Cette Romande accuse un Français d'avoir plagié son projet pour les femmes
Une ex-étudiante de l’Ecole cantonale d'art de Lausanne (Ecal) affirme que son travail sur une blouse gynécologique aurait été repris par un ingénieur et entrepreneur français, aujourd’hui présenté comme l’inventeur du concept, révèle Blick.
Nos confrères ont recueillis le témoignage de la designeuse romande de 27 ans, Lirjeta Maxhuni, qui dit travailler, depuis septembre 2022, sur Gynecare+, une blouse pensée pour limiter l’exposition du corps lors d’examens gynécologiques.
Son principe: des ouvertures ciblées permettant aux médecins d’effectuer les examens nécessaires tout en préservant l’intimité. Un projet issu de son bachelor en design industriel à l’Ecal, présenté publiquement dès 2023 et exposé notamment à la Dutch Design Week et au Salon du meuble de Milan.
Le projet de la Romande 👇
Première découverte
Début décembre, la jeune femme découvre, via la presse et les réseaux, qu’un ingénieur basé dans l’Aube, est présenté comme le créateur d’une blouse – nommée Miaro – au concept très proche. L'homme dit avoir créé ce vêtement pour ses filles et en hommage à sa mère.
En consultant le site de l'inventeur, elle explique à nos confrères reconnaître «des éléments clairs» de son propre travail:
- Croquis similaires.
- Logique d’ouvertures comparable.
- Choix esthétiques, jusqu’à une teinte bordeaux qu’elle affirme avoir sélectionnée pour des raisons pratiques.
Lirjeta Maxhuni évoque des ressemblances dans le vocabulaire employé et le modèle logistique envisagé, basé sur un système d’abonnement pour les cabinets.
Pour elle, ces parallèles sont trop nombreux pour relever du hasard. L'accusation de la Romande sur les réseaux. 👇
Que répond l'accusé?
Contacté par Blick, l’ingénieur français rejette toute accusation:
Il affirme y travailler depuis des années et avoir déposé un brevet en mai 2022, antérieur à la diffusion publique du travail de l’étudiante. Le brevet décrit un vêtement médical à ouvertures modulables, sans détailler l’esthétique. Selon lui, les ressemblances s’expliquent par une convergence d’idées face aux mêmes besoins.
La controverse se cristallise autour d’un point précis: la paternité du design. Lirjeta Maxhuni ne conteste pas l'antériorité du brevet. Ce qu’elle remet en question, ce sont les similitudes esthétiques et formelles.
Or, selon nos confrères, l’ingénieur n’a pas été en mesure de fournir des éléments matériels permettant de documenter l’évolution visuelle de son projet avant la diffusion du travail de la Romande.
Et maintenant?
A ce stade, aucune procédure judiciaire n’a été engagée. Le Français évoque, toutefois, la possibilité d’un dépôt de plainte, estimant que les accusations de la Romande lui portent préjudice. De son côté, la jeune femme dit vouloir «corriger un récit». L’Ecal a indiqué à Blick qu’un échange serait proposé avec son ex-étudiante pour examiner les suites possibles de l’affaire. (jah)
