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Pourquoi l'attaque de bancomat au Locle aurait pu mal finir

«Un miracle»: Cette attaque sur un bancomat romand aurait pu très mal finir

Les attaques contre les distributeurs de billets se poursuivent et se ressemblent, après Laufon (BL), le 2 juin, c'est au tour du Locle (NE), ce jeudi 6 juin. Comment les habitants du Locle ont-ils vécu l'événement? Quels sont les risques de ce type d'attaque? On a interrogé des témoins et un expert en explosifs.
10.06.2024, 06:0910.06.2024, 09:01
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«Toute la vitrine du restaurant est détruite, on n'a jamais vu une chose pareille», raconte Elisa, fille de la propriétaire du Royal Panini's. Il faut dire que l'événement est exceptionnel, en effet, à dix mètres en face du restaurant, le distributeur de billets de la Poste a été attaqué à l'explosif vers 4h30, jeudi matin. Selon les témoins, il y aurait eu trois déflagrations. Les dégâts matériels causés par le souffle de l'explosion dans le restaurant sont importants.

Elisa Quintana, fille de la propriétaire, n'était pas sur les lieux lors des déflagrations, mais elle nous explique que les voisins de l'immeuble, en majorité des personnes âgées, sont encore sous le choc. Elle est surtout marquée par la méthode utilisée qu'elle qualifie «d'inimaginable dans notre région».

«Imaginer qu'on a utilisé des explosifs juste à côté du restaurant, c'est très choquant»
Elisa Quintana, restaurant Royal Panini's Le Locle
le Royal Panini's restaurant au Locle qui a subi des dégâts lors de l'attaque à l'explosif du postomat du jeudi 6 juin 2024
Les dégâts causés par le souffle de l'explosion du Postomat du Locleelisa quintana

Dans le même immeuble que le Royal Panini's, mais au premier étage, le refuge Reptiles-reptiliens n'a été victime d'aucun dégât. Son directeur Carlos Rodriguez reconnaît qu'il a eu «beaucoup de chance». Mais il s'inquiète d'un autre problème:

«Avec les reptiles, les conséquences du stress sont différées, ils peuvent avoir des arrêts cardiaques d'ici quelques jours»
postomat qui a été attaqué le 6 juin 2024 au Locle
Le postomat du Locle vu depuis la fenêtre du refuge Reptiles-Reptilienscarlos Rodriguez

«J'ai vu pire»

Mohamad Ghanoum, un voisin, a entendu un bruit sourd, mais s'est rendormi rapidement:

«Je n'ai pas accordé d'importance au bruit, tandis que ma copine, elle, a entendu trois explosions et n'a pas dormi de la nuit»

Mohamad n'est pas particulièrement choqué par les explosions. Syrien d'origine, il confie avoir été témoin de situations tragiques et avoir vu des explosions plus intenses que celle du Locle.

«C'est vrai que les gens d'ici n'ont pas l'habitude de ce genre de chose et je comprends leur réaction, mais j'ai vu pire et l'important, c'est qu'il n'y a pas de blessé.»
Mohamad Ghanoum, gérant du salon de coiffure l'Oasis
Les dégâts du salon de coiffure l'Oasis situé en face du postomat du Locle qui a été attaqué à l'explosif jeudi matin à 4h30
Le salon de coiffure Oasis situé à en face, à quelques mètres du postomat attaqué à l'explosifmohamad ghanoum

Pas de blessés? «Un miracle»

Mais la nuit aurait pu se terminer de manière bien plus tragique. Selon le spécialiste en explosifs Jacques Demierre, les risques pour les personnes logeant dans l'immeuble et les bâtiments en face des distributeurs attaqués sont «énormes». Il explique:

«Il faut imaginer que ce sont des explosifs brisants, qui projettent des éclats. C'est un miracle que personne n'ait été blessé jusqu'à présent»
Jacques Demierre, spécialiste en explosifs

Le spécialiste en explosifs précise que les éléments métalliques projetés peuvent être mortels à plusieurs centaines de mètres. Quant au bâtiment où est installé le distributeur, il risque davantage l'incendie que l'effondrement.

Interrogé l'an dernier, Fedpol confirmait que ces attaques comportent des risques importants pour les personnes qui résident dans le même bâtiment que le distributeur automatique de billets. L'Office fédéral de police recommandait d'ailleurs de ne pas installer les distributeurs automatiques dans des bâtiments habités.

Surtout que le Locle est une ville ouvrière qui se lève tôt. Elisa souligne: «Il n'est pas rare de voir des gens partir au petit matin». Carlos Rodriguez, directeur du refuge pour reptiles, confirme:

«A cette heure-là, il y a les changements d'horaires des usines, ceux qui travaillent la nuit rentrent chez eux et les autres commencent. Il y a déjà des passages de véhicules, notamment les frontaliers.»

Ainsi, il semble bien que c'est un véritable «miracle» qui s'est produit cette nuit du 6 juin 2024, car aucun blessé n'est à déplorer. Elisa Quintana qui ferme habituelle le restaurant vers 23h30 ne peut imaginer ce qui se serait passé si les malfrats étaient intervenus quelques heures plus tôt.

«Vu l'état du restaurant, on aurait cru que les explosions se sont déroulées dans nos locaux, heureusement que les lieux étaient vides»
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