Des troncs charriés et un débit d'eau très important ont dévalé dans le lac Léman après les crues qui ont frappé le Valais le week-end dernier. Des inondations qui ont bien sûr soulevé les craintes d'une probable pollution des eaux après les annonces de dégâts qui ont touché sept Step en Valais.
Les autorités se sont emparées de ce problème environnemental et d'importantes analyses sont en cours du côté de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel), pour définir si les eaux usées qui se sont déversées sont un danger pour la population.
Une pollution qui pourrait toucher les êtres humains, mais aussi les poissons. Un réel danger, vraiment?
L'ancien président de l'Association suisse romande des pêcheurs professionnels (ASRPP), Henri-Daniel Champier, nous le dit sans ambages:
Pour Alexandre Fayet, le président SIPPL (syndicat intercantonal des pêcheurs professionnels du Léman), c'est le même son de cloche: «Aucun souci pour la pêche et les poissons. Il y a un gros volume d’eau et ça se dilue très rapidement pour les poissons.»
Mais n'y avait-il pas une petit forme d'inquiétude au sein de la communauté des pêcheurs professionnels à la suite des intempéries? «Non, les pêcheurs ne s’inquiètent pas», coupe Alexandre Fayet.
En outre, les autorités n'ont pas contacté les professionnels de la pêche. «On n'a pas eu de directive», confirme Henri-Daniel Champier.
L'ancien président de l'association expose une autre problématique actuelles liée aux intempéries:
Henri-Daniel Champier attend que les courants ne deviennent plus calmes, car c'est là que cette poussière retombe - «Quand c'est plus calme, la poussière retombe.»
Pour Alexandre Fayet, il y a bel et bien des difficultés avec ces forts courants. «Ce sont surtout les différences de température à la surface et en profondeur. Quand il y a un fort courant comme maintenant, ça crée des chocs thermiques et cela influence la nourriture du poisson. Il devient plus difficile à pêcher, car nous utilisons des filets dérivants pour la féra. Le problème est qu'il n’est pas tendu correctement pour attraper le poisson.»
Mais ces crues entraînent aussi des points intéressants pour la faune sous-marine. Henri-Daniel Champier jette un coup d'oeil dans le rétro: «Dans les années 75 à 80, on mesurait 90 picogrammes de phosphate. Un taux essentiel pour la prolifération de planctons. Le poisson trouvait alors des nutriments pour se nourrir. Ensuite, on a réussi à atteindre les 20 picogrammes et maintenant, on est sous les 15 picogrames de phosphate. Et en dessous de 10, c'est le néant. Par conséquent, les poissons mettent plus de temps à grandir.»
Or ces crues ont considérablement augmenté le débit d'eau, bien sûr, et ont ramené une eau sans planctons. Un problème pour le pêcheur romand: «C’est pour ça que les poissons ont reculé vers le Grand-Lac (réd: jusqu'à la transversale Nyon (VD)-Yvoire), fuyant le Haut-Lac (réd: Villeneuve (VD) à la transversale Lausanne-Evian).»
Concernant la suite, selon Henri-Daniel Champier, «il y a tellement d’eau, actuellement. Mais ça ne va pas durer et dans une quinzaine de jours, les niveaux du Rhône et du Léman auront baissé.»
Pour Alexandre Fayet, «il n'y a pas de différence entre une période de grandes arrivées d'eau et une période sèche». Parole de pêcheur chevronné.