L’échange tendu entre Deschamps et des journalistes marocains
Scène inhabituelle lors de la conférence de presse des Bleus, mercredi, à la veille du quart de finale de l'équipe de France contre le Maroc (22h).
Alors que celle-ci touchait à sa fin et que le sélectionneur français Didier Deschamps s'apprêtait à quitter l'estrade, les journalistes marocains se sont soudain levés pour se plaindre de ne pas avoir eu suffisamment la parole pendant la séance. «Ce n'est pas normal», pouvait-on entendre dans l'assemblée.
L'un d'eux lance alors: «On lève la main et on ne pose pas de questions, cela a duré 17 minutes alors qu’on devait en avoir 30». Un autre ajoute: «Depuis tout à l'heure on lève la main, on lève la main». Visiblement surpris par ces interventions, Didier Deschamps répond avec sa diplomatie habituelle: «J’ai répondu aux questions, je suis parti très tôt pour rejoindre le stade (réd: le camp de base des Bleus se trouve à près d'une heure de route) et j’ai un entraînement à préparer et d’autres obligations médiatiques derrière».
C'est alors que le ton monte quelque peu. «On vous respecte, mais il faut répondre», enchaînent les journalistes marocains. «Moi aussi, je vous respecte», rétorque le technicien français, qui ajoute: «Vous êtes combien? Si vous êtes 50 à lever la main, je ne vais pas répondre à 50 questions. J’ai encore d’autres obligations après».
Didier Deschamps et son chef de presse accordent finalement une dernière question aux journalistes marocains. L'un d'eux demande, après avoir vu les Bleus célébrer leurs buts à l’entraînement:
Réponse du coach: «Non mais ça, c’est du plaisir. C’est toujours comme ça aux entraînements. Il y a une équipe qui gagne et elle le montre. L’euphorie jamais, on respecte cette équipe du Maroc. On sait très bien ce qui nous attend demain. De la confiance oui, mais en face aussi. Il y a une vie de groupe, on ne va pas montrer des images de joueurs en pleurs non plus. Je ne m’occupe pas des réseaux, je ne regarde pas. Je ne sais pas qui filme qui».
La conférence de presse des Bleus n’a pas été la seule à être agitée. Celle du Maroc aussi, puisqu’une altercation entre deux journalistes a interrompu le monologue de Brahim Diaz. Au fond de la salle, des «Mais pourquoi tu me frappes?» et autres «Tu m’as tapé dessus» fusaient…
(roc)
