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Pourquoi attraper Omicron ne vous protège presque pas du Covid

Pourquoi avoir attrapé Omicron ne vous protège presque pas du Covid

Lorsque le variant Omicron s'est imposé, une infection au Covid était alors considérée comme une dose de vaccin. Une nouvelle étude remet cette thèse en cause, tout en affirmant que les risques de symptômes graves sont moins élevés après une première contamination ou un vaccin.
22.06.2022, 11:4822.06.2022, 14:38
Sabine Kuster / ch media
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Plus on est en contact avec le virus, plus l'organisme est en mesure de développer une protection immunitaire. Cela semble évident. Mais en réalité, ce n'est pas forcément le cas. Les personnes qui ont été vaccinées trois fois contre le Covid et qui ont déjà été infectées par un variant plus ancien n'acquièrent pas de protection supplémentaire lorsqu'elles sont infectées par Omicron.

C'est en tout cas ce que montre une nouvelle étude menée en Angleterre et publiée la semaine dernière dans la revue Science. Les participants étaient des employés d'hôpitaux, tous triplement vaccinés. Ceux qui n'avaient jamais été infectés par le Covid avaient un taux d'anticorps plus élevé dans le sang.

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L'été n'est pas épargné par le Covid.image: shutterstock

On craint maintenant qu'une ancienne infection empêche la mise en place de nouvelles défenses immunitaires après une infection au variant Omicron.

L'un des auteurs de l'étude, Danny Altmann, a déclaré à The Guardian que non seulement Omicron contourne très bien les immunités existantes, mais que la situation est plus complexe qu'on ne le pensait:

«C'est pire, car les mutations dans la protéine spike entraînent apparemment un arrêt de la réponse immunitaire»
Danny Altmann, auteur de l'étude

Il n'y a donc pas de super-immunité?

L'étude fait l'objet de vives discussions. Elle va à l’encontre de tout ce qui a été dit jusqu’à maintenant. Plusieurs autres études avaient montré que les personnes vaccinées et infectées avaient une «super-immunité» qui les protégeait de la manière la plus fiable contre les nouvelles infections. Mais alors, qu’est-ce qui est vrai?

Une étude publiée dans la revue scientifique Science affirme qu'un vaccin et/ou une contamination au Covid ne limitent pas le risque d'être contaminé par un nouveau variant. Mais celui d'en être grave ...
Une étude publiée dans la revue scientifique Science affirme qu'un vaccin et/ou une contamination au Covid ne limitent pas le risque d'être contaminé par un nouveau variant. Mais celui d'en être gravement malade, oui. image: shutterstock

En tout cas, depuis qu’Omicron s’est répandu, les réinfections sont fréquentes. Le fait que des personnes soient parfois infectées deux fois par Omicron et présentent des symptômes importants laisse perplexe.

Dès lors, qui est le coupable? Les anciens variants? Omicron? Ou même les vaccinations?

Le péché originel antigénique – un bon mécanisme

Une chose est certaine: la première infection par un nouveau virus marque durablement le système immunitaire. Cette empreinte est appelée le péché originel antigénique. Lorsque le système immunitaire est confronté à de nouveaux variants, il ne réagit en grande partie qu'aux segments moléculaires déjà connus. La nouveauté est ignorée. C'est un avantage, car cela permet aux anticorps déjà formés au virus de réagir beaucoup plus rapidement. Les cellules produisant des anticorps qui n'ont pas encore été formées au virus ne peuvent pas réagir à ce rythme.

Mais cela signifie aussi qu'il n'y a pas d'anticorps qui se forment au nouveau variant. Du moins sur le moment. En revanche, si la dernière infection remonte à plus d'un an, le nombre d'anticorps existants a déjà tellement diminué que de nouveaux entrent en jeu, c'est-à-dire des anticorps non spécifiques qui s'adaptent au variant.

En raison de ce mécanisme, le premier vaccin spécifique à Omicron de Moderna, testé sur des singes rhésus et souris déjà vaccinés, n'a pas fonctionné. Il n'a pas été plus efficace que l'ancien.

La protection contre les maladies graves est maintenue

«Ces résultats n’ont rien d’alarmant», estime l'immunologue berlinois Andreas Radbruch. «Le fait que le système immunitaire devienne quelque peu aveugle aux nouveaux variants se rapporte à la protection contre l’infection. La protection contre les maladies graves et la mort reste très bonne.»

D'autres scientifiques font toutefois remarquer que le nombre d'anciens anticorps aurait dû augmenter sur les personnes testées dans l’étude. Cette nouvelle étude signifie-t-elle que la super-immunité n'est valable que tant que le virus ne mute pas trop?

