Le Chuv va soigner les grands brûlés grâce à un ver miracle
Lorsque nous avions contacté le docteur en biologie marine Franck Zal, au lendemain de l’incendie de Crans-Montana, il se démenait auprès de ses contacts en Suisse pour que son pansement prometteur, encore indisponible sur le marché, puisse être mis à disposition des grands brûlés dans les hôpitaux suisses, comme cela a déjà été le cas en France dans le cadre d’un usage compassionnel.
La solution à base d'hémoglobine de ver marin sera désormais utilisée au Centre hospitalier universitaire vaudois (Chuv), qui a passé commande auprès du spécialiste français, comme l’indique Blick ce jeudi, citant une publication de Frédéric Lehner, spécialiste en ingénierie médicale impliqué ces derniers jours dans la mise à disposition du produit.
«Si tout se déroule comme prévu, les patients pourront bénéficier de ce traitement de nouvelle technologie dès la fin de cette semaine», écrit-il sur ses réseaux sociaux.
L’usage du dispositif est possible grâce à l’article 49 de l’ordonnance sur les autorisations dans le domaine des médicaments, article que Franck Zal nous avait présenté: il permet d’importer des produits non autorisés en petites quantités en cas d’urgence vitale, lorsqu’aucune alternative thérapeutique n’est disponible sur le marché.
Le biologiste français résumait ce cadre légal en comparant ainsi l'incendie:
Le pansement développé par l'entreprise Hemarina, présidée par Franck Zal, repose sur l’utilisation d’un gel à base d’hémoglobine de ver marin, capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Un apport crucial, l’oxygène étant indispensable à la réépidermisation, alors que, dans les brûlures graves, son acheminement est interrompu en raison de la destruction des vaisseaux de surface.
En France, 80 patients ont déjà bénéficié du dispositif pour leur cicatrisation, avec «des résultats positifs dans plus de 95% des cas», s'enthousiasmait Franck Zal au téléphone.
Le cas le plus frappant reste celui de Thomas, un grand brûlé à 85% dont la survie semblait impossible. Grâce à ce traitement révolutionnaire appliqué sur son ventre et son dos, il avait pu retrouver une peau «normale», bénéficier de greffes et quitter l’hôpital en à peine trois mois.
