L'armée suisse a «les meilleurs soldats», dit son nouveau chef
«La Suisse a besoin de plus de sécurité dans la situation actuelle. Elle doit agir maintenant et ensemble» pour renforcer sa sécurité. «L'armée s'est déjà mise en route», a indiqué le nouveau chef de l'armée, Benedikt Roos, jeudi devant les médias.
«Il ne s'agit pas uniquement de l'armée en soi, mais de la sécurité de la Suisse», a souligné M. Roos après près de trois mois en fonction.
La question est donc de savoir si les Suisses sont prêts à investir 80 centimes par 100 francs pour la sécurité, a-t-il indiqué en référence au projet du Conseil fédéral de relever la TVA de 0,8 point pour financer l'armée.
«Le monde est devenu plus dangereux»
En 1968, quand M. Roos a débuté son école de recrue, le monde était marqué par la guerre froide. Mais «le monde d'aujourd'hui est devenu plus dangereux», guidé par la politique de puissance.
Dans ce monde, la Suisse n'est pas isolée de ce qui se passe dans le monde. «Ce qui met l'Europe en danger, nous met en danger», a avancé M. Roos. Et de rappeler que la Suisse possède des infrastructures critiques qui sont également importantes pour l'Europe.
La Suisse doit donc se concentrer sur ce qui renforce concrètement notre capacité de défense. A cet effet, le Conseil fédéral a demandé un crédit total de 3,4 milliards de francs pour 2026. Il sera dédié à l'achat d'un deuxième système de défense sol-air, en plus du Patriot qui accuse du retard, et d'un système de défense contre les mini-drones.
«Prudence avec l'argent»
Sur le marché de l'armement, la Suisse est confrontée à un défi. «Elle n'est pas seule à renforcer ses capacités. Et les livres de commandes des entreprises d'armement sont pleins.»
La réalité, c'est que la Suisse glisse toujours plus bas dans les listes d'attente, a rappelé le chef de l'armée. Pour les Etats-Unis, la Suisse est au 13e rang de priorité sur 15.
M. Roos en appelle à l'ensemble de la Suisse, de la politique à l'éducation. «Nous sommes heureux pour chaque franc reçu. Mais la politique est prudente avec l'argent.»
Arme secrète
En ce sens, «notre milice est notre arme secrète», a souligné M. Roos. Les militaires apportent un bagage civil important. Des connaissances qui intéressent aussi nos voisins. Leurs armées sont formées pour se battre en Afghanistan, mais pas pour défendre leur propre pays.
«Nous avons les meilleurs soldats. Nous devons en prendre soin. Ils méritent le respect et la reconnaissance, et le meilleur équipement», a conclu le chef de l'armée. (ats)
