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Au centre, à gauche de la route, l'immeuble où le drame s'est produit.
Au centre, à gauche de la route, l'immeuble où le drame s'est produit.image: watson

Drame de Montreux: 6 questions sans réponses

Si la thèse du suicide collectif est privilégiée, les autopsies effectuées n'ont pas encore livré tous leurs secrets. D'autres points doivent encore être éclaircis. Et ils sont capitaux.
29.03.2022, 15:0029.03.2022, 16:27

La police cantonale vaudoise a fourni, ce mardi matin, de plus amples éléments sur le drame de Montreux survenu jeudi 24 mars. Cinq membres d’une même famille ont chuté du balcon de leur appartement situé au septième et dernier étage d’un immeuble d’habitation. Quatre personnes sont mortes: le père, la mère, sa sœur jumelle et la petite fille du couple. Une cinquième, le fils de 15 ans, a survécu. Il se trouve dans le coma. Son état est qualifié de stable.

Est-on sûr qu’il s’agit d’un suicide collectif?

A ce stade de l'enquête, c’est la thèse privilégiée par la police vaudoise. Mais ce n’est pas une certitude.

La police constate que:

  • «Depuis le début de la pandémie, la famille était très intéressée par les thèses complotistes et survivalistes.»
  • La famille «avait constitué un stock impressionnant de vivres en tout genre, très bien organisé, occupant la majeure partie des différentes pièces de l’appartement, devant lui permettre de faire face à une crise majeure».
  • «La famille vivait en quasi-autarcie, retirée de la société.»
  • «Aucun témoin, y compris les deux gendarmes présents sur place dès 6h15 (réd: le matin du drame) et les passants se trouvant au bas de l’immeuble, n’a entendu le moindre bruit ou cri en provenance de l’appartement ou du balcon.»
  • «Les policiers ont découvert un escabeau sur le balcon et aucune trace de lutte n’a été mise en évidence.»

A-t-on retrouvé des traces de substances qui auraient pu être prises ou administrées?

«Les autopsies ont été pratiquées. Les résultats définitifs pourraient ne pas être connus avant plusieurs semaines. Ils seront communiqués au procureur dans le cadre du rapport que la médecine légale fera», explique à watson le porte-parole de la police vaudoise, Jean-Christophe Sauterel. Selon les résultats obtenus, la thèse du suicide collectif sera alors renforcée ou remise en question, sachant qu'aucun tiers ne se trouvait au domicile de la famille le jour du drame.

A quelle date le père devait-il se présenter à la préfecture?

Jean-Christophe Sauterel est formel sur le principe suivant: «Les individus ne sont jamais informés du jour ni de l’heure de passage de la force publique à leur domicile dans le cadre d’un mandat d’amener» – le cas de figure ce matin-là.

Mais on sait que le père avait été sommé de se présenter à Vevey dans les locaux de la préfecture de Riviera-Pays-d’Enhaut pour s’expliquer sur la scolarisation à domicile du fils de 15 ans, dont les preuves visiblement manquaient. On ignore à quelle date le père avait obligation de se rendre à la préfecture.

La Direction de l’enseignement obligatoire s’est-elle rendue au domicile de la famille en 2020 et 2021?

Giancarlo Valceschini, le directeur général de l’Enseignement obligatoire (DGEO), organe chargé de vérifier le bon déroulement des scolarisations à domicile, nous a répondu lundi à ce sujet en termes généraux: étant donnée la pandémie de Covid-19 et pour éviter les contaminations, la DGEO a prioritairement effectué ces vérifications par visioconférence.

La DGEO a-t-elle eu également recours à ce moyen pour contrôler la scolarisation à domicile de l’adolescent de la famille de Montreux? Pas de réponse pour l'heure. C’est à la suite d’appels et de courriers adressés à la famille et demeurés sans réponses, que la DGEO a alerté la préfecture.

La gérance était-elle informée du comportement problématique de la famille?

Des habitants de l’immeuble où le drame s’est produit, rapportent à watson que la gérance avait été alertée du comportement problématique de la famille. Est-ce le cas? Si oui, quand la gérance en aurait-elle été informée? Le cas échéant, aurait-elle fait remonter ce ou ces signalements à une quelconque autorité?

Qui savait quoi?

La Municipalité de Montreux affirme n’avoir pas eu connaissance du comportement problématique de cette famille et n’avoir rien su de l’existence légale de la petite fille de 8 ans, qui ne figurait sur aucun registre administratif vaudois. Dans leur communiqué de ce mardi, les autorités vaudoises apportent un élément supplémentaire: non seulement la fille, mais la mère étaient inconnues aux yeux de la loi. Et ce, parce qu’elles étaient censées résider au Maroc depuis 2016. Elles étaient en réalité présentes au domicile montreusien.

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