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Le retour du nucléaire fait un grand pas en Suisse

La centrale nucléaire de Gösgen, dans le canton de Soleure.
La centrale nucléaire de Gösgen, dans le canton de Soleure.Image: Keystone

Le retour du nucléaire fait un grand pas en Suisse

Le Conseil des Etats relance le nucléaire dans le pays. Il s'est prononcé mercredi en faveur de la levée de l'interdiction de construire de nouvelles centrales.
11.03.2026, 13:4011.03.2026, 13:40

Le Conseil des Etats veut relancer le nucléaire en Suisse. Il a voté mercredi par 26 voix contre 12 la levée de l'interdiction de construire de nouvelles centrales. Le National doit encore se prononcer, promettant des débats animés.

La lettre de protestation de Greenpeace remise mardi aux services du Parlement et munie de plus de 22 000 signatures n’y aura rien fait. L’UDC, le PLR mais surtout une large majorité du Centre ont adopté le contre-projet du Conseil fédéral à l’initiative «Stop au blackout». Le référendum est assuré, a déjà prévu le ministre de l'Energie Albert Rösti.

L'initiative populaire «De l'électricité pour tous en tout temps (Stop au blackout)», déposée par des élus en particulier du PLR et des représentants de l’économie, veut inscrire dans la Constitution que toutes les formes de production électrique respectant l'environnement et le climat doivent être autorisées. Le comité souhaite ainsi rouvrir la porte à l'atome, en misant sur de nouvelles technologies plus sûres.

Le Conseil fédéral a présenté un contre-projet afin de se limiter à modifier la loi. Il mise comme les initiants sur l'ouverture aux différentes technologies, nucléaire inclus.

«Surmonter les vieilles querelles»

Le développement des énergies renouvelables ne va pas assez vite pour répondre aux besoins énergétiques de la Suisse, a déclaré Thierry Burkart (PLR/AG). Certes de nouvelles centrales ne verront pas le jour avant plusieurs années. «Mais il faut garder l'option du nucléaire ouverte», a-t-il dit au nom de la commission.

Plusieurs élus de droite ont souligné que la décision ne visait pas à freiner les renouvelables. «Au contraire. Cela poussera à intensifier les efforts dans ce domaine et à supprimer les obstacles», a dit Daniel Fässler (Centre/AI).

Le conseiller aux Etats Daniel Fässler (centre/AI) soutient l'initiative de l'UDC visant à limiter l'immigration.
Daniel FässlerImage: Peter Schneider / Keystone

«Il ne faut pas fermer la porte à d'autres technologies innovantes pour des raisons purement idéologiques», a renchéri Marco Chiesa (UDC/TI). Il a plaidé pour une politique énergétique «pragmatique, ouverte et responsable».

«La Suisse a besoin d'un mix électrique fiable et faible en émissions CO2 à long terme. Il ne s'agit pas d'être contre les énergies renouvelables, mais d'être pour une Suisse forte», a ajouté Jakob Stark (UDC/TG). «Nous devons surmonter les vieilles querelles», a-t-il dit à l'adresse des Vert-e-s.

Une dépendance à l'uranium étranger

Mais pour les Vert-e-s, ce vote est un très mauvais signal. Mathilde Crevoisier Crelier (Vert-e-s/JU) s'est indignée de cette volonté de «planter le premier clou dans le cercueil d'une politique énergétique durable, alors qu'on commémore les 15 ans de Fukushima».

Même si on commençait maintenant, il n'y aurait pas de nouvelles centrales à l'horizon 2050. Enfin, un tel projet nous rend dépendant de l'uranium étranger, a-t-elle critiqué. Après 60 ans, on n'a toujours pas de solution pour les déchets, a rappelé Maya Graf (Vert-e-s/BL).

Staenderaetin Maya Graf, GP-BL, spricht waehrend der Herbstsession der Eidgenoessischen Raete, am Donnerstag, 18. September 2025 im Staenderat in Bern. (KEYSTONE/Anthony Anex)
Maya GrafKeystone

Pour garantir à l'avenir un approvisionnement en électricité fiable, abordable et respectueux du climat, il faut à ses yeux investir dans l'éolien, le photovoltaïque, l'hydraulique et l'efficacité énergétique des bâtiments. Le retour du nucléaire va à coup sûr freiner les investissements dans les renouvelables, a craint également Tiana Angelina Moser (PVL/ZH). Et d'ajouter qu'il n'y aura pas de nouvelles centrales sans une contribution publique à hauteur de milliards de francs.

Flavia Wasserfallen (PS/BE) a de son côté promis une votation. Détaillant toutes les années nécessaires pour lancer un nouveau projet nucléaire, elle a relevé tous les obstacles politiques, économiques et juridiques qu'il faudra régler. «Aujourd'hui, on n'a pas le premier franc ni le premier opérateur» pour un tel projet, a ajouté Pierre-Yves Maillard (PS/VD).

Intervenant en dernier, le ministre de l’Energie Albert Rösti a assuré qu'il restait investi à 100% pour mettre en oeuvre la stratégie pour les énergies renouvelables. (jzs/ats)

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