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Le Tribunal cantonal vaudois va statuer sur la culpabilité d'un caïd marseillais dans l'affaire du «casse du siècle» au Musée Audemars Piguet à la Vallée de Joux.
Le Tribunal cantonal vaudois va statuer sur la culpabilité d'un caïd marseillais dans l'affaire du «casse du siècle» au Musée Audemars Piguet à la Vallée de Joux.Image: KEYSTONE

Le caïd marseillais et son «casse du siècle» jugé à Lausanne

Un trentenaire marseillais, déjà impliqué dans plusieurs braquages en Suisse, est accusé d'avoir participé au casse du Musée Audemars Piguet en 2010, au cours duquel plusieurs montres de valeur avaient été emportées.
17.12.2021, 11:2717.12.2021, 11:37

Pull à col roulé bleu nuit, jean noir, cheveux à ras fraichement coiffés, barbe finement taillée, Alex*, un trentenaire court et trapu, dévoile ses origines marseillaises avec son accent chantant du sud. Ce cuistot, au lourd passé pénal, dont deux condamnations pour des braquages à la Vallée du Joux, est en quête d'une nouvelle virginité symbolisée par ses rêves d'immigration au Canada et de divorce avec le monde du grand banditisme. Mais avant la vie rêvée d'un futur proche, ce neveu d'une figure du grand banditisme marseillais, tué par balle dans une rue déserte en 2016, et qui fut proche d'un braqueur multirécidiviste spécialiste des évasions spectaculaires, doit rendre des comptes à la justice vaudoise pour un hold-up rocambolesque que la presse a baptisé «casse du siècle».

En septembre 2010, quatre petites minutes avaient suffi à deux bandits encagoulés pour s'introduire dans le Musée Audemars Piguet au Brassus (VD). Après s'être hissés sur une échelle, ils avaient cassé successivement une vitre ainsi que quatorze vitrines et emporté un butin d'une valeur de plusieurs millions de francs. Sans compter la valeur symbolique d'une montre spéciale qui attirait notamment des touristes asiatiques à la Vallée de Joux.

«Des personnes qui devaient être entendues par les enquêteurs ne l'ont pas été. Des analyses ADN qui devaient être faites ne l'ont pas été. Et on se focalise sur un mégot de cigarette trouvé devant un arrêt de bus»
Me Albert Habib avocat d'Alex*

Pas de preuves matérielles

Formellement, rien n'indique qu'Alex a participé au cambriolage. Pas de traces ADN, pas de preuves matérielles. Rompu aux déboires judiciaires, le Marseillais qui tutoyait le procureur Christian Buffat en cours d'enquête applique opportunément le principe du «Pas vu, pas pris». Mais, plusieurs «faisceaux d'indices» ne plaidant pas du tout en sa faveur avaient conduit le Tribunal du Nord vaudois à se rallier, en mai dernier, au réquisitoire du procureur: trois ans de prison ferme.

Incriminé par une ex

Le prévenu ayant contesté le verdict, une audience a eu lieu jeudi au Tribunal cantonal vaudois. Le président de la Cour a rappelé ces faisceaux d'indices: la nuit du braquage, le traçage du téléphone portable d'Alex montre un déplacement entre Marseille et Lyon avant que l'appareil ne soit éteint jusqu'au lendemain, des recherches sur internet à propos du site horloger, les déclarations de l'ex-copine d'Alex l'incriminent et une lettre de son oncle alors incarcéré en Espagne laissant croire qu'il lui réclamait une montre de luxe.

«Il n'attire pas la sympathie des foules à cause de son passé peu glorieux. Dans ce dossier, les hypothèses sont orientées avec des absurdités»
Inès Feldmann avocate d'aLEX

Alex nie tout rôle actif mais admet connaître les acteurs, qu'il appelait «les collègues», d'après son ex-copine. Ceux-ci seraient venus le voir à Marseille pour lui proposer de revendre une partie du butin.

«Dans le milieu du grand banditisme, il ne faut pas s'attendre à des aveux. Le prévenu a des versions fantaisistes et sort des fadaises les unes après les autres. Ses incohérences mettent en cause sa crédibilité»
Christian Buffat procureur
«Ce braquage constitue une attaque contre le patrimoine et le génie créatif. Nous réclamons le franc symbolique car le tort moral est si fort qu'il ne peut pas être chiffré»
Me Jean-Christophe Diserens avocat Audemars Piguet

Me Inès Feldmann et Me Albert Habib, les deux avocats d'Alex, ont plaidé l'acquittement de leur client marseillais. Le procureur a demandé à la Cour de rejeter l'appel du caïd et, par conséquent, de confirmer la peine de trois ans de prison ferme. Le Tribunal cantonal vaudois va rendre son verdict la semaine prochaine.


* Prénom d'emprunt

Montres de luxe, bandits et stars du foot
Marseille, Lyon, Valbuena, Benzema, Djibril Cissé... Cette affaire de cambriolage par effraction de montres de luxe a des relents sportifs. Le butin constitué d'une cinquantaine de pièces, comprenait la Royal Oak Offshore T3. Il s'agit d'une montre unique, spécialement conçue pour Arnold Schwarzenegger dans le film Terminator 3. C'est ainsi qu'un des receleurs aurait même tenté de la revendre au footballeur Djibril Cissé. Un autre receleur impliqué dans l'affaire est le père d'une ancienne star de la Juventus de Turin. Il a été jugé et condamné à Marseille.

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