Christian Münz, immunologue à l'université de Zurich, a une explication pour cette étude prétendument surprenante et inquiétante:

«L'effet de boosting dû à une infection dépend fortement de la violence de la maladie ou du nombre de virus auxquels une personne est exposée. Si Omicron infecte de nombreuses personnes de manière presque asymptomatique, la stimulation de l'immunité existante qui en résulte peut être très faible»
Christian Münz, immunologue

C'est particulièrement vrai pour les personnes vaccinées et qui ont également été infectées auparavant. En effet, si, comme dans le cas d'une super-immunité, les cellules mémoires existantes se débarrassent rapidement du virus, il ne reste guère de nouvelle mémoire immunitaire adaptée.

Les anciens anticorps sont plus rapides

«Et même si Omicron parvenait à se propager un peu plus dans le corps, ce seraient toujours les cellules de défense T à réaction croisée qui seraient activées en premier», explique Christian Münz. C'est-à-dire que les cellules mémoires d'autrefois correspondent encore au nouveau variant:

«Ce n'est que si l'infection à Omicron est encore plus grave que de nouvelles réponses immunitaires et de nouveaux anticorps spécifiques seront probablement imprimés.»

Seules ces dernières empêcheraient effectivement une infection ultérieure. Les cellules T protègent avant tout d'une maladie grave. Les différentes conclusions de l’étude pourraient reposer sur cette gradation de la réaction immunitaire, estime Christian Münz. Il fait remarquer:

«Nous avons vu en Suisse que de nombreuses infections à Omicron légères n'augmentent que de manière minime l'immunité mesurable contre le Covid.»

Cependant, cela pourrait changer avec le variant BA.5 d'Omicron. Ce variant semble à nouveau affecter plus fortement les poumons et des rapports font état d'une congestion nasale plus importante.

Mauvaise option: booster l'immunité uniquement par la maladie

Il n’y a donc pas vraiment de bonne option. Soit on tombe à peine malade, mais on est ensuite mal protégé contre d'autres infections, soit on tombe vraiment malade et cela peut être relativement dangereux.

Une personne qui n'est ni vaccinée ni guérie et qui contracte Omicron pour la première fois aurait ensuite une immunité qui correspondrait parfaitement au variant. Cependant, pendant l'infection, la personne n'est évidemment pas protégée contre une maladie grave ou la mort.

La protection contre Omicron varie selon l'état de la vaccination

Dans quelle mesure est-on réellement protégé contre Omicron une fois vacciné? Une étude réalisée au Qatar, également publiée ces jours-ci dans le New England journal of medecine, présente les différents scénarios:

  • Quelqu'un qui a été vacciné avec deux doses de Pfizer ou de Moderna n’a pratiquement pas de protection contre une maladie Omicron symptomatique avec BA.1 ou BA.2. Il a en revanche une protection de près de 100% contre une maladie grave avec BA.1 et de 77% avec BA.2.
  • Une personne qui a été vaccinée avec trois doses de Pfizer ou de Moderna obtient une protection d'environ 60% dans les premières semaines après la troisième vaccination. La protection contre les maladies graves est de près de 100% avec les deux variants.
  • Quelqu’un qui n’est pas vacciné, mais qui est guéri d’un ancien variant, a une protection d’environ 50% contre Omicron. La protection reste presque aussi élevée pendant un an, ce qui signifie que l'immunité des muqueuses du pharynx est robuste. La protection des personnes guéries contre les maladies graves était de 100% (BA.1) et de 73% (BA.2).
  • Une personne qui a guéri d’un ancien variant et a été vaccinée trois fois a une protection de près de 80% contre la maladie avec symptômes et de 100% contre la maladie grave pour les deux BA.1 et BA.2. Mais le système immunitaire n'a probablement pas été suffisamment activé pour se réorienter vers Omicron et se protéger encore mieux contre d'autres infections.

Les études ne se contredisent donc pas totalement. Plus nous avons été vaccinés ou confrontés au virus d'origine, moins le système immunitaire s'adapte à la nouveauté en peu de temps. Mais plus nous sommes confrontés à un variant quelconque du Sars-CoV-2 et plus nous avons été vaccinés, mieux nous sommes protégés contre la maladie symptomatique ou la mort.

La quatrième vaccination est donc remise en question

Et qu'est-ce que cela signifie pour la quatrième vaccination? L'immunologue Andreas Radbruch estime que le système immunitaire est désormais saturé et a perdu temporairement sa flexibilité. Cette thèse plaide contre une quatrième vaccination, surtout pour ceux «qui n’en ont pas vraiment besoin».

Une étude récemment publiée dans Nature remet également en question l'utilité d'un nouveau booster Omicron, du moins un booster basé sur BA.1. Les analyses ont montré que même après une infection par BA.1, ce sont surtout les anciens anticorps du variant d'origine qui ont été réactivés chez les personnes vaccinées.

Mais si l'on veut ou si l'on doit faire remonter le nombre d'anticorps afin d'augmenter à nouveau la protection contre la contagion pendant quelques mois, la quatrième vaccination peut aussi avoir un sens. Dans tous les cas, il est judicieux de procéder à un rappel après environ un an: le système immunitaire est alors à nouveau prêt à affronter les changements.

Traduit de l'allemand par Charlotte Donzallaz

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