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Réforme LPP: les chiffres officiels du Conseil fédéral en cause

Le Conseil fédéral (encore) accusé de présenter des chiffres «trompeurs»

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Des opposants à la réforme, le 22 août, à Lausanne.Image: KEYSTONE
L'Union syndicale suisse affirme que les pertes de rentes affecteront plus de personnes que ce qu'annonce le Conseil fédéral pour la réforme de la LPP.
27.08.2024, 11:19
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La bataille de chiffres sur la réforme de LPP, en votation le 22 septembre, continue. Les pertes de rentes toucheront beaucoup plus de monde qu'annoncé par le Conseil fédéral, affirme l'Union syndicale suisse (USS), sur la base de ses calculs.

La réforme entraînera une baisse des rentes LPP pour une grande partie des salariés, contrairement à ce qu'indiquent les chiffres «trompeurs de la Confédération» dans le livret de votation, indique l'USS mardi.

«Il s'agit d'une votation absolument fondamentale pour la population, qui touche tout le monde», a déclaré mardi Daniel Lampart, chef économiste de l'USS, face aux médias.

«Et nous sommes très inquiets de la façon dont le Conseil fédéral présente l'impact de cette réforme»
Daniel Lampart

Quel est le problème aujourd'hui?

Les chiffres publiés par la Confédération «enjolivent considérablement la situation et l'effet sur les rentes de retraite», selon Daniel Lampart. Alors même que l'Office fédéral des assurances sociales s'est déjà trompé sur les perspectives financières de l'AVS.

Dans la brochure de votation, la Confédération affirme que les personnes actives avec un revenu annuel de plus de 70 000 francs, soit environ 5500 francs mensuels, seront pratiquement les seules à subir des baisses de rentes. Et que les jeunes salariés dont le salaire annuel se situe entre 25 000 et 40 000 francs toucheraient plus de 300 francs de rente par mois.

Ces calculs se basent sur des hypothèses totalement irréalistes, selon l'USS. Ils partent du principe qu'une personne touchera le même salaire toute sa vie professionnelle.

«C'est à rebours de la réalité du monde du travail»
Daniel Lampart

En général, les salariées et salariés ne touchent pas le même salaire à 25 ans ou à 50 ans, car l'expérience progresse. Ainsi, la baisse du taux de conversion, qui doit passer avec la réforme de 6,8% à 6%, entraînera en fait une baisse des rentes LPP pour les salaires à partir de 4000 francs déjà, calcule l'USS.

Le problème des rentes pour les bas revenus

Quant aux améliorations des rentes des bas et très bas revenus, elles seront très coûteuses. Pour un salaire mensuel de 3500 francs, la réforme entraîne une augmentation annuelle des cotisations LPP de 1500 à 2500 francs (selon l'âge), pour une retraite améliorée d'à peine 2000 francs par an, soit moins de 200 francs par mois de rente LPP supplémentaire. Le bilan de la réforme est donc déjà négatif pour des salaires mensuels de l'ordre de 3300 francs mensuels, estime l'USS.

Daniel Lampart, Sekretariatsleiter SGB, spricht waehrend einer Medienkonferenz des SGB zur BVG-Reform, am Dienstag, 27. August 2024, in Bern. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
Daniel Lampart.Keystone

Les améliorations des rentes que promettent les partisans et la Confédération sont dans de nombreux cas «un mirage», a ajouté Daniel Lampart. Elles n'existent que dans les tableaux de la Confédération, qui sont donc de nature à induire en erreur l'électorat.

Les retraités aussi touchés

En outre, contrairement à ce qui est affirmé par le gouvernement, la réforme touche aussi les retraités, selon l'USS. Comme les caisses de pension ont besoin de réserves pour financer les compensations aux pertes de rentes décidées par le Parlement, l'argent ne sera plus disponible pour octroyer une compensation du renchérissement qui aurait été due cet automne, a expliqué Gabriela Medici, première secrétaire adjointe de l'USS.

Gabriela Medici, Leiterin Sozialversicherungen SGB, spricht waehrend einer Medienkonferenz des SGB zur BVG-Reform, am Dienstag, 27. August 2024, in Bern. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
Gabriela Medici.Keystone

Les retraités devront supporter, aux côtés des actifs, les coûts de ces mesures de compensation, et donc patienter des années supplémentaires avant que leur tour ne vienne. En effet, les caisses de pension ne sont obligées d'accorder de telles adaptations que lorsque leurs réserves sont entièrement remplies. Pourtant, au cours des trois dernières années, la perte de pouvoir d'achat d'une rente du 2ᵉ pilier moyenne s'est élevée à l'équivalent d'environ 100 francs par mois, a-t-elle encore dit. (

(jah/ats)

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