L’UDC et le PLR veulent acheter encore plus de F-35 à Trump
Le «prix fixe» initialement présenté par l’ancienne ministre de la défense Viola Amherd pour l’acquisition des avions de combat américains s’étant révélé illusoire, et l’opération coûtant beaucoup plus cher que prévu, son successeur Martin Pfister a demandé au Conseil national un crédit supplémentaire de 394 millions de francs. Cette somme devrait permettre d’acquérir tout de même 30 des 36 F-35 initialement prévus.
Mais il apparaît désormais que des représentants de l’UDC et du PLR souhaitent, malgré les déboires financiers rencontrés jusqu’ici, débloquer davantage d’argent afin de pouvoir commander finalement 36 avions au gouvernement américain.
C’est ce que rapporte le Tages-Anzeiger. Les représentants des deux partis bourgeois au sein de la Commission de la politique de sécurité ont ainsi voté en bloc en faveur d’une augmentation du crédit supplémentaire demandé par Martin Pfister: au lieu de 394 millions, 1,044 milliard de francs devrait être consacré à ce programme d’armement.
Le porte-parole du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), Lorenz Frischknecht, confirme au journal que, selon un calcul effectué par son département en début d’année, cette somme permettrait d’acheter la totalité des F-35 prévus.
Le calcul repose sur les estimations du bureau étasunien chargé du programme F-35, sur une réserve destinée à couvrir les risques ainsi que sur un taux de change estimé à 0,8 franc pour un dollar américain. Le taux de change s’est récemment stabilisé, le dollar ayant même légèrement regagné du terrain face au franc.
Selon le conseiller national PLR Heinz Theiler, l’un des avantages d’un nombre plus élevé d’appareils est que le coût par avion passerait de 213 à 197 millions de francs. Le prix total comprend en effet certains coûts fixes liés notamment à la formation, à l’informatique et aux infrastructures, qui restent à peu près identiques quel que soit le nombre d’avions commandés par la Suisse. Heinz Theiler invoque également des raisons de politique de sécurité. Selon ses dires, plus la Suisse dispose d’avions, mieux c’est, car:
Pour faire aboutir le projet, la droite aurait besoin de voix provenant du Centre. Mais le scepticisme semble plutôt y dominer. Le conseiller national du Centre et spécialiste des questions de sécurité Reto Nause estime lui aussi que 30 avions ne suffisent pas à la Suisse. Il juge toutefois irresponsable, à ce stade, d’allouer de l’argent au projet tant que ces fonds ne sont pas disponibles. Reto Nause préconise plutôt la création d’une seconde flotte aérienne indépendante, assortie de nouveaux plans de financement.
Le Conseil national se prononcera la semaine prochaine sur le financement du programme d’armement. D’ici là, les partis bourgeois ont encore le temps de tenter de réunir une majorité en faveur de leur projet.
L’acquisition du F-35, et plus généralement celle d’avions de combat, constitue depuis des années un sujet politiquement sensible en Suisse – à plus forte raison depuis que l’on a appris, il y a un peu plus d’un an, que la Suisse ne bénéficierait pas d’un prix fixe. Depuis, des informations faisant état du renchérissement de certaines composantes de l’acquisition sont régulièrement apparues. (con/trad. hun)
