L'annonce de la KPT et du Groupe Mutuel avait fait l'effet d'une petite bombe. Au lieu de deux associations représentant les intérêts des caisses maladie, il n'y en aurait désormais plus qu'une seule. En juin, les treize plus grands assureurs affirmaient leur volonté de s'unir au sein d'une nouvelle faîtière, opérationnelle dès 2025.
Le coup semblait parfait. D'un côté, Assura, Atupri, Concordia, l'EGK, le Groupe Mutuel, ÖKK, Swica, Sympany et Visana de Santésuisse. De l'autre, la CSS, Helsana et Sanitas de Curafutura. Ensemble avec la KPT, elles réunissent environ 90% de tous les assurés. Leur objectif? Parler d'une seule et même voix afin de mieux faire valoir leurs intérêts.
Ce rapprochement annoncé avait pourtant des conséquences radicales pour Santésuisse et Curafutura. Les assurances maladie indiquaient à la même occasion qu'elles allaient résilier leur adhésion aux deux entités.
Pour Curafutura, cela revient à mettre la clé sous la porte. La première, en revanche, a tôt fait d'affirmer son maintien. Hormis son action politique, Santé Suisse propose aussi des prestations dans le domaine de la tarification et des cartes clients. C'est sans doute pour cette raison qu'aucun de ses membres n'a jusqu'à présent démissionné de Santésuisse.
Mais Curafutura n'est pas encore enterrée. En partie grâce à deux caisses maladie dissidentes, qui pourraient bien lui permettre de subsister. Après en être sortis en juin, les directeurs et présidents du conseil d'administration de Sanitas et d'Helsana ont signé mardi leur réintégration.
Comment comprendre ce rétropédalage? Curafutura refuse toute demande de clarification pour l'heure. Les deux caisses maladie renvoient quant à elles au Groupe Mutuel, qui gère la communication de la nouvelle association par intérim.
En réalité, il s'avère que la mise en place de celle-ci prendrait plus de temps que prévu. Sanitas et Helsana auraient donc décidé de réintégrer Curafutura afin de préserver leurs intérêts en matière de politique de santé jusqu'au début des activités opérationnelles de la nouvelle entité.
Selon la porte-parole, elles auraient également pris cette décision par égard pour les collaborateurs de Curafutura, pour leur «permettre de vivre cette transition en toute sécurité».
(Traduit et adapté par Valentine Zenker)