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Ce Français n'aurait pas dû adopter un chien-loup en Suisse

Mi-loup, mi-chien: Aska, l'hybride de loup, au Sikypark dans le Jura bernois.
Aska, une chienne hybride retrouvée en Argovie dans de mauvaises conditions de vie, a été placée dans le parc de sauvetage animalier Sikypark, dans le Jura bernois.Image: Thoma Barben / Sikypark

Ce Français a adopté un chien-loup en Suisse et ça va lui coûter cher

Un Français vient d'être condamné en Suisse pour avoir détenu dans un appartement un chien-loup hybride, mal socialisé et mal entretenu, sans autorisation ni conditions adaptées.
12.03.2026, 09:2612.03.2026, 10:38
Rosmarie Mehlin / ch media

Un hybride dit «d'animal sauvage» ne peut contenir plus de 25% de patrimoine génétique non domestiqué. C'est ce que stipule l'article 86 de l'ordonnance sur la protection des animaux. Au-delà de ce seuil, ces animaux sont assimilés à des animaux sauvages.

Un tel hybride n'est plus considéré comme un chien, est soumis à autorisation et nécessite des conditions de garde spécifiques, notamment un enclos extérieur d'au moins 400 mètres carrés, comme prévu pour les loups.

Or, Arnaud (prénom modifié) détenait sa chienne hybride nommée «Aska» dans un appartement argovien. C'est là que le service vétérinaire l'a trouvée lors d'un contrôle en mai 2024. Aska a été saisie et placée au Sikypark, dans le Jura bernois, un parc suisse de sauvetage animalier.

Le Français a été condamné par ordonnance pénale pour maltraitance animale répétée à une amende avec sursis de 7200 francs ainsi qu'à une amende ferme de 1800 francs. L'opposition du jeune homme de 36 ans a été examinée par le tribunal d'arrondissement de Zurzach.

Des conditions de vie insalubres

Au printemps 2024, Arnaud avait apparemment été saisi du désir de posséder un chien-loup. Interrogé sur ses motivations par la présidente du tribunal, il a répondu laconiquement:

«Je voulais avoir quelqu'un avec moi, me promener avec lui et le câliner.»

C'est sur internet qu'Arnaud avait trouvé l'hybride chien-loup «Aska» et avait récupéré le chiot, âgé d'un peu plus de trois mois. «C'était mon premier chien et j'avais beaucoup lu sur cette race et ses conditions de garde», a assuré Arnaud.

Ce que les spécialistes ont constaté lors d'un contrôle moins de deux mois plus tard dans l'appartement d'Arnaud contredit pourtant ces affirmations de manière flagrante: le sol était souillé d'urine et d'excréments, Arnaud n'avait manifestement pas sorti la chienne assez souvent, ne lui avait pas fourni suffisamment d'eau à boire et l'avait insuffisamment socialisée. Il a tenté d'expliquer:

«Je lui mettais toujours de l'eau, mais elle jouait avec la gamelle et renversait tout»

Une défense qui laisse perplexe

Arnaud était par ailleurs accusé de n'avoir possédé ni l'autorisation obligatoire de détention d'animal sauvage ni le rapport d'expertise requis, et de n'avoir pas suivi la formation spécialisée nécessaire. Il s'est défendu:

«En France, ce genre de choses n'est pas nécessaire et ni à la douane, ni à la commune, ni chez le vétérinaire on ne m'a informé d'une telle autorisation.»

Les contrôleurs ont également constaté qu'Aska portait autour du cou un appareil dit anti-aboiements. Arnaud indique qu'il en avait acheté un en France pour un ami et qu'il le conservait emballé dans son appartement. Il a poursuivi:

«Je n'arrive pas à comprendre comment cela s'est retrouvé au cou d'Aska. En tout cas, quand je partais au travail et lui donnais un bisou d'au revoir, il n'y avait rien à son cou. Mais je laissais toujours ma porte d'appartement déverrouillée.»

La juge a interrogé le prévenu de manière approfondie et méticuleuse. Arnaud, de son côté, a esquivé la plupart des questions de façon alambiquée, minimisant et embellissant les faits. Les contrôleurs auraient déjà senti l'odeur d'urine et d'excréments depuis le palier. «Ils sont vraiment tombés à un très mauvais moment, j'étais particulièrement stressé», justifie Arnaud.

S'était-il renseigné auprès de l'éleveur sur la proportion entre loup et chien chez Aska? «Non, mais je savais qu'un animal avec plus de 50% de loup ne peut pas être vendu.» Une analyse ADN avait ultérieurement révélé qu'Aska était composée à 40% de loup.

Arnaud travaillait en horaires décalés à l'aéroport, le plus souvent de 4h30 à 14h30 ou de 6h30 à 13h30. Il a précisé:

«Trois fois par semaine, une femme passait voir Aska, sinon mes parents ou un dog-sitter.»

Une situation financière délicate

Arnaud est métallurgiste de formation, vit aujourd'hui chez ses parents dans son pays d'origine et travaille à l'aéroport de Zurich. Il gagne environ 3100 francs par mois. Il est financièrement grevé par les quelque 20 000 francs d'hébergement d'Aska au Sikypark.

Par ailleurs, le leasing d'une voiture lui coûte 460 francs par mois. Le tribunal a déclaré Arnaud coupable, conformément à l'acte d'accusation, et a réduit l'amende avec sursis à 6000 francs.

Arnaud devra s'acquitter de l'amende ferme, des frais d'ordonnance pénale et de justice, ainsi que des honoraires de son avocat.

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source: guinnessworldrecords
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