Pourquoi le Conseil fédéral refuse d’imposer un système d’alerte aux vieux camions
Depuis mi-2024, les nouveaux camions et bus doivent être équipés d'un système d'assistance qui empêche les accidents liés à l'angle mort. Le Conseil fédéral ne souhaite toutefois pas équiper les véhicules plus anciens, indique-t-il en réponse à une motion du conseiller national Bruno Storni (PS/TI).
L'angle mort, cette zone à côté du véhicule que les conducteurs ne peuvent pas voir, est la cause d'accidents fréquents et graves impliquant des cyclistes ou des piétons, justifie Storni dans sa motion.
De 2011 à 2024, ce type d'accidents a fait 26 morts, 35 blessés graves et 70 blessés légers, écrit-il, en s'appuyant sur les chiffres du Bureau de prévention des accidents. Des dispositifs permettent aux conducteurs de voir entièrement l'angle mort; des systèmes d'alerte sonore sont disponibles sur le marché.
Que pense le Conseil fédéral?
Le Conseil fédéral objecte toutefois que plusieurs systèmes de ce type se sont révélés défecteux lors d'une évaluation. Ils génèrent de nombreuses fausses alertes et ne détectent pas les cyclistes de manière fiable.
Le gouvernement rappelle également que, en admettant que la durée d'utilisation d’un véhicule lourd affecté au transport de choses est de sept à huit ans en moyenne, une partie considérable de la flotte aurait déjà été remplacée au moment de l'entrée en vigueur de la réglementation.
Enfin, le Conseil fédéral invoque les coûts: si l'on table sur un coût d'environ 5000 francs par mise à niveau pour la Suisse, cela représenterait une somme de 300 millions de francs pour environ 60 000 véhicules immatriculés. (jah/ats)
