Voici sur qui les Moretti rejettent la responsabilité de l'incendie
Libéré vendredi après quinze jours de détention provisoire, Jacques Moretti reste, avec son épouse Jessica Moretti, au cœur de l’enquête sur l’incendie du Constellation à Crans-Montana. Le drame, survenu dans la nuit du Nouvel An, a fait 40 morts et 116 blessés.
Selon des révélations du Pôle enquête de la RTS, publiées ce samedi, les deux prévenus ont livré, devant les procureures et les avocats des vicitimes, une défense consistant à rejeter toute responsabilité personnelle et à désigner des fautes imputables à des tiers.
La pose de la mousse phonique
D’après les comptes rendus recoupés par la RTS, les époux Moretti auraient affirmé que la responsabilité de la mousse acoustique non ignifugée — installée lors des rénovations de 2015 — ne leur incomberait pas. Ils auraient mis en cause les anciens propriétaires du Constellation, ainsi que les autorités communales, qui n’auraient relevé aucun problème lors des contrôles.
Jacques Moretti aurait également expliqué que l’enseigne Hornbach leur aurait conseillé ce matériau, sans les alerter sur un quelconque risque. Il aurait précisé avoir effectué un test sur un morceau de mousse à l’époque, se disant rassuré par le faible dégagement de flammes, malgré une forte fumée.
L’issue retrouvée verrouillée
Sur la question centrale de la porte du rez-de-chaussée, retrouvée fermée de l’intérieur la nuit du drame, les Moretti auraient assuré que la consigne était de toujours la laisser ouverte.
Selon leur version, donnée aux procureurs et relayée par la RTS, un employé saisonnier serait venu apporter des glaçons peu après une heure du matin et aurait fermé le loquet.
Jessica Moretti aurait dit tenir cette information d’un autre salarié, à qui cette personne se serait confiée, tandis que Jacques Moretti aurait affirmé avoir écrit au serveur pour lui demander de ne pas fuir et d’assumer sa responsabilité. L’employé, entendu par la police le 1er janvier, aurait toutefois déclaré que la porte était déjà fermée à son arrivée.
La sécurité incendie et la formation du personnel
Interrogée sur la prévention et la formation, Jessica Moretti aurait expliqué ne pas avoir eu à vérifier elle-même le niveau de connaissance de son personnel, composé en grande partie de saisonniers arrivés à la mi-décembre.
Elle aurait estimé pouvoir compter sur deux employés expérimentés – un agent de sécurité et la serveuse Cyane – pour informer les nouveaux sur les procédures à suivre. Tous les deux figurent parmi les victimes décédées.
Jacques Moretti aurait pour sa part reconnu ne pas avoir donné d’instructions spécifiques sur l’utilisation des quatre extincteurs présents dans l’établissement.
A ce stade, d’après le Pôle enquête de la RTS, aucune faute déterminante n’aurait été établie lors de ces premières auditions. L’enquête pénale se poursuit. (jah)
