La pépite du cyclisme est de retour et ça va secouer
Peu importe sa nouvelle dénomination, l'ex-Critérium du Dauphiné reste une course exigeante au profil montagneux hyper sélectif, qui couronnera forcément un candidat au podium de la prochaine Grande Boucle.
Et malgré son très jeune âge, Paul Seixas fait déjà partie de cette caste, à l'instar du Mexicain Isaac Del Toro ou de l'Espagnol Juan Ayuso, ses principaux rivaux cette semaine. Le costume de favori lui sied d'autant plus en l'absence de quelques cadors, au premier rang desquels figure Tadej Pogacar. Le Slovène, vainqueur sortant, a cette année choisi de varier les plaisirs et d'améliorer sa condition sur le Tour de Suisse tandis que le Danois Jonas Vingegaard se repose après son triomphe dans le Giro et que le Belge Remco Evenepoel peaufine ses réglages loin des regards, en stage dans la Sierra Nevada espagnole.
C'est précisément de la même région que débarque Seixas que l'on n'a plus vu en course depuis Liège-Bastogne-Liège le 26 avril (2e) quand il avait épaté les suiveurs (à défaut de les étonner) en résistant à Pogacar jusque dans la côte de La Roche-aux-Faucons à 14 kilomètres de la ligne, où le meilleur coureur de la planète avait eu toutes les peines du monde à décrocher son cadet.
Plus d'un mois après cette performance qui l'a conforté dans son statut d'héritier potentiel du quadruple vainqueur du Tour, le prodige de la formation Décathlon CMA CGM s'avance avec quelques certitudes. Celle notamment de savoir gérer une course World Tour d'une semaine comme il l'avait fait sans trembler lors du Tour du Pays Basque début avril où il s'était imposé avec deux minutes trente d'avance sur un autre prodige supposé, l'Allemand Florian Lipowitz, 3e du Tour 2025.
Autre certitude: le Lyonnais répond présent quand il est attendu comme quand il avait dompté le Mur de Huy lors de la Flèche wallonne, son sixième et dernier succès en date cette saison.
Paul Seixas sait en outre qu'il pourra compter en montagne sur des équipiers en forme à l'image de son garde-chiourme dès que la route s'élève, Léo Bisiaux, ou de l'Américain Matthew Riccitello, récent vainqueur du Tour du Jura. Le rouleur suisse Stefan Bisseger a lui été sélectionné dans l'optique de la troisième étape, un contre-la-montre par équipes qui servira de répétition avant celui programmé en ouverture du Tour de France le 4 juillet à Barcelone.
La tâche de ces huit prochains jours ne s'annonce pas simple pour autant dans ce qui ressemble à un rendez-vous de jeunes loups prêts à en découdre dans le Massif central et dans les Alpes, notamment dans les lacets du Grand Colombier samedi prochain et l'arrivée finale le lendemain au Plateau de Solaison.
Juan Ayuso (23 ans) avait dominé Seixas en début de saison au Tour d'Algarve, avant de connaître des pépins physiques. Il revient «gonflé à bloc» après deux mois de «remise à zéro».
Isaac Del Toro, vainqueur de l'UAE Tour et de Tirreno-Adriatico, prépare comme Seixas sa première expérience sur le Tour, dans l'ombre de son leader Pogacar tandis que l'Américain Matteo Jorgenson, autre candidat au succès final, fait presque figure de vieillard du haut de ses... 26 ans au milieu de prétendants encore pleins de sève comme le Belge Cian Uitdebroeks (23), le Britannique Oscar Onley (23) et la Français Kévin Vauquelin (25).
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— Renaud Breban (@RenaudB31) June 5, 2026
Un sacré vent frais va donc souffler en Auvergne et Rhône-Alpes où Seixas, 8e en 2025, espère faire tomber le record de précocité d'un vainqueur détenu par l'Américain Greg LeMond, qui avait 21 ans et onze mois lors de sa victoire en 1983.
(jcz/afp)
