Suisse
Commentaire

Conseil fédéral: Elisabeth Baume-Schneider rassemble la Suisse

Elisabeth Baume-Schneider et ses fans jurassiens ayant fait le déplacement en nombre.
Elisabeth Baume-Schneider et ses fans jurassiens ayant fait le déplacement en nombre.Image: sda
Commentaire

Baume-Schneider au Conseil fédéral: quand le Jura rassemble la Suisse

L'élection surprise d'Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral est une reconnaissance complète du canton du Jura et une manière d'affirmer l'unité de la Suisse.
07.12.2022, 16:4208.12.2022, 08:37

Une Jurassienne est élue au Conseil fédéral. Elle s’appelle Elisabeth Baume-Schneider, elle a 58 ans, elle vient des Franches-Montagnes, l’une des plus belles régions de Suisse. Son élection est une surprise, tant sa concurrente, la Bâloise Eva Herzog, faisait figure de favorite dans la course au siège laissé vacant par la Bernoise Simonetta Sommaruga.

Normalisation

A deux ans du 50e anniversaire du vote d’autodétermination de 1974 qui devait donner naissance cinq ans plus tard au canton du Jura, cette décision des Chambres fédérales est un honneur fait au jeune canton, et pour lui, longtemps tenu pour le rebelle du pays, c’est la marque de sa normalisation.

Pourquoi elle?

Elisabeth Baume-Schneider aurait-elle été élue si elle avait été genevoise ou vaudoise? Autrement dit, la représentante d'un «grand» canton romand, quand on attendait l'élection d'une Alémanique? Nous n’en savons rien. Mais il est possible que le profil de la Jurassienne l’ait aidée dans son accession au collège fédéral. Des origines paysannes, une modestie cachant une force de caractère, sa maîtrise du suisse-allemand hérité de ses parents, son père étant originaire du canton de Berne, peuvent expliquer qu’elle ait été préférée à une citadine pur jus comme Eva Herzog.

Et puis, sur un plan tout à fait tactique, on entend déjà dire que les socialistes zurichois, rivaux de leurs camarades bâlois dans l’affaire conclue mercredi matin, se réservent le poste en prévision de la prochaine vacance au Conseil fédéral côté PS, soit celui d’Alain Berset, soit celui d’Elisabeth Baume-Schneider. L’occasion, alors, de placer un jeune?

Rassembleuse

L’identité politique, au sens plein, d’Elisabeth Baume-Schneider, au-delà de la partie d’échecs entre partis, aura sûrement joué en sa faveur. Son histoire familiale, ses racines à la fois germanophones et francophones font d’elle un personnage rassembleur dans une Suisse qui n’a jamais trop besoin d’unité. Dans un canton marqué par la Question jurassienne, elle, la séparatiste, enfant de parents antiséparatistes, devenue ministre cantonale, puis conseillère aux Etats, n’a jamais cessé de tendre la main aux «frères» restés bernois.

A ce propos, en ce mercredi 7 décembre, Jura et Jura bernois sont tous deux vernis: le premier entre au Conseil fédéral, le second, qui n’avait plus d’élu sous la coupole depuis 2019, récupère, avec Manfred Bühler, le siège d’Albert Rösti au Conseil national.

Le passé «marxiste» d’Elisabeth Baume-Schneider, quand les Franches-Montagnes étaient ce soviet campagnard bien sympa, ne lui aura donc pas porté préjudice. De même, son estampille de Romande, qui porte à quatre, la majorité, le nombre de latins au Conseil fédéral, n’aura pas été un obstacle pour elle, ni pour les parlementaires qui l’ont élue. La majorité alémanique du pays attend-elle la première occasion pour récupérer un siège, voire deux? Nous verrons.

Pour l’heure, place aux larmes de joie jurassiennes.

Ces employés de Swissport jouent au basket avec des valises
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Quelqu'un devra bien payer: la 13ᵉ rente et l'armée vont faire mal
Une hausse de la TVA pour financer la 13ᵉ rente AVS et l’armée est clairement rejetée par la population suisse dans un récent sondage. Cette réaction est compréhensible, mais traduit un certain manque de lucidité.
Il y a deux semaines, Martin Pfister se présentait devant les médias comme un «heureux ministre de la Défense». Et on le comprend: le conseiller fédéral du Centre zougois a réussi là où sa malchanceuse prédécesseure, Viola Amherd, avait échoué. Il a convaincu l’ensemble du Conseil fédéral de financer le réarmement de l’armée par des recettes supplémentaires.
L’article