Suisse
Crans-Montana

Crans-Montana: voici à quel point les incendies tuent en Suisse

Un pompier lutte contre les flammes sous un escalier dans le nouveau simulateur incendie du centre de formation de la Rama ce vendredi 9 mai 2014 a Cugy, Montheron, Vaud. Le nouveau simulateur incendi ...
Plus de 10 000 incendies se déclarent dans des immeubles en Suisse chaque année (image d'illustration).Image: KEYSTONE

Voici à quel point les incendies tuent en Suisse

Après le drame de Crans-Montana, de nombreux Suisses s'inquiètent des incendies. Les données disponibles montrent que plus de 10 000 feux se déclarent en Suisse chaque année, dont certains connaissent une issue fatale. Le point en graphiques.
14.01.2026, 05:3514.01.2026, 12:24

Depuis le drame de Crans-Montana, plusieurs personnes en Suisse s'inquiètent du danger représenté par les incendies. La boutique en ligne Digitec Galaxus a, par exemple, vu le ventes de couvertures anti-feu quadrupler pendant les trois premiers jours de 2026; celles des extincteurs ont même été multipliées par cinq, tandis que deux fois plus de détecteurs de fumée ont été achetés au cours de cette même période.

Bien que les cas aussi meurtriers que celui de Crans-Montana soient extrêmement rares en Suisse, de nombreux incendies se déclarent chaque année dans notre pays et sont à l'origine de plusieurs décès. C'est ce qui ressort des données collectées par le Centre d’information pour la prévention des incendies (CIPI).

Ces chiffres portent uniquement sur les feux touchant des bâtiments et permettent donc de se faire une idée de la situation. Regardons cela de plus près.

Plus de 10 000 incendies par an

On constate tout d'abord que le nombre d'incendies recensés chaque année a globalement diminué au cours des 20 dernières années, malgré quelques fluctuations. En 2024, le CIPI faisait état d'environ 8100 cas, alors qu'au début du siècle, on en comptait plus de 10 000 chaque année.

A noter que ces chiffres, qui proviennent de 19 établissements cantonaux d’assurance, ne couvrent qu'environ 80% des bâtiments du pays. Le nombre total des incendies est donc probablement plus élevé. Le CIPI estime ainsi que, ces dix dernières années, quelque 11 000 feux se produisent en moyenne chaque année en Suisse.

La diminution des cas observée depuis 2005 s'explique par plusieurs facteurs, le nombre croissant d’appareils dotés de fonctions de sécurité intégrées, le recul du nombre de cuisinières à gaz et la diminution du nombre de fumeurs étant les principaux. La diffusion des bougies LED, qui ont largement remplacé les bougies en cire durant les fêtes, a également joué un rôle. De plus, «la population est sans doute devenue plus consciente des dangers», précise le CIPI.

Jusqu'à 33 morts par an

Si les incendies deviennent moins fréquents, on ne peut pas dire la même chose des victimes. Leur nombre varie fortement d'une année à l'autre, sans suivre une tendance précise. Depuis quelque temps, il semble même augmenter. 2024, dernière année couverte par ces statistiques, affiche même un record, avec 33 décès.

Neuf incendies mortels sur dix font une seule victime, précise le CIPI. Les feux faisant deux morts ou plus sont, en effet, «extrêmement rares en Suisse».

La plupart des feux connaissant une issue fatale sont le fruit de l'inattention et de la négligence, selon le CIPI. Lorsqu’un incendie se déclare dans un appartement, le risque de décès est favorisé par certaines situations, ajoute-t-il:

«Il peut être particulièrement difficile de fuir lorsque, par exemple, des flammes ou de la fumée bloquent les voies d'évacuation ou entravent la vue, les cages d’escaliers sont encombrées, des issues de secours sont bloquées ou encore en cas de mobilité physique réduite.»
Centre d’information pour la prévention des incendies (CIPI)

Cette situation se retrouve, une fois de plus, dans les statistiques: plus d'un décès sur deux se produit dans la pièce ou dans la zone où l'incendie s’est déclaré. Quant aux causes des décès, l'intoxication par la fumée, seule ou en combinaison avec des brûlures, est de loin la plus fréquente.

Des milliers de blessés

«Les incendies causent bien plus souvent des blessures que le décès des victimes», indique le CIPI, qui ne tient toutefois pas de statistiques à ce sujet.

Selon des estimations formulées par le Bureau de prévention des accidents (BPA), quelque 7800 personnes sont soignées chaque année en Suisse pour des brûlures. Les individus gravement touchés qui doivent être traités dans un centre dédié aux grands brûlés sont environ 370.

Là encore, on peut imaginer que le nombre total des blessés soit nettement plus important. En effet, les estimations du BPA n'incluent pas les personnes intoxiquées par la fumée. C'est pourtant cette dernière qui représente «le plus grand danger», rappelle le CIPI.

Surtout dans les habitations

Les logements représentent, de loin, la catégorie d'immeuble la plus touchée par les incendies. Près de la moitié des cas ont lieu dans des bâtiments d’habitation, qui représentent aussi la majorité des affectations des bâtiments, précise le CIPI.

C’est également dans les bâtiments d'habitation que se produisent la plupart des décès liés au feu, soit plus de 80% du total.

Foudre et électricité

Les causes d'incendies peuvent être nombreuses, mais près de 75% des cas peuvent être répartis dans trois catégories. La foudre est responsable d'un tiers des feux, suivie par les installations électriques ou les appareils électriques. «Ce type d’incendie est souvent dû à l’inattention ou à un comportement inadapté de l’usager, moins à des défauts techniques», insiste le CIPI.

Les incendies causés par un foyer déterminé, c'est-à-dire des bougies, des allumettes ou des feux d'artifice, représentent 12,8% du total. Cette catégorie, qui comporte le plus haut taux de décès, comprend également les cigarettes.

Le CIPI rappelle finalement que, par rapport à d’autres pays, le risque de décéder dans l’incendie d’un bâtiment est «plutôt faible» en Suisse.

Le résumé de la conférence de presse de Crans-Montana
Video: watson
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