Suisse
Alain Berset

Berset au Conseil de l'Europe: c'est Berne qui paie sa campagne

Les Suisses financent les nouvelles ambitions de Berset

L'ex-conseiller fédéral socialiste Alain Berset brigue le poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe. Il fait campagne sur place à Strasbourg. Et ses frais d'hôtel et de déplacement pour cette postulation sont à la charge des contribuables.
19.02.2024, 11:5719.02.2024, 13:19
Christoph Bernet / ch media
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A 51 ans, Alain Berset (PS) fait partie des plus jeunes ex-conseillers fédéraux. Depuis l'annonce de sa démission en juin 2023, on se demandait quel défi le Fribourgeois chercherait à relever après avoir quitté Berne.

Dix jours seulement après l'annonce de son départ officiel à la fin de l'année 2023, le suspense a pris fin: avec le soutien officiel du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Berset a déposé sa candidature au poste de secrétaire général du Conseil de l'Europe à Strasbourg. Outre un salaire annuel de plus de 300 000 francs, une voiture de fonction avec chauffeur et une résidence dans un joli palais de la ville, ce poste lui conférerait le statut protocolaire de chef d'Etat ou de gouvernement.

L'ancien ministre mène une campagne électorale intense: fin janvier, Alain Berset a passé plusieurs jours à Strasbourg en marge de la session d'hiver de l'Assemblée parlementaire du Conseil. Il y a rencontré de nombreux ambassadeurs et ambassadrices des 46 Etats membres.

Une campagne électorale qui se fait sur le dos des contribuables: le Département fédéral des affaires étrangères l'a confirmé à la Schweiz am Wochenende, «les éventuels frais de voyage et d'hébergement sont pris en charge par le DFAE». Le montant total de la campagne d'Alain Berset dépendra du nombre de voyages qui seront effectués dans ce cadre, apprend-on encore. Jusqu'à présent, aucuns frais n'ont été facturés.

Berset a le soutien d'Ignazio Cassis

Les représentants suisses sont sur le pont pour vanter les mérites de leur poulain. Ainsi, la délégation helvétique à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, composée de 12 personnes et comprenant des représentants des Verts, du PS, du PEV, du centre, du PLR et de l'UDC, soutient «unanimement» la candidature. Le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis (PLR) évoque lui aussi «toujours le profil d'Alain Berset» lors d'entretiens bilatéraux avec des représentants de pays membres du Conseil de l'Europe, indique le DFAE.

Voici la «villa Massol», le logement de fonction du Secrétaire général du Conseil de l'Europe.
Voici la «villa Massol», le logement de fonction du Secrétaire général du Conseil de l'Europe.

Le nouveau secrétaire général de l'institution prendra ses fonctions le 18 septembre. D'ici là, il reste deux grandes étapes pour son recrutement: le 25 mars, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe décidera quelles candidatures il recommandera à l'Assemblée parlementaire. Cet organe, composé de 306 délégués, élira ensuite le prochain secrétaire général en juin.

Alain Berset a deux concurrents: d'une part, Didier Reynders (65 ans), commissaire européen à la Justice en exercice. Il est un ancien ministre belge des Affaires étrangères et vice-chef du gouvernement. D'autre part, Indrek Saar (50 ans), ex-ministre estonien de la Culture et membre de longue date de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Cet organe est la plus vieille entité de défense des droits humains en Europe. Il ne fait cependant pas partie de l'Union européenne. La Suisse était le 17e pays à le rejoindre en 1969. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui est rattachée au Conseil de l'Europe, jouit d'une plus grande notoriété.

(Adaptation française: Valentine Zenker)

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