Le Parlement a validé jeudi le budget de près d'un milliard dédié à la culture entre 2025 et 2028. Le National a, sous la pression du Conseil des Etats, finalement plié sur le budget de Pro Helvetia qu'il voulait amputer de 6,5 millions.
Les députés voulaient procéder à cette coupe en raison notamment d'activités jugées problématiques en Russie. La fondation a entre-temps assuré qu'elle allait supprimer son antenne à Moscou d'ici la fin de l'année. L'argument a apaisé le Parlement, qui a donc, par 106 voix contre 79, maintenu le budget de 187 millions pour Pro Helvetia.
Le budget total prévu pour la culture entre 2025 et 2028 s'élève à 987,9 millions de francs. Quelque 210 millions sont dédiés au cinéma et 139 millions au Musée national suisse. Les autres crédits vont à la conservation des monuments (126 millions), aux langues (80 millions), au transfert des biens culturels (3 millions).
Les deux Chambres se sont accordées sur une rallonge de 2 millions pour l'encouragement de la culture, afin de pouvoir créer un musée national sur la place de la femme dans l'histoire suisse et un lieu de commémoration des victimes du national-socialisme. Le budget dans ce domaine s'élève désormais à 159 millions.
La gauche a, au cours des différents débats, tenté de rallonger encore plus le budget, tandis que la droite voulait le raccourcir. En vain. La ministre de la Culture Elisabeth Baume-Schneider a rappelé que ce secteur a déjà subi des baisses de budget, mais le montant fixé pour les prochaines années permet toujours de mener des projets ambitieux.
Le Parlement a outre écarté du budget la culture du bâti, craignant une trop grande charge administrative avec l'implication de la Confédération dans le projet. Deux points ont par ailleurs été repoussés à plus tard: l'art spolié et la numérisation de la Bibliothèque nationale suisse.
Les deux Chambres n'étaient pas d'accord sur la manière de solliciter la nouvelle commission ancrée dans la loi pour conseiller le Conseil fédéral sur l'art spolié. Les députés voulaient que cette commission puisse être saisie à la demande d'une seule personne, tandis que les sénateurs souhaitaient l'accord conjoint de toutes les parties. Ces derniers ont finalement décidé d'approfondir encore le sujet avant de se prononcer à nouveau sur ce point.
Le débat sur l'introduction d'un dépôt légal numérique auprès de la Bibliothèque nationale suisse a aussi été reporté. Le National veut mener des auditions pour éclaircir des questions liées au droit d'auteur. (ag/ats)