporter un match dans le temps réglementaire en étant menée de deux buts à ce moment-là de la rencontre, rendant ce match définitivement légendaire.
Ce miracle a été possible évidemment en grande partie grâce au génie de Lionel Messi, passeur puis buteur en quatre minutes (2-1, 79e et 2-2, 83e) et dont l'Argentine dépend totalement. Mais pas que. L'impossible a eu lieu à Atlanta car les Argentins ne se découragent jamais et jouent ces moments au bord du gouffre avec un coeur immense.
Pour Lautaro Martinez, «l'équipe a montré une incroyable force de caractère, son unité et son sens du sacrifice». «Le football, c'est de la tactique, de la stratégie, mais aussi du cœur, de l'instinct», a commenté le sélectionneur argentin Lionel Scaloni, submergé par l'émotion après que ses hommes ont tout renversé en l'espace de 13 minutes hors du temps. Selon lui, «l'équipe savait qu'elle pouvait gagner après l'égalisation. Je n'ai pas eu besoin de leur dire: "continuez".»
Ce commentaire du technicien en dit long sur le mental sans limite de ses joueurs, portés par une force collective immense qui apparaît quand ils sont dos au mur. Ils n'ont, alors, besoin de personne, pas même de leur entraîneur pour aller puiser des ressources au fond d'eux-mêmes et se sublimer.
Cette vive émotion montre à quel point le numéro 10 est allé chercher très loin pour décrocher ce succès mais illustre aussi la peur qu'il a ressentie de sortir de sa sixième et probable dernière Coupe du monde à 39 ans. «C'était un peu de la joie, du soulagement, parce qu'on voulait continuer à être là et que ça ne pouvait pas se terminer aujourd'hui, on ne voulait pas sortir», a-t-il souligné.
Cette probable fin de carrière internationale du guide argentin a forcément nourri la force mentale de ses coéquipiers. Comme d'habitude mais encore plus pendant ces 13 minutes, ils se sont battus pour leur capitaine. «Nous allons continuer à tout donner pour lui», a appuyé Lautaro Martinez.
Après être sortis vivants de ce 8e de finale, les Argentins ont des airs d'invincibles et les Suisses, leurs adversaires en quart de finale, le savent très bien. Cette force de caractère est leur marque de fabrique dans cette compétition, et le précédent exemple remontait à seulement quatre jours contre le Cap-Vert, contre qui ils ont été poussés en prolongations (3-2 a.p.).
En 2022, ils avaient remporté le sacre suprême dans la souffrance lors de la finale face à la France, au bout de la séance des tirs au but (3-3, 4-2 t.a.b.). Avant cela, le chemin avait été semé d'embuches au Qatar car ils avaient déjà frôlé l'élimination en quart de finale contre les Pays-Bas (2-2, 4-3 t.a.b.). Avec ce coeur de champion, l'Argentine semble imbattable.
