Sport
Hockey sur glace

Play-offs: le HC Bienne a changé et a tout pour réaliser un gros coup

Biels Spieler jubeln nach ihrem Sieg im zweiten Eishockey Playoff Halbfinalspiel der National League zwischen den ZSC Lions und dem EHC Biel am Samstag, 1. April 2023 in der Swiss Life Arena in Zueric ...
Le HC Bienne mène 2-0 dans sa série de demi-finale des play-offs contre Zurich.image: keystone

Le HC Bienne a changé et a tout pour réaliser un gros coup

Les Seelandais mènent 2-0 contre Zurich en demi-finale des play-offs. Deux nouveautés leur permettent d'y croire plus que jamais.
03.04.2023, 11:56
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg
Suivez-moi
Plus de «Sport»

Bienne est-il clairement meilleur que les ZSC Lions? Non. Les résultats des deux premiers matchs – victoires biennoises 1-0 puis 4-0 – le laissent supposer. Mais la différence est minime entre ces deux équipes. Pour tenir en échec ces puissants Zurichois, il faut que les Seelandais soient plus fort que jamais.

Biels Toni Rajala schiesst das Tor zum 0:4 im zweiten Eishockey Playoff Halbfinalspiel der National League zwischen den ZSC Lions und dem EHC Biel am Samstag, 1. April 2023 in der Swiss Life Arena in  ...
Le top scorer biennois Toni Rajala inscrit le 4-0 dans la cage vide samedi soir.Image: KEYSTONE

Dans le deuxième match, c'est surtout l'art et les émotions qui ont fait la différence. L'art, c'est quoi au juste? Il n'est pas mesurable statistiquement, n'est visible que du haut des tribunes et repose sur une règle aussi vieille que le hockey sur glace: le puck doit être plus rapide que le joueur le plus rapide.

Chaque hockeyeur des ZSC Lions a tendance à patiner quelques fractions de seconde en trop avec le puck sur la canne et, du coup, à retarder le jeu. Ça rend celui-ci plus prévisible pour l'adversaire et donc moins efficace. Et ça se voit sur le tableau du score: Zurich n'a marqué aucun but lors des deux premiers actes de cette demi-finale.

Un choc des cultures

Le HC Bienne contre les ZSC Lions, c'est aussi un choc des cultures. Dans ses moments lumineux, le hockey biennois est fait de légèreté. De créativité. Les Seelandais ont le courage de jouer rapidement et directement, en sortant le puck proprement de leur zone défensive même quand ils sont sous pression. Un peu de «tiki-taka». Le puck circule très vite entre les crosses. C'est ça, le hockey artistique.

Zuerichs Juho Lammikko, rechts, reagiert im zweiten Eishockey Playoff Halbfinalspiel der National League zwischen den ZSC Lions und dem EHC Biel am Samstag, 1. April 2023 in der Swiss Life Arena in Zu ...
La lutte est acharnée entre Biennois et Zurichois, mais les premiers ont déjà fait le break.image: keystone

Bienne joue au hockey sur glace. Les ZSC Lions n'ont pas cette facilité. Ils ne font pas d'erreurs tactiques. Ils travaillent dur. Ils dominent ce deuxième match avec 28 tirs au but contre 17. Sur les deux premières parties, ils comptent 54 tentatives. Pour 0 but, donc. Mais ils ont presque trop de bonne volonté, ils sont trop appliqués, alors que l'art exige de se laisser un peu aller. Autrement dit, les Zurichois ne jouent pas le hockey sur glace, ils le travaillent.

Jusqu'à présent, les Biennois, avec leur penchant pour l'art, n'ont jamais dépassé les demi-finales en play-offs. Il y a un an, ils ont perdu 3-4 contre les ZSC Lions après avoir pourtant mené 2-0 et 3-2. Mais, cette année, quelque chose a changé: les Seelandais sont en mission.

Coaching par SMS et objectif très précis

Leur entraîneur, Antti Törmänen, connaît une rechute de son cancer. Lors du premier match jeudi, il était encore derrière la bande. Il était, par contre, absent samedi à Zurich. L'équipe a été coachée par son assistant, Oliver David, et le directeur sportif Martin Steinegger. Antti Törmänen a dû se soumettre à une petite opération vendredi. Martin Steinegger explique que le samedi matin, il a été décidé en concertation qu'Antti Törmänen resterait à la maison. Pendant le match, il a maintenu le contact par SMS avec les membres du staff, en leur donnant des conseils sur la tactique.

