On en sait plus sur les négociations de vendredi au Bürgenstock
Le plus dur commence pour les Etats-Unis et l'Iran après leur protocole d'accord qui met un terme au conflit au Moyen-Orient. Vendredi, les deux pays se retrouvent au Bürgenstock (NW) pour entamer deux mois de négociations vers un arrangement définitif.
Beaucoup d'incertitudes subsistaient jeudi sur le format de cette réunion. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), qui a salué le protocole, a toutefois affirmé que les préparatifs avec les deux pays et les médiateurs pakistanais et qatariens se poursuivaient.
Au départ, cette rencontre était prévue pour signer le «mémorandum d'Islamabad» arraché après des mois d'affrontements entre Washington et Téhéran. Mais les paraphes par voie électronique mercredi soir des présidents américains Donald Trump et iranien Massoud Pezechkian ont changé la donne.
60 jours de négociations
Désormais, le médiateur pakistanais ne parle plus que d'une cérémonie de commémoration de la signature, mais aussi du lancement de 60 jours de négociations. Le Premier ministre de ce pays a annulé sa visite en Suisse après l'entrée en vigueur du protocole. Mais le vice-président américain JD Vance et le nouvel homme fort du régime iranien, le président du Parlement Mohammad Ghalibaf, pourraient faire le déplacement. La Suisse devrait, elle, être représentée au niveau du Conseil fédéral.
Selon le protocole, les Etats-Unis et l'Iran doivent, dans les deux prochains mois, s'entendre notamment sur les modalités de la neutralisation de l'uranium enrichi iranien à 60%. Un délai qui semble court à la plupart des experts, tant cette question a pris du temps à être réglée avant l'accord d'il y a une dizaine d'années dont Donald Trump avait retiré son pays.
Plusieurs scénarios se dessinent
Jeudi à Genève, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi, qui n'a pas exclu d'être présent vendredi, n'a pas voulu spéculer sur le rôle qu'aura son institution. Plusieurs scénarios sont sur la table, comme un transfert à l'étranger de l'uranium ou une dilution à 5% sous supervisions de cette agence onusienne.
Autre engagement, les Etats-Unis doivent dans les deux prochains mois établir un plan pour un financement de 300 milliards de dollars à la réhabilitation de l'Iran. Un mécanisme sera négocié avec Téhéran. Le président américain a déjà averti que le montant serait alimenté par les pays de la région et non par Washington.
De même, toutes les sanctions contre Téhéran seront levées. En échange, l'Iran s'engagera à nouveau dans l'accord final à ne pas fabriquer d'armes nucléaires. En attendant, tout changement sur ces deux questions est gelé pendant les négociations. En fonction de l'avancée des discussions, les Etats-Unis débloqueront les avoirs saisis depuis des années.
Dès l'entrée en vigueur du protocole signé mercredi, les deux pays se sont engagés à mettre un terme au conflit. Les Etats-Unis doivent lever le blocus naval d'Ormuz et rétablir le trafic, tout comme garantir un retrait de leurs forces maritimes, dans les 30 jours. L'Iran doit aussi éliminer tous les obstacles au passage des navires dans les 30 jours.
Un succès pour la Suisse
Ces derniers mois, le blocage des exportations depuis cette région a provoqué une augmentation mondiale des prix énergétiques et du fret et une insécurité alimentaire pour des millions de personnes en Afrique et en Asie. Selon des observateurs, les composantes qui seront appliquées immédiatement sont défavorables à Donald Trump mais celui-ci balaie les critiques.
Le président américain a aussi averti que si l'Iran n'honorait pas ses engagements, il n'hésiterait pas à bombarder le pays. L'incertitude porte aussi sur l'attitude du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou qui pourrait tout faire capoter s'il reprenait les frappes sur l'Iran ou sur le Hezbollah au Liban.
Pour la Suisse, la réunion de vendredi pourrait ouvrir une nouvelle fenêtre de bons offices. Elle ne fait que garantir la sécurité de cette rencontre sur son territoire avec jusqu'à 2000 militaires et les polices. Mais la suite des négociations pourrait avoir lieu à Genève. Le Qatar, propriétaire de l'hôtel du Bürgenstock, a insisté pour que la réunion soit organisée sur le site nidwaldien. (ag/ats)
