Une équipe du Tour de France raillée pour sa stratégie absurde
L'équipe Lidl-Trek a beau dominer le classement par équipes du Tour de France, avec près de 20 minutes d'avance sur UAE Team Emirates, sa stratégie depuis le départ de la Grande Boucle est régulièrement pointée du doigt.
Dernier épisode en date, et sans doute le plus marquant: celui survenu vendredi lors de la 19e étape reliant Gap à l'Alpe d'Huez.
Dans la première partie de course, Lidl-Trek s'est hissée en nombre dans l'échappée du jour, avec le maillot vert Mads Pedersen, le champion des Etats-Unis Quinn Simmons, le champion de Tchéquie Mathias Vacek ainsi que Derek Gee-West.
Objectif: rouler fort pour creuser l'écart sur le peloton et permettre à Pedersen d'accroître sa domination au classement par points lors du sprint intermédiaire. Un objectif atteint, puisque le Danois a récolté les 25 points attribués au premier sur la ligne.
Cependant, il y avait dans cette échappée Lenny Martinez, septième du classement général, en embuscade derrière les deux leaders de Lidl-Trek restés dans le peloton: Juan Ayuso et Mattias Skjelmose, respectivement cinquième et sixième.
Le fait que la formation allemande veuille jouer sur deux tableaux, le maillot vert et le classement général, n'est évidemment pas contesté. Personne, en revanche, ne comprend pourquoi l'équipe a tenu à creuser autant l'écart entre l'échappée et le peloton, celui-ci ayant grimpé jusqu'à quatre minutes. Une aubaine pour Martinez, qui ne comptait que 3 minutes 28 de retard sur Ayuso et 2 minutes 36 sur Skjelmose.
Est-ce la peur de voir revenir le peloton avant le sprint intermédiaire? Un simple écart de deux minutes aurait suffi à préserver l'échappée et à dissuader le peloton de partir à sa poursuite. Et même si des équipes avaient soudain accéléré derrière, Simmons, Gee-West et Vacek auraient pu eux aussi hausser le rythme pour permettre au groupe de tête de se relancer. Qui plus est, le grand rival de Mads Pedersen au maillot vert, Jasper Philipsen, a été lâché du peloton en début d'étape, ce qui signifiait que le Danois n'avait plus personne pour lui courir à ses trousses.
Au final, une fois le sprint intermédiaire passé, Lidl-Trek a demandé à ses hommes placés à l'avant de se laisser distancer pour produire l'exact inverse de la stratégie initiale: rouler fort en tête du peloton afin de réduire l'écart avec l'échappée et cet encombrant Martinez qui, à l'arrivée à l'Alpe d'Huez, a quand même dépassé les deux leaders Ayuso et Skjelmose au classement général, aidé par la défaillance de l'Espagnol dans la montée finale. Le voici cinquième du général avant la dernière étape de montagne, ce samedi.
Cette façon de procéder a provoqué des tensions au sein du collectif Lidl-Trek. «L'équipe a clairement fait comprendre qu'elle se souciait davantage de voir Mads remporter le maillot vert que de me voir remporter une étape», a pesté Quinn Simmons après l'étape.
En ligne, il n'a pas fallu longtemps avant que la stratégie de Lidl-Trek – critiquée à l'antenne par différents consultants, à l'image de Laurent Jalabert – ne fasse réagir. «Je pense qu’on peut attribuer le Movistar award de la tactique flinguée à la Lidl-Trek pour leur magnifique stratégie du jour», a lâché un utilisateur du réseau X, en référence à l'équipe Movistar qui traîne derrière elle une réputation d'équipe pas toujours inspirée dans ses choix tactiques.
«La stratégie de Lidl Trek, mdr», a ajouté un autre, tandis qu’une page dédiée au cyclisme a écrit: «Lidl-Trek, on n’y comprend rien, mais merci pour tout!» Elle n’a pas tort. Après tout, l’équipe d’Andy Schleck a fait la course sur tous les fronts.
(roc)
