La justice valaisanne recadre Crans-Montana
La commune de Crans-Montana ne devrait pas obtenir la qualité de partie plaignante dans la procédure pénale ouverte après l’incendie du Constellation. Selon des informations révélées lundi par la RTS, la procureure en charge du dossier aurait fait savoir à la Municipalité qu’elle entendait refuser cette demande.
D’après le dossier pénal consulté par le Pôle enquête de la RTS, la représentante du Ministère public valaisan considérerait que la commune ne remplit pas les conditions légales pour être reconnue comme lésée. Dans un courrier daté du 5 janvier, adressé à l’avocat de Crans-Montana, elle rappellerait que la qualité de partie plaignante est réservée aux personnes dont les droits ont été directement touchés par une infraction. Or, Crans-Montana agirait en tant qu’autorité chargée de défendre l’intérêt public.
Cette prise de position interviendrait après l’annonce, deux jours après le drame du 1er janvier, de la volonté unanime du Conseil communal de se constituer partie civile. Une démarche qui avait suscité de vives critiques, la commune ayant parallèlement reconnu ne pas avoir contrôlé l’établissement entre 2020 et 2025, exposant potentiellement certains de ses employés à des poursuites.
Crans-Montana reste impliquée
Toujours selon la RTS, la procureure aurait laissé cinq jours à la commune pour formuler des observations. Mais le 8 janvier, l’avocat de Crans-Montana, Gaspard Couchepin, aurait annoncé le retrait de la demande, invoquant «le respect pour les victimes», indépendamment de toute considération juridique. Ce retrait priverait la commune de la possibilité de réclamer des indemnités.
Crans-Montana ne renoncerait toutefois pas à toute implication. A défaut d’être partie plaignante, elle demanderait désormais à être reconnue comme «partie à la procédure», afin d’avoir accès au dossier et de participer aux auditions. En revanche, cette qualité ne lui donnerait pas le droit de réclamer une indemnisation pour un éventuel préjudice. A ce stade, le Ministère public ne se serait pas encore prononcé sur cette nouvelle demande, selon la RTS. (jah)
