Voici les UDC qui pourraient succéder à Parmelin
Une femme de l’UDC succédera-t-elle pour la première fois au conseiller fédéral UDC Guy Parmelin? On pourrait le croire, tant trois noms de femmes circulent depuis des mois dans les médias pour prendre la relève du Vaudois.
Céline Amaudruz
La conseillère nationale genevoise de 47 ans travaillerait à son accession au Conseil fédéral, dit-on au sein du groupe parlementaire UDC. Elle pourrait compter sur un soutien de poids en la personne de Guy Parmelin, avec qui elle entretient de bonnes relations. Avec la Genevoise, un Romand serait remplacé par une Romande.
Mais les réserves sont importantes au sein du parti: Céline Amaudruz n’aurait tout simplement pas «l’envergure» nécessaire pour siéger au gouvernement fédéral, ne serait pas assez travailleuse – ce que d’autres contestent – et s’écarterait régulièrement de la ligne du parti.
Le risque qu’elle mène sa propre politique au Conseil fédéral serait trop important, estime-t-on. Reste aussi à savoir si la fonction de conseillère fédérale correspond à la période de vie que traverse actuellement Céline Amaudruz: elle est devenue mère pour la deuxième fois il y a un peu plus d’un an.
Natalie Rickli
La conseillère d’Etat zurichoise réunit de nombreux atouts généralement considérés comme favorables à une candidature: elle connaît le Palais fédéral pour avoir siégé onze ans au Conseil national et peut faire valoir sept ans d’expérience gouvernementale dans le plus grand canton de Suisse.
Le scepticisme reste pourtant important au sein du groupe parlementaire UDC, dont Natalie Rickli a longtemps été l’une des figures de proue. Une bonne partie du groupe ne pardonne pas à la femme de 49 ans sa proximité avec le Conseil fédéral et la politique relativement stricte qu’elle a menée pendant la pandémie de Covid.
Son burn-out lui est également reproché – Natalie Rickli s’était retirée de la politique pendant environ six mois en 2012 – et certains émettent des doutes sur sa capacité à supporter la pression. Le départ de Guy Parmelin intervient en outre à un moment peu favorable pour elle: elle a déjà annoncé sa candidature à un troisième mandat au gouvernement zurichois. L’élection aura lieu en avril.
Esther Friedli
Veut-elle y aller ou non? Voilà ce qui semble être la seule question lorsqu’il est question d’Esther Friedli. L’épouse de l’ancien président du parti Toni Brunner appartient au premier cercle du pouvoir de l’UDC. Elle est considérée à la fois comme fidèle à la ligne du parti et conciliante. Depuis que la Saint-Galloise de 49 ans siège au Conseil des Etats, dit-on, les représentants cantonaux de l’UDC votent de manière plus unie et plus disciplinée.
Même si tout le monde n’est pas entièrement convaincu – le fait qu’elle ne soit pas issue de l’UDC et qu’elle ait autrefois appartenu au PDC alimente la méfiance dans certains milieux –, une phrase revient partout:
La dernière fois, elle n’avait pas voulu: lorsque la succession d’Ueli Maurer s’est ouverte en 2022, Esther Friedli avait organisé en grande pompe un rendez-vous lors d’une exposition de bétail à Mels (SG), uniquement pour annoncer qu’elle renonçait et, dans le même temps, déclarer sa candidature au Conseil des Etats.
Magdalena Martullo-Blocher
La patronne officieuse de l’UDC est toujours citée lorsqu’un siège UDC au Conseil fédéral se libère. La cheffe d’entreprise serait elle aussi «dans une classe à part». Mais son entreprise constitue également le principal obstacle à une candidature: elle devrait céder les rênes d’Ems Holding si elle devenait conseillère fédérale. Dans les autres partis, certains affirment qu’elle ne s’intéresserait de toute façon guère à la politique et se contenterait de répondre aux attentes de son père, Christoph Blocher.
La femme de 57 ans serait très rarement présente dans la salle du Conseil national, participerait peu aux séances de commission et aurait simplement installé au Palais fédéral une sorte de bureau extérieur d’Ems. Les membres de l’UDC le contestent avec véhémence: comme le montrerait l’exemple des accords avec l’Union européenne, Magdalena Martullo-Blocher s’investirait pleinement. Mais seulement dans les dossiers importants.
Mais faut-il vraiment que ce soit une femme? «Nous n’allons certainement pas nous laisser imposer un quota», affirme un parlementaire UDC alémanique. «Ni un quota de femmes, ni un quota de Romands. Nous devons tout de même envoyer nos meilleurs.» Mais qui sont-ils? Voici les noms qui circulent chez les hommes.
