Incendie à Crans-Montana: les premières révélations de l'enquête
Un incendie suivi d’une explosion a ravagé un bar de Crans-Montana dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Quarante décès sont confirmés et on compte 119 blessés, le pronostic vital de certains d'entre eux étant engagé. Le nombre total de victimes est susceptible d’évoluer dans les prochaines heures ou prochains jours.
Vendredi après-midi, la procureure générale valaisanne Béatrice Pilloud a fait le point sur l’état de l’enquête et les premières hypothèses retenues.
Causes probables du feu et auditions
Selon les premiers résultats des investigations, tout porte à croire que le feu serait parti de bougies incandescentes placées trop près du plafond, entraînant un embrasement rapide. Cette hypothèse repose sur l’analyse de vidéos, l’audition de témoins et des constatations effectuées sur place.
Des rescapés ont été entendus ainsi que les deux gérants français de l’établissement en tant que «personnes appelées à donner des renseignements». Concernant ces derniers, aucune responsabilité pénale n’a, à ce stade, été établie, a précisé la procureure générale.
Ces auditions ont, par contre, permis d’identifier certaines victimes et d’établir des listes de personnes présentes. En revanche, il ne sera probablement pas possible de déterminer précisément combien de clients se trouvaient dans le bar au moment des faits. «Dans un bars, les gens vont et viennent», a résumé la procureure.
Voici sur quoi se concentrent les investigations
L’enquête se poursuit sur plusieurs aspects:
- Les autorisations d’exploitation de l'établissement.
- Les mesures de sécurité.
- Les matériaux utilisés.
- Le nombre de personnes autorisées dans l'établissement.
- L’aménagement du lieu ainsi que les voies d’évacuation.
Des responsabilités pénales pourraient être examinées en fonction des résultats finaux, notamment pour incendie par négligence, homicide par négligence et lésions corporelles par négligence.
Un lieu sécurisé?
Sur la question des contrôles, le conseiller d’État Stéphane Ganzer, en charge de la sécurité, a rappelé le partage des compétences en Valais. Les communes sont responsables des contrôles périodiques des bâtiments, tandis que le canton intervient en soutien. Pour un établissement de type bar, des contrôles annuels sont prévus.
Lorsqu’une défectuosité est constatée, un rapport est établi et un délai est accordé au propriétaire pour corriger la situation. En cas de non-exécution, le canton peut appuyer la commune, jusqu'à une éventuelle fermeture. Dans le cas présent, l’Office cantonal du feu n’a jamais reçu de rapport de non-conformité. Stéphane Ganzer n’a toutefois pas été en mesure de confirmer si la commune avait bien effectué les contrôles:
Dans ce contexte, l’enquête porte aussi sur la mousse acoustique installée dans l’établissement. Elle devra établir dans quelles conditions elle a été posée et si elle était conforme aux normes en vigueur. A ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée et la procureure a appelé à ne pas formuler d’hypothèses avant la fin des investigations. (jah)