Biels Cheftrainer Antti Toaermaenen im ersten Eishockey Playoff Halbfinalspiel der National League zwischen EHC Biel und ZSC Lions, am Donnerstag, 30. Maerz 2023, in der Tissot Arena in Biel. (KEYSTON ...
L'état de santé d'Antti Törmänen a de quoi donner de la motivation à ses joueurs, qui veulent lui donner du baume au cœur.image: keystone

«On n'a pas changé grand chose», avoue Oliver David.

«En tant qu'assistant, je m'occupais jusqu'à présent des défenseurs et c'est ce que j'ai fait maintenant»
Oliver David, coach assistant du HC Bienne

Martin Steinegger a repris le coaching des attaquants d'Antti Törmänen. «Ce faisant, j'avais un très grand objectif: ne surtout pas être sanctionné pour avoir trop de joueurs sur la glace», explique le directeur sportif. Mission accomplie: aucun Biennois n'a sauté sur la glace trop tôt ou n'est retourné sur le banc trop tard.

C'est seulement deux jours avant le début de cette demi-finale que les joueurs ont appris la rechute du cancer d'Antti Törmänen. A la question de savoir si tout le monde se battait maintenant encore plus pour l'entraîneur, le directeur sportif Martin Steinegger avait déclaré qu'il n'aimait pas trop cette formulation courante.

«Les joueurs ne se battent pas pour ou contre un entraîneur, mais en fin de compte pour eux-mêmes»
Martin Steinegger, directeur sportif du HC Bienne

Le directeur sportif préférait alors parler de «source d'inspiration». Autrement dit: une motivation très particulière.

Elle fait que les Biennois sont en mission. Ça s'est ressenti lors du premier match et plus encore lors de l'acte II à Zurich. Après cette deuxième victoire, Martin Steinegger a plusieurs fois parlé d'«une performance d'équipe incroyablement solide». Ce sont les émotions qui font la différence.

Le protège-dent de la discorde

Un vieil adage dit que les play-offs sont parfois un hockey sur glace joué autrement qu'avec une crosse et des patins. En clair: les provocations y ont un rôle. Et justement, l'une des raisons pour lesquelles les Biennois n'ont jamais dépassé les demi-finales par le passé, c'était qu'il manquait à leur art une pointe de provocation. Cette touche existe-t-elle maintenant? Il semblerait que oui.

Peu avant la fin du match, à la 57e minute, alors que le tableau du score affichait 3-0 et que tout était joué, le leader des ZSC Lions, Chris Baltisberger, a pris une pénalité de 10 minutes pour comportement antisportif. Il s'est visiblement excité en discutant avec les arbitres.

Depuis les tribunes, impossible de savoir ce qui s'est passé. Le Zurichois a raconté la scène après le match: son nouveau protège-dents, peint aux couleurs du club, lui a été arraché. Et puis un Biennois a essayé de détruire ce protège-dents en passant dessus avec son patin.

Une provocation très particulière, liée à un rituel du hockey sur glace: le logo et les couleurs du club sont sacrés. Dans chaque vestiaire, le logo du club est cousu au centre du tapis. Il ne faut jamais marcher sur ce logo, quelles que soient les circonstances. Ni en tant que joueur, ni en tant que visiteur inattentif. Si un protège-dents aux couleurs du ZSC Lions se trouve sur la glace et qu'un Biennois passe délibérément dessus, il s'agit d'un irrespect pour le club. Une énorme provocation.

Der Zuercher Chris Baltisberger, links, gegen den Bieler Beat Forster, rechts, im siebten Eishockey Playoff-Viertelfinalspiel der National League zwischen den ZSC Lions und dem EHC Biel-Bienne im Hall ...
Chris Baltisberger (à gauche) a craqué à cause d'une provocation biennoise.image: keystone

Chris Baltisberger s'est calmé après le match et a concédé que ce type de provocation «fait partie du jeu». Il sait qui a écrasé son protège-dents, mais ne veut plus en parler. Cet épisode nous montre que les artistes biennois savent désormais pimenter leur jeu avec des provocations.

Du coup, est-ce qu'ils seront davantage secoués par leurs adversaires lundi soir? Les Zurichois pourraient en effet se montrer un peu plus rudes, plus sauvages, plus intenses. Chris Baltisberger répond par l'affirmative. «Mais ont doit faire attention à ne pas se faire prendre en contre.» C'est aussi un art: doser correctement les émotions, la dureté, les provocations.

