«Ils ont piraté l’interface de ma banque»: on lui a volé 40 000 francs
Tout commence par la vente banale d'un jouet dont ses enfants ne voulaient plus sur Ricardo. Quelques jours plus tard, Anna* découvre que son compte épargne a été vidé de 40 000 francs. Entre les deux, une mécanique frauduleuse particulièrement bien huilée, dont la Romande peine encore à comprendre tous les rouages.
«J'avais déjà fait des achats sur ce site mais n'avais jamais rien vendu», raconte-t-elle à la Tribune de Genève. Peu après la mise en ligne du jouet, une acheteuse la contacte sur WhatsApp. Elle lui demande quand elle compte envoyer l'objet. Anna répond qu'elle le fera dès que l'argent aura été versé par Twint.
Peu après, l'acheteuse affirme avoir reçu un message du service client de Ricardo signalant un problème. Anna reçoit à son tour un courriel qui semble provenir de la plateforme. Elle doit, lui explique-t-on, «sécuriser son compte bancaire pour que l'argent puisse être versé».
Le lundi matin, Anna contacte ce qu'elle croit être le service client de Ricardo et scanne le QR code qui lui est envoyé. Sans le savoir, elle permet aux escrocs d'accéder à son e-banking. Lorsqu'une notification push apparaît, elle pense confirmer un code de connexion, «ils ont piraté l’interface de ma banque alors que je pensais effectuer des démarches pour sécuriser mes transactions». Mais elle valide en réalité un ordre de paiement. Plusieurs virements sont ensuite effectués en cascade. Son compte épargne est vidé de 40 000 francs sans qu'elle ne le sache.
C'est en racontant l'épisode à un collègue qu'elle réalise ce qui vient de se passer. Elle appelle immédiatement sa banque. Seulement 45 minutes se sont écoulées, mais les virements immédiats ne peuvent plus être annulés. C'est «l’achat le plus cher de ma vie», se désole Anna. Si une procédure de rappel des fonds est alors lancée, on lui dit qu'elle aura de faibles chances de succès.
Carlo Lombardini, avocat spécialisé en droit bancaire et professeur à l'Université de Lausanne, estime que les règles européennes protègent davantage les clients qu'en Suisse. Dans l'UE les banques ont en effet l'obligation d'appeler leurs clients lors de mouvements inhabituels, rappelle-t-il au média genevois.
Selon lui, les banques devraient mieux répertorier les différents types de fraude afin d'adapter leurs dispositifs de sécurité. De son côté, Anna juge les procédures de la banque très légères. Avec une unique connexion, les escrocs ont eu accès à tous ses comptes, notamment son compte épargne:
(hun)
