Attention à cette arnaque à la caisse cantonale de chômage
L'e-mail a été envoyé deux fois en quelques jours. L'expéditeur? La «caisse cantonale» qui alerte sur le fait qu'«un payement de 879 francs par carte bancaire est actuellement en cours de prélèvement».
En conclusion du courrier, une phrase met en garde: «Toute inaction peut entraîner des frais supplémentaires ou un prélèvement définitif.»
L'e-mail en question:
Prendre le contrôle de l'appareil
Le premier élément louche? L'indicatif du numéro de téléphone à appeler est français (+33). Il suffit ensuite de vérifier l'adresse de l'expéditeur pour avoir la confirmation qu'il s'agit d'une arnaque: noreply@kuopio.fr. «Parmi les indices révélateurs figurent des liens non officiels (qui ne se terminent pas, par exemple, par admin.ch) ou encore des adresses internet et des numéros de téléphone inhabituels», confirme l’Office fédéral de la cybersécurité (OFCS).
Après avoir consulté l'e-mail frauduleux, les autorités expliquent qu'il est courant pour les escrocs de mettre leurs victimes potentielles «sous pression en créant un sentiment d'urgence afin de les pousser à divulguer des informations». L'objectif de ce qui s'appelle le «callback scam»? Inciter les personnes à appeler le numéro indiqué.
Dans les cas les plus élaborés, les arnaqueurs vont jusqu'à prendre contact avec la victime après avoir dérobé les données bancaires. Ils se font passer pour un collaborateur du service de sécurité d'une banque et essaient d'obtenir une confirmation ou un code SMS dans l'application bancaire. Une manœuvre qui leur permet «d'autoriser un paiement frauduleux», poursuit l'OFCS. En Suisse alémanique par exemple, certains escrocs s'expriment dans un dialecte local, ce qui renforce leur crédibilité.
Il est évidemment fortement déconseillé de saisir ses informations personnelles (mots de passe ou données de carte de crédit) sur la page internet figurant dans l'e-mail et d'autoriser l'accès à son ordinateur à distance.
Quarantaine de signalements par semaine en avril
Les autorités fédérales rappellent qu'une caisse cantonale de chômage, une banque ou un fournisseur de carte de crédit ne demandent jamais par e-mail de communiquer ou de vérifier les données.
Depuis avril, l'OFCS recense spécifiquement les signalements de «callback scam» et une quarantaine par semaine ont été communiqués. Il est probable que certains cas aient entraîné un préjudice financier. Il est, dès lors, conseillé de le signaler à la police.