Gregor Rutz
Le conseiller national zurichois serait «une classe au-dessus» de chacune des femmes citées, affirment des collègues (masculins) de l’UDC. Il serait extrêmement intelligent, travailleur et respecté au-delà des frontières du parti. A 53 ans, Gregor Rutz se trouve en outre à l’âge idéal pour entrer au Conseil fédéral. Seul problème, selon ses proches: il ne voudrait tout simplement pas devenir conseiller fédéral. On estime qu’il soutiendrait plutôt la candidature de Natalie Rickli.
Marcel Dettling
Le président de l’UDC serait le conseiller fédéral que le parti aurait toujours rêvé de voir en Toni Brunner: intelligent, éloquent et proche de la population. Le nom de l’homme de 45 ans revient donc lui aussi lorsqu’il est question de la succession de Guy Parmelin. «Il en serait capable», entend-on à l’unisson. D’autres balaient cependant cette hypothèse: Marcel Dettling ne serait pas intéressé par la fonction et se sentirait parfaitement à l’aise dans son rôle actuel.
Pascal Schmid
Il ne siège au Conseil national que depuis trois ans, mais son nom revient étonnamment souvent parmi les principaux candidats: Pascal Schmid, responsable des questions d’asile à l’UDC. L’homme de 50 ans manquerait peut-être d’expérience, dit-on, mais il serait travailleur, maîtriserait son dossier et, en tant qu’ancien président de tribunal, pourrait certainement aussi être élu par les autres partis. Lui aussi suscite évidemment des critiques – pas assez longtemps en fonction, pas encore remarqué comme un élément particulièrement brillant au sein du groupe parlementaire...
Mais Christoph Blocher, fait-on circuler, aimerait voir le Thurgovien entrer au Conseil fédéral. A cela s’ajoute l’idée que Pascal Schmid pourrait alors reprendre le département chargé de la migration. Il est difficile de savoir dans quelle mesure tout cela reprend un récit publié cet été dans la Weltwoche. Pascal Schmid se voit par ailleurs plutôt comme le successeur du conseiller aux Etats Jakob Stark, qui ne se représentera pas en 2027. Dans la sélection interne du parti cantonal, il est l’un des deux candidats au siège.
Nicolas Kolly
Il a pris la parole en septembre lors de la grande manifestation anti-avortement «Marche pour la vie» – et aurait voulu ainsi se positionner pour succéder à Guy Parmelin, raconte-t-on dans la salle des pas perdus. Pour le reste, le Fribourgeois de 40 ans reste relativement peu connu. Mais il est Romand, ce qui devrait à lui seul lui assurer quelques soutiens au sein du groupe parlementaire.
Nicolas Kolly n’a toutefois que 40 ans. Il existerait par ailleurs des projets visant à lui faire conquérir l’an prochain le siège au Conseil des Etats qui sera libéré par le départ de Johanna Gapany (PLR). «Mais attendez un peu», affirme un parlementaire, «et soudain, ce Kolly qui avance discrètement sera conseiller fédéral.»
D’autres noms UDC pour succéder à Parmelin
Mais le manège des candidatures ne s’arrête pas là. Sont également cités l’actuel président du Conseil national Pierre-André Page («Parmelin 2.0», mais probablement trop âgé à 66 ans), le conseiller national bernois Lars Guggisberg, ainsi que les deux Valaisans Michael Graber, conseiller national, et Franz Ruppen, conseiller d’Etat. Le conseiller d’Etat argovien Jean-Pierre Gallati est lui aussi mentionné, mais il rencontre le même problème que Natalie Rickli: sa position pendant la pandémie de Covid lui est encore reprochée.
Les cadres de l’UDC intéressés disposent de trois semaines pour se porter candidats. Les sections cantonales de l’UDC doivent annoncer leurs candidats d’ici au vendredi 23 octobre à 12 heures. Les auditions auront ensuite lieu devant la commission de sélection, afin que celle-ci puisse soumettre sa proposition au comité directeur du groupe parlementaire d’ici au vendredi 13 novembre. La désignation des candidats par le groupe devrait avoir lieu lors de sa séance du vendredi 20 novembre.
Reste à déterminer si le parti présentera un ticket à deux ou trois candidats. Selon les informations qui circulent, l’UDC hésiterait également entre un ticket de «durs» et un ticket de «responsabilité». Une seule chose paraît claire: l’UDC composera son ticket de manière à donner à son candidat préféré les meilleures chances. Elle peut le faire presque sans risque: l’élection d’une personne qui ne figurerait pas sur le ticket paraît exclue. A un an des élections fédérales générales, la crainte de représailles est trop grande. (trad. hun)
