Suisse
Emploi

Constellation: un ex-employé des Moretti dénonce les conditions

epa12726036 The owners of 'Le Constellation' bar in Crans-Montana, Jacques (L) and Jessica Moretti of France, arrive to a hearing before the public prosecutor of the canton of Valais, follow ...
Jacques et Jessica Moretti, ici à Sion le 11 février.Keystone

«Ta gueule, je suis le patron»: un ex-employé balance sur les Moretti

Un ancien serveur au service des Moretti a raconté ses conditions d'emploi à Crans-Montana. Un témoignage peu flatteur.
05.03.2026, 17:0905.03.2026, 17:09

Deux mois après l’incendie meurtrier du bar Constellation à Crans-Montana, qui a fait 41 morts lors de la nuit du Nouvel-An, de nouveaux témoignages décrivent les conditions de travail dans les établissements du couple Jacques et Jessica Moretti.

Selon des éléments du dossier d’instruction consultés par 24 heures, plusieurs anciens employés dénoncent des salaires modestes, des horaires très lourds et des remarques humiliantes dans les établissements exploités par le couple: le bar Constellation, le Senso et le restaurant Le Vieux Chalet.

Le témoignage le plus détaillé est celui de Lucas (prénom d’emprunt), un Français de 22 ans qui a travaillé au Vieux Chalet. Arrivé fin 2024, il affirme avoir d’abord participé à des travaux dans le restaurant rénové:

«Ni moi, ni mes collègues n’avions de formation pour cela»

Ensuite employé comme barman et serveur, il dit avoir souvent été seul pour servir une vingtaine de tables. «Je travaillais de 9 heures du matin jusqu’à une heure du matin en moyenne», raconte-t-il, avec une seule pause d’une demi-heure, pour promener son chien.

Selon lui, ses horaires ont parfois atteint 90 heures par semaine à l’été 2025, sans vacances pendant neuf mois. Son salaire dépassait à peine le minimum légal, soit 18 francs 80 de l’heure. Il décrit ainsi avoir touché tout juste 2000 francs net mensuellement, après déduction des 1000 francs de loyers qu'il versait aux Moretti.

Harcèlement moral, burn-out et mobbing

En septembre 2025, le jeune homme affirme s’être effondré et avoir dénoncé sa situation devant l’autorité valaisanne de conciliation en matière de droit du travail. Un médecin lui a alors prescrit 45 jours d’arrêt pour trouble anxio-dépressif.

Dans le cadre de la procédure, plusieurs collègues ont confirmé par écrit ses déclarations. L’un d’eux affirme que Lucas travaillait «très souvent sept jours sur sept» et dépassait régulièrement 80 heures hebdomadaires. D’autres employés évoquent aussi des remarques désobligeantes de Jacques Moretti, parfois prononcées devant des clients, notamment sur le physique de Lucas.

«Il m’a insulté devant une collègue, sur le mode: tu fermes ta gueule, je suis le patron, tu restes à ta place»»

Le couple Moretti a alors contesté ces témoignages, accusant notamment leur ancien employé d’abandon de poste et mettant en doute son certificat médical. Les deux parties ont finalement renoncé à leurs prétentions dans ce litige.

Contactés par 24 heures, les avocats des restaurateurs n’ont pas souhaité commenter ces éléments, estimant qu’ils ne concernent pas directement l’enquête pénale sur l’incendie. Le couple est présumé innocent dans cette procédure. (hun)

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Ces traîtres à la Suisse auraient en fait été «justes et clairvoyants»
Ils faisaient passer des armes à travers la frontière ou guidaient des partisans dans les montagnes: durant la Seconde Guerre mondiale, des Tessinoises et des Tessinois ont soutenu la Resistenza et ont écopé pour cela d’amendes en Suisse.
Leurs histoires rappellent celles des films d’espionnage. En apparence, Silvio Baccalà menait une vie de jardinier tout à fait ordinaire à Brissago (TI). Le jour, il travaillait dans un hôtel et entretenait avec soin les espaces extérieurs. Mais dès la nuit tombée, Baccalà traversait la frontière vers l’Italie voisine pour guider des résistants italiens à travers les montagnes. Beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas le terrain et se réjouissaient de pouvoir compter sur ce jardinier suisse pour les conduire dans la région.
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