Pourquoi Jacques Moretti doit être protégé
Le 29 mars 1985, Jean-Marie Willemin, pensant avoir affaire à l’assassin de son fils Grégory, tuait par balles Bernard Laroche, son beau-frère. L'un des grands échecs de l’affaire du petit Gregory, du nom de ce garçon de 4 ans retrouvé mort le 16 octobre 1984 dans les eaux de La Vologne, dans le département français des Vosges. Le jour de son assassinat, Bernard Laroche venait d’être remis en liberté après avoir été placé en détention provisoire.
Le drame de Crans-Montana est sans rapport avec cette affaire judiciaire française jamais élucidée. Mais l’émotion n’est pas moins forte parmi les familles des victimes, celles des 40 morts et 116 blessés du tragique incendie survenu la nuit de la Saint-Sylvestre dans la station valaisanne.
Vengeance
Une émotion dont on ne peut exclure qu’elle provoque chez certains une soif de vengeance, quand bien même la principale figure du dossier jusqu’ici, Jacques Moretti, propriétaire avec sa femme Jessica du bar Le Constellation où s’est produit l’incendie, est présumé innocent. La sécurité de ce dernier est donc possiblement en jeu. Des personnes proches du dossier l’affirment à watson.
Remis en liberté?
Le ministère public valaisan a fait valoir un risque de fuite de Jacques Moretti pour son placement en détention, vendredi 9 janvier, alors que le tribunal des mesures de contraintes doit statuer dans les prochaines heures sur son éventuelle remise en liberté. Pour l'incarcérer préventivement, le pool de procureurs a mis en avant ses liens avec la Corse, où il pourrait supposément trouver abri, lui qui a grandi dans une famille indépendantiste.
Le drame de Furiani en 1992
Mais rien ne dit qu’il y serait plus en sécurité. Des gens peuvent estimer en Corse qu'il en va avec le drame de Crans-Montana de la réputation de l'île de beauté. Toute proportion gardée, la tragédie de Crans-Montana fait penser à celle de Furiani, survenue le 5 mai 1992 à Bastia lors de la demi-finale de la coupe de France de football entre le SC Bastia et l’Olympique de Marseille. Une tribune provisoire mal conçue et faite à la hâte s’était effondrée. Les normes de sécurité, déjà. Bilan: 18 morts, plus de 2300 blessés.
Le président du club assassiné
Mis en examen, mais laissé libre, le président du SC Bastia et chef d’entreprise Jean-François Filippi, décrit comme proche des nationalistes corses, avait été assassiné de deux balles le 29 décembre 1994, avant la fin du processus judiciaire.
Nos sources l’assurent: il faudra protéger Jacques Moretti s’il devait être remis en liberté.
Son maintien en détention le protégerait assurément. Mais le droit suisse ne prévoit pas l'incarcération d'un mis en cause aux fins de le protéger de menaces extérieures, affirme un avocat à watson.
