Voici pourquoi les voitures décapotables vont disparaître
De nos jours, on attire encore les regards en roulant en voiture décapotable. Mais alors qu'à une époque, cela suscitait l'envie, cela rend désormais les gens un peu perplexes.
Le cabriolet a longtemps été un symbole d'émancipation pour la classe moyenne. Mais il semble désormais être d'un autre temps. Et ce ne sont pas uniquement les usagés de la route qui leur tournent le dos désormais, mais les marques automobiles également.
En Allemagne, les chiffres de l'année dernière parlent d'eux-mêmes. L'Office fédéral des véhicules à moteurs a dénombré à peine 34 000 nouvelles immatriculations de voitures décapotables, soit 1,5% du marché des voitures en Allemagne.
Il y a 20 ans, alors que la tendance connaissait son apogée, ce chiffre s'élevait à 150 000 unités. En Suisse, comme le rappelait 24 heures, le nombre de cabriolets immatriculés a diminué de moitié entre 2019 et 2025.
Plus de blindés, moins de joie de vivre
Tout se joue désormais à Osnabrück, une ville du nord-ouest de l'Allemagne. C'est là, chez le carrossier Karmann, qu'ont été autrefois fabriqués les modèles parmi les plus mythiques des adeptes de cheveux dans le vent, comme la Coccinelle ou la Golf Cabriolet.
Aujourd'hui, l'usine appartient à Volkswagen, et il en sort encore la version décapotable du T-Roc, le dernier cabriolet produit par un grand constructeur allemand. Mais dans un an, tout au plus, ce sera terminé.
Thomas Schäfer, le patron de Volkswagen, a annoncé l'arrêt de la production, évoquant simplement l'effondrement des ventes depuis plusieurs années. Mais ce qu'il y a de plus frappant encore, c'est la reconversion prévue pour ce site historique. Là où l'on assemblait autrefois un symbole de légèreté et d'insouciance, on fabriquera bientôt des pièces destinées à l'armement.
Mais pourquoi cette catégorie de véhicules, dont le nom vient pourtant du verbe français «cabrioler», soit faire des cabrioles, est-elle en train de disparaître?
La conception est séparée
La réponse tient à un froid calcul de contrôleur de gestion. Construire un cabriolet est un vrai défi technique et logistique. Sans toit, une voiture perd sa stabilité. Les ingénieurs doivent renforcer la carrosserie avec de lourds éléments en acier, recalculer son aérodynamisme et repenser la sécurité en cas de choc. Dans le cas du T-Roc Cabriolet, cette berline quatre portes et pratique a fini par se transformer en un modèle à deux portes à part entière.
Autrefois, les constructeurs s'offraient ce genre de modèles prestigieux pour soigner l'image de leur marque. A l'ère de la course à la rentabilité et des plateformes mondiales standardisées, cette diversité est désormais jugée trop coûteuse.
C'est un privilège de riches
L'offre continue donc de se réduire. La Mini fait figure d'exception sur le marché grand public, et la filiale de BMW a repoussé l'arrêt de son modèle décapotable, se retrouvant ainsi presque seule sur ce segment.
L'électrique n'apporte pas non plus de solution. Les batteries logées dans le plancher s'accommodent mal du renforcement nécessaire pour une carrosserie ouverte. La Fiat 500 électrique n'entre dans la catégorie des cabriolets que parce qu'elle conserve un arceau. Le Cyberster de MG, lui, reste un modèle de niche à 65 000 euros.
A Osnabrück, pour relancer les commandes du T-Roc, on espère un dernier été ensoleillé. De quoi donner un sursis à ce type de véhicule qui, lentement et sans bruit, disparaît de nos routes et quitte les catalogues des constructeurs.
Traduit de l'allemand par Joel Espi

