Ce célèbre horloger suisse prend un virage étonnant
Décidément, Audemars Piguet nous aura fait passer par toutes les émotions cette année. Après avoir provoqué une hystérie mondiale avec sa collaboration surprise avec Swatch, la marque vient de dévoiler sa toute dernière idée: une collection de joaillerie inattendue. Un secret longtemps bien gardé par l'horloger de la Vallée de Joux.
Une collection gardée secrète
Au menu de cette collection? Quelque 19 pièces d’exception, produites en toute petite série, inspirées du design culte de sa montre iconique, la Royal Oak. Or, titane et pierres précieuses, parmi lesquels diamants, émeraudes, rubis, saphirs: il y en a pour tous les goûts.
Ces bijoux ultra-précieux seraient nés d'une demande régulière de clientes désireuses d'avoir un accessoire accordé à leur montre, explique la marque au Figaro Style. Faute de quoi, certains allaient jusqu'à «porter trois montres Royal Oak superposées» au poignet, comme des bracelets.
Comme le révèle «AP», quelques fidèles clientes asiatiques ont eu la possibilité de participer à la conception du design de la collection. «Lors d’un voyage à Hongkong, nous nous sommes retrouvés autour d’une table à faire des croquis, à faire naître des idées», détaille Ilaria Resta, directrice générale d’Audemars Piguet, au Figaro.
Preuve que le secret était jusque-là total, une vingtaine de clients «very, very important» ont eu accès en primeur à cette collection et se sont vus offrir la possibilité de passer commande avant l’été.
Une chose est sûre: cette ligne ne manquera pas d'être très scrutée et de provoquer à nouveau la folie des collectionneurs et des adeptes de l'horloger du Brassus, qui n'en est pas à sa première surprise cette année. Une audace qui donne raison à Audemars Piguet, puisque la maison se classe dans le top 5 des horlogers suisses les plus prospères, derrière Rolex et Cartier.
Un lancement qui intervient surtout dans un contexte favorable à la joaillerie. Alors que Morgan Stanley a abaissé à 2,5% ses prévisions de croissance du luxe en 2026, les bijoux tirent leur épingle du jeu: chez Richemont, les maisons de joaillerie ont ainsi progressé de 24% au troisième trimestre, contre 8% pour l’horlogerie, rappelle Robb Report.
Dans un marché du luxe morose, les consommateurs délaissent de plus en plus la mode au profit de la joaillerie, considérant ce secteur comme un investissement.
Toutefois, «la joaillerie n’est ni un virage opportuniste, ni un relais de croissance à court terme», tient à préciser la présidente, Ilaria Resta, qui assure également à Luxury Tribune n'avoir aucun objectif business pour cette collection. «J’aime l’idée d’une créativité portée par elle-même, et non guidée par les ventes», glisse-t-elle au média.
Avec des tarifs qui dépasseront souvent les «six chiffres», selon le Figaro, il y a en tout cas peu de chances que l'on assiste aux mêmes scènes d'émeutes qu'à la sortie de la «Royal Pop», en mai dernier, issue de la collaboration entre AP et Swatch. Pour s’offrir un morceau de Royal Oak sans montre au poignet, il faudra cette fois avoir les reins particulièrement solides.
Reste à voir si ces bijoux connaîtront le même destin que la montre dont ils reprennent les codes. Plus de cinquante ans après sa naissance, la Royal Oak n’a en tout cas manifestement pas fini de rapporter de l’or à Audemars Piguet — au sens propre comme au figuré.
