Constantin veut bannir les feux d'artifice: le foot suisse réagit
La tragédie de Crans-Montana nous fait forcément penser à toutes les situations potentiellement dangereuses où il y a des engins pyrotechniques. Parmi elles, les stades de football.
Presque chaque week-end, en Suisse, des fumigènes, fusées et autres pétards sont allumés par des fans dans les enceintes de Super League et Challenge League. Ces engins font partie de la culture ultra. Mais ils peuvent provoquer de terribles dégâts. Comme un incendie.
Parfois lancés sur les spectateurs, ils peuvent aussi causer de graves brûlures. Un fumigène, par exemple, a une flamme d'environ 1 000 °C. Il y a déjà eu des incidents dans notre pays. 24 Heures rappelle qu'en 2023, lors du derby Servette-Sion, un adolescent en tribune principale a été touché par une torche lancée par des supporters sédunois, qui aurait ricoché sur le toit. Il s'en est tiré avec une cloque à la main, mais les dégâts auraient pu être nettement plus graves.
L'incendie du bar «Le Constellation», le 1er janvier, avec ses 40 morts et 119 blessés, a traumatisé le pays entier. Y compris Christian Constantin. Le président du FC Sion est apparu très ému lundi soir sur le plateau du 19h30 de la RTS. Une de ses collaboratrices est décédée dans l'incendie. Dans cette émission spéciale, il a réitéré sa position anti-pyrotechnie, dans les lieux de fête et aussi dans les stades:
Dans Blick, le boss sédunois a rappelé le combat qu'il mène contre les engins pyrotechniques dans les stades:
Soirée annulée, mais pas de nouvelles discussions
Jointe par watson ce lundi, la Swiss Football League «tient tout d'abord à exprimer sa plus profonde tristesse et ses sincères condoléances à la suite du drame survenu à Crans-Montana». Lundi après-midi, elle a annoncé l'annulation de sa Swiss Football Night, prévue le lundi 12 janvier, suite à l'incendie meurtrier du 1er janvier.
Mais il reste cette question: après ce drame, serrera-t-elle la vis quant aux engins pyrotechniques dans (et autour) des stades? Pour rappel, ces objets sont déjà interdits dans les enceintes, et les fans qui les allument entraînent des amendes pour leur club de cœur. Interrogé par Blick, un responsable de la ligue informait:
Par «serrage de vis», on peut imaginer des amendes plus chères ou des fouilles approfondies aux entrées, par exemple. Ou encore des interventions en tribune par le service de sécurité, pour attraper sur le fait les contrevenants et les dénoncer à la justice. Voire même, sans sanctionner, faire davantage de prévention auprès des ultras en expliquant concrètement les dangers de ces engins.
Mais à en croire la réponse de la Swiss Football League, le drame de Crans-Montana ne la pousse pas – en tout cas pas dans l'immédiat – à prendre des mesures plus strictes contre la pyrotechnie:
La ligue rappelle que ses «décisions sont prises en concertation avec les instances compétentes et les clubs, sur la base d'analyses approfondies» et que son «objectif reste clair: prévenir les risques, protéger le public et garantir un environnement sûr pour tous».
Reste à savoir si les ultras du foot suisse restreindront désormais d'eux-mêmes la pyrotechnie après la tragédie de Crans-Montana. Première réponse le 14 janvier, avec la reprise de la Super League.