Des acharnés, «l'effet ketchup» et un changement fou

Les Zurichois ne sont pas du genre à abandonner. La saison dernière, ils ont fait l'expérience, pour le meilleur et pour le pire, que rien n'est fini avant l'ultime sirène: ils ont sorti Bienne en quarts après avoir été menés 0-2 puis 2-3, mais ils ont perdu la finale 3-4 contre Zoug après avoir mené 3-0.

Le plus grand espoir des Zurichois? «L'effet ketchup». Celui-ci doit son nom à un phénomène du quotidien bien connu de beaucoup d'entre nous: malgré des efforts inlassables et d'innombrables tentatives de faire sortir le ketchup de sa bouteille, il ne se passe d'abord rien pendant longtemps, puis tout s'échappe d'un coup.

Les Zurichois dans cette série

Les Zurichois ont essayé 55 fois lors des deux premiers matchs et rien ne s'est passé. Pour ainsi dire, ils ont secoué 55 fois la bouteille de ketchup. Ce ne serait donc pas si étonnant si, lundi, ils trouvaient tout à coup trois, quatre ou même cinq fois le chemin des filets biennois.

A Bienne, les changements de gardiens pendant une série de play-offs ne sont pas nouveaux. Au printemps dernier, les Seelandais menaient donc 2-0 face à Zurich, et lors du troisième match, Dimitry Schikin a cédé sa place à Elien Paupe. Les Seelandais s'étaient inclinés 1-0 après prolongation. Le portier russe avait retrouvé sa cage lors des matchs suivants.

Mais le changement de gardien opéré samedi est sans doute le plus fou de l'histoire des play-offs: lors du premier acte, Harri Säteri a stoppé les 27 tirs contre lui. Bienne a gagné 1-0. Et la règle veut qu'on ne change jamais une équipe qui gagne. Pourtant, samedi, à la surprise générale, Joren van Pottelberghe a remplacé le Finlandais et Bienne a aligné six joueurs de champ étrangers.

Biels Torhueter Joren Van Pottelberghe im zweiten Eishockey Playoff Halbfinalspiel der National League zwischen den ZSC Lions und dem EHC Biel am Samstag, 1. April 2023 in der Swiss Life Arena in Zuer ...
Joren van Pottelberghe a défendu la cage biennoise samedi à Zurich, à la surprise générale.image: keystone

Jamais encore un gardien n'avait été mis en tribune sans nécessité pendant une série de play-offs après une performance aussi solide que celle d'Harri Säteri. Le directeur sportif Martin Steinegger explique cette mesure inhabituelle par le fait qu'il n'y a qu'un jour de repos entre les matchs durant les quatre premiers actes.

«On avait déjà décidé avant la demi-finale de commencer avec Harri et de faire jouer Joren lors du deuxième match»
Martin Steinegger

Les Biennois peuvent donc compter sur deux très forts gardiens et ont, du coup, la possibilité de mieux gérer leur fatigue.

Joren van Pottelberghe a lui aussi déjoué toutes les tentatives zurichoises, avec des arrêts grandioses. Dans cette forme, il pourrait même être le numéro 1 de l'équipe de Suisse aux prochains Mondiaux.

Bienne partage une similitude tactique avec Genève et Zoug👇

Autre fait inhabituel: bien qu'il ait été décidé avant la demi-finale de le faire jouer lors du deuxième acte, il a appris seulement le jour même du match qu'il serait aligné. «Ce n'est pas un problème pour lui», assure Martin Steinegger.

Oui, Joren van Pottelberghe a prouvé qu'il est fort mentalement et toujours prêt à entrer en jeu. Harri Säteri devrait toutefois retrouver sa place lundi pour le troisième acte. Et c'est sûr, ce soir-là, il préférera la moutarde au ketchup.

Adaptation en français: Yoann Graber

Des mèmes pour parler de la réforme des retraites en France
1 / 15
Des mèmes pour parler de la réforme des retraites en France
source: instagram
partager sur Facebookpartager sur X
Trois footballeurs romands font le buzz sur TikTok
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
On a frôlé le drame sur le circuit de Monaco: la vidéo
Le réflexe dingue du pilote de F2 Isack Hadjar a permis d'éviter un terrible accident avec la voiture du Japonais Ritomo Miyata, vendredi.

Le pilote allemand Adrian Sutil avait expliqué un jour que le circuit de Monaco était «très piégeux», et même «impitoyable». «Il est facile d’y faire des erreurs», avait-il insisté, ajoutant que le risque était «élevé» et que cela pouvait déboucher sur «différentes situations». Certaines peuvent être dramatiques: on a failli assister à une terrible collision, vendredi dans la Principauté.

L’article