Suisse
Assurance maladie

Des primes maladie liées au salaire? La proposition choc du PS

Primes maladie: le PS a une idée pour que de nombreux Suisses ne paient plus rien

Comment freiner l'augmentation des primes d'assurance-maladie? Le Parti socialiste propose que la prime soit couplée au revenu, ce qui permettrait d'alléger la charge financière d'une grande partie de la population.
25.09.2023, 11:5825.09.2023, 16:56
Reto Wattenhofer / ch media
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Ce mardi, le ministre de la Santé Alain Berset lèvera le voile sur un secret bien gardé: il révélera l'ampleur de l'augmentation des primes d'assurance maladie pour 2024.

On parle pour l'instant d'une augmentation de 9%. Que faire face à cette charge croissante pour les ménages suisses? Les politiques se creusent la tête depuis des années et jusqu'à présent, on a surtout cherché à baisser les primes. La Confédération et les cantons accordent des subventions aux ménages à faibles revenus. Actuellement, près d'un quart de la population suisse en bénéficie.

Une vieille idée refait surface

Dans ce contexte, la gauche relance une vieille idée dans le débat politique: l'abolition de la prime par tête. Le revenu d'une personne n'a aujourd'hui aucune influence sur le montant de ses primes. Par exemple, un architecte paie autant qu'un employé du service de nettoyage. Les seules différences sont dues à l'âge, au lieu de résidence, à l'assureur et au modèle d'assurance.

Même le conseiller d'Etat UDC bernois en charge de la santé a récemment réclamé dans une interview des primes plus élevées pour les personnes qui gagnent bien leur vie.

Qu'est-ce qui changerait financièrement si on liait le montant des primes au salaire? Le Parti socialiste s'est penché sur cette question et sur son impact pour notre pays pour la première fois. Et voici les chiffres.

La majeure partie des Suisses avantagés

Ce qui surprend, c'est la quantité de personnes qui profiteraient de ce changement de système. Selon la conseillère nationale PS de Bâle-Campagne Samira Marti:

«85% de la population serait soulagée financièrement»

Avec le co-président du Groupe aux chambres fédérales, le Vaudois Samuel Bendahan, elle a décomposé les coûts annuels totaux de l'assurance de base de 30 milliards de francs selon la même logique que pour l'impôt fédéral direct.

Une personne célibataire, par exemple, avec un revenu annuel brut de 60 000 francs ne paierait que 77 francs d'assurance maladie.

Mais ce sont les familles qui profiteraient le plus de ce changement. Une famille de quatre personnes avec un revenu annuel brut de 140 000 francs paierait désormais 166 francs par mois et économiserait ainsi jusqu'à plus de 1000 francs. Jusqu'à un revenu annuel de 100 000 francs, l'assurance maladie serait même gratuite. Les familles monoparentales ne paieraient pas non plus, ou moins, dans tous les cas.

Les riches, en revanche, passeraient à la caisse. Ceux qui font partie des 10% de revenus les plus élevés en Suisse devraient mettre la main au porte-monnaie. Un couple avec un revenu annuel de 250 000 francs devrait payer plus de 29 000 francs par an, soit plus de 10% de leur revenu.

N'est-ce pas une contradiction avec l'initiative du PS sur l'allègement des primes, qui ne veut justement pas cela? «Oui et non», répond la co-présidente du Groupe PS Samira Marti. Selon elle, les calculs ne sont pas une finalité, mais une piste de réflexion pour un système plus équitable. Le montant des primes pourrait être plafonné à 10% du revenu pour les classes supérieures, lissant ainsi les effets de seuil néfastes.

De «graves conséquences» sur les ménages

Le fait que les primes ne soient pas échelonnées en fonction du revenu, contrairement à toutes les autres assurances sociales, a de graves conséquences.

«Les ménages de la classe moyenne qui n'ont pas droit à un allègement dépensent aujourd'hui jusqu'à 14% de leur revenu pour l'assurance maladie. Ils risquent de sombrer dans la pauvreté à mesure que les primes augmentent.»
Samira Marti (PS)

Cette revendication d'une indexation au salaire suscite le scepticisme des politiciens bourgeois. Pour le conseiller d'Etat bâlois du Centre, Lukas Engelberger, qui préside la Conférence des directeurs cantonaux de la santé:

«Cela pourrait créer de nouvelles incitations perverses et affaiblir la solidarité»
Lukas Engelberger

Samira Marti, elle, n'y voit aucun risque. L'AVS fonctionne exactement de la même manière. La participation progressive y a fait ses preuves. «Tout le monde devrait participer aux dépenses publiques en fonction de sa capacité économique, c'est ce que prévoit notre Constitution». A ses yeux, cela vaut aussi bien pour la police que pour le système de santé.

Traduit et adapté par Valentine Zenker

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