Ce que les gérants du Constellation auraient dit aux enquêteurs
Alors que la Suisse se recueillait vendredi, les patrons du bar Le Constellation, où s'est déroulée la tragédie de Crans-Montana, étaient entendus par les enquêteurs à Sion. Il s'agissait de leur première audition en qualité de prévenus d'homicide par négligence, incendie par négligence et lésions corporelles par négligence.
Quelques heures après le drame, les deux gérants avaient toutefois déjà été convoqués par les enquêteurs. Des informations sur les propos qu'ils ont tenus sont désormais rapportés par différents médias.
Selon BFM TV, Jessica Moretti, arrivée au Constellation vers 22h30, aurait évoqué un début de soirée plutôt calme, avec «très peu» de clients dans l'établissement. Elle aurait confié avoir ensuite senti un mouvement de foule puis aperçu «de la lumière orange vers l'angle du bar».
Après avoir intimé aux clients de sortir, elle aurait alors quitté Le Constellation par l'entrée principale avant de composer le 118 et d'alerter son mari.
Porte de service verrouillée
D'après BFM TV, l'homme a également raconté aux enquêteurs son arrivée sur les lieux. Par une baie vitrée de la terrasse, il aurait tenté de rentrer dans le bar, mais en vain. «Il y avait beaucoup trop de fumée», aurait-il lâché.
Accompagné de deux autres personnes, il se serait tourné vers une porte de service qui était fermée de l'intérieur. Fait inhabituel selon lui.
Après l'avoir forcée, il aurait trouvé derrière plusieurs personnes inanimées qu'il se serait empressé d'aider.
Jusqu'à vingt ans de prison
Sans préciser s'il s'agissait de la première audition ou de celle de vendredi, la RTS relate également des propos du gérant au sujet de cette porte de service, qui serait située au rez-de-chaussée du Constellation. Le média public relève que cette information pourrait s'avérer particulièrement importante pour l'enquête étant donné que plusieurs personnes ont tenté de sortir par cette voie pour fuir l'incendie.
Une responsabilité des propriétaires dans le blocage de cet accès pourrait en effet conduire à la requalification des infractions dont ils sont suspectés. Si le meurtre par dol éventuel venait à être retenu à leur encontre, les deux gérants pourraient risquer jusqu'à vingt ans de prison.
Chez Hornbach
Selon la RTS, le gérant aurait aussi abordé le sujet de la mousse acoustique qui a pris au feu lors des faits. Il aurait indiqué aux enquêteurs avoir lui-même placé ce matériau au plafond de son établissement. Mousse qu'il aurait directement achetée chez Hornbach.
Pour rappel, l'homme se trouve actuellement en détention provisoire. Son épouse, elle, est libre. (jzs)
