Suisse
Conseil d’Etat

Antonio Hodgers: «Il était reconnaissant envers la Suisse»

Le conseil d'Etat genevois Antonio Hodgers, s'exprime lors d'une conference de presse apres avoir presente sa demission au conseil d'Etat ce matin, ce mercredi 7 mai 2025 a Geneve. ...
Le conseiller d'Etat genevois démissionnaire Antonio Hodgers. Genève, 7 mai 2025.Image: KEYSTONE

«Il était reconnaissant de ce que la Suisse faisait pour lui»

Alors que la bataille va commencer chez les Verts et à droite pour succéder à Antonio Hodgers au gouvernement genevois, certains, comme le PLR Jean Romain, ex-prof de philo du conseiller d'Etat démissionnaire, se souviennent de lui.
07.05.2025, 18:4507.05.2025, 19:14

Chez les Verts, quatre noms circulent pour succéder au démissionnaire Antonio Hodgers, leur seul représentant au Conseil d’Etat genevois. La présidente du parti suisse, Lisa Mazzone, la conseillère nationale Delphine Klopfenstein Broggini, le conseiller national Nicolas Walder et la présidente du parti genevois et maire d’Onex, Maryam Yunus Ebener, sont les personnalités spontanément citées en vue de l’élection complémentaire qui aura lieu en septembre. La bataille s’annonce rude chez les écologistes, puisque seul un nom sur l’ensemble des candidats à la candidature sera retenu.

Ainsi, au terme de douze années de présence au Conseil d’Etat et après trois élections à la suite, Antonio Hodgers, réalisant qu’il n’avait plus le feu sacré, a décidé de partir au milieu de son troisième mandat.

«C’était notre conseiller d'Etat»

«C’est un peu dommage qu’il s’en aille, car c’est le seul Vert du gouvernement», réagit une militante écologiste genevoise. Elle ajoute:

«Antonio Hodgers, depuis la défaite, en 2023, de Fabienne Fischer, c’était notre conseiller d’Etat. En même temps, conseiller d’Etat, c’est un poste qui épuise. Chez les Verts, on pense qu’il ne faudrait pas dépasser les deux mandats. Mais il a eu raison d’en solliciter un troisième, cela devait nous permettre de préparer la relève.»

Mais voilà qu’il se retire en cours de route. La militante Verte enchaîne:

«Le risque, c’est qu’on perde le siège face à la droite»

Pour cet ancien Vert passé chez les Verts libéraux, Antonio Hodgers était un «Vert pragmatique», qu’il oppose aux «Verts dogmatiques». Il s’explique son départ «par un phénomène d’usure et peut-être aussi par une cohabitation difficile, au gouvernement, avec son vieil adversaire, un peu coq comme lui, Pierre Maudet».

«C’était un bon élève, je m’entendais bien avec lui»

Ancien professeur de philosophie au collège (gymnase) Rousseau de Genève, Jean Romain garde un bon souvenir de celui qui fut son élève, Antonio Hodgers. Plus tard, quand les deux hommes croisèrent le fer en politique, Antonio Hodgers comme conseiller d’Etat, Jean Romain comme député PLR au Grand Conseil, le premier appelait le second «le prof», «en privé, bien sûr», confie Jean Romain, joint par watson.

Jean Romain n'a que des mots plaisants pour évoquer le collégien Antonio Hodgers:

«C’était un bon élève, je m’entendais bien avec lui, il était très agréable. Il était extrêmement éloquent, avait l’esprit critique. Enfant d’une mère argentine réfugiée politique, son père ayant été tué par la dictature, il était reconnaissant de ce que la Suisse faisait pour lui. Il avait le souci de dire merci. Il avait le sourire perpétuel d’un jeune homme de 20 ans heureux.»
Jean Romain

L'ex-professeur de philosophie enfonce positivement le clou:

«Il avait de l’entregent pour faire quelque chose et pas pour se laisser porter les pieds en éventail. J’ai eu sa sœur en classe également, elle était dans ce même esprit»

Avec Jean Romain, la politique n’est jamais bien loin. «Si la droite part unie, PLR, UDC et Le Centre ensemble, elle gagnera face au candidat ou à la candidate des Verts lors de la complémentaire de septembre. Si elle part divisée, elle perdra», assure-t-il. L’UDC estime que son tour est venu, elle qui a joué le jeu de l’union, si profitable à ses partenaires de droite sauf à elle, lors des dernières élections au Conseil d’Etat, en 2023.

«Aucune chance pour le trio»

Le Vert libéral interrogé plus haut est assurément de parti-pris, mais il n’accorde «aucune chance» à Lisa Mazzone, Delphine Klopfenstein Broggini et Nicolas Walder, «le trio qui a fait entrer les Verts genevois dans le wokisme». La maire d’Onex et présidente du parti cantonal, Maryam Yunus Ebener, en aurait plus à ses yeux, car, juge-t-il, «elle essaie justement de réparer les dégâts d’image causés au parti par cette mouvance».

La militante Verte citée en début d'article pense au contraire que «Lisa Mazzone ferait une bonne candidate».

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