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Suisse: Les distractions au volant sont variées et coûtent cher

En Suisse, «une discussion animée avec un passager» peut coûter cher
Les distractions au volant sont variées et potentiellement coûteuses pour le contrevenant.Image: montage watson

Ces distractions au volant peuvent vous coûter 10 000 francs en Suisse

Il n’y a pas que le téléphone portable ou le GPS qui posent problème au volant. En substance, toute distraction peut être très sévèrement punie en Suisse.
23.02.2026, 05:3223.02.2026, 09:08

Fumer une cigarette au volant? Controversé, mais globalement autorisé. Mais qu’en est-il lorsqu’il ne s’agit pas d’une cigarette classique, mais d’une cigarette électronique? C’est précisément ce qu’a découvert un automobiliste à Cologne en étant condamné pour avoir tapoté l'écran de sa vapoteuse pendant qu’il conduisait.

L’homme voulait modifier l’intensité de vapeur de sa cigarette électronique. Pour ce faire, il a appuyé sur l’écran tactile intégré, soit une manœuvre qui prend, au plus, une poignée de secondes. Mais pour le tribunal, ce geste est assimilé à l’utilisation d’un smartphone. Résultat: 150 euros d’amende, soit un peu moins de 140 francs suisses.

La «distraction» au volant, le nerf de la guerre

La cour d’appel régionale de Cologne a clairement établi que les cigarettes électroniques équipées d’un écran constituent elles aussi des appareils électroniques présentant un potentiel de distraction. Dès lors qu’elles fournissent des informations, elles relèvent de la même interdiction que les téléphones portables ou les systèmes de navigation. Les juges ont justifié leur décision en soulignant qu’un simple regard ou un bref tapotement du doigt peut déjà s’avérer dangereux.

Ça, c'est en Allemagne. Nous avons donc voulu savoir si une telle règle s'appliquait en Suisse: écran = distraction = interdit. Et la réponse nous a surpris.

De manière globale, la responsable de communication de l'Office fédéral des routes (Ofrou) nous rappelle ceci:

«Le cadre légal suisse prescrit que les conducteurs doivent concentrer leur attention sur la route et la circulation»

L'article 3 de l'Ordonnance sur la circulation routière prévoit, en effet, que le conducteur «veillera à ce que son attention ne soit distraite, notamment ni par un appareil reproducteur de son ni par un quelconque système d’information ou de communication». Toutefois, l'écran n'est pas directement en cause. Pour Marina Kaempf, Responsable de la communication de l'Ofrou, «il existe de nombreuses actions qui peuvent distraire ou rendre la conduite du véhicule plus difficile». La communicante avertit:

«En Suisse, cette disposition ne se limite pas aux "écrans ou écrans tactiles". Elle ne concerne donc pas uniquement l’utilisation d'un téléphone portable.»

Dans le cas qui nous occupe, ce sera à un tribunal «de décider si l’utilisation d’un écran tactile d’une cigarette électronique» est une distraction, appuie l'Ofrou. Car tout peut être distraction:

«Par exemple, une discussion animée avec un passager peut, dans certains cas, distraire le conducteur»
Marina Kaempf, Responsable de la communication de l'Ofrou

En ce qui concerne les outils numériques, la communicante illustre:

«Le Tribunal fédéral suisse a par exemple décidé que l’attention d’un conducteur est compromise lorsqu’il tient son téléphone portable dans la main droite et sélectionne une chanson pendant trois secondes.»
Marina Kaempf, Responsable de la communication de l'Ofrou

Mais ce cas-ci ne permet pas de régler tous les autres, comme elle nous l'explique ensuite: «Dans un autre cas, une conductrice a regardé pendant une à deux secondes son téléphone portable qu’elle tenait dans la main droite. Elle n’a toutefois pas utilisé son téléphone portable et n’a pas (complètement) détourné son regard de la route».

Le Tribunal fédéral a donc admis le recours de la conductrice et cassé le précédent jugement du tribunal de Soleure. En outre, les autorités soleuroises ont dû indemniser la requérante de 3000 francs suisses pour ses frais devant le Tibunal fédéral, peut-on lire dans le jugement du 5 mai 2023.

Ces diverses informations montrent un point important: tout peut être source de distraction au volant, qu’il s’agisse d’un téléphone portable, d’un système de navigation, d’une montre connectée, d’une cigarette électronique, ou d'une simple discussion un peu dynamique.

Et en cas d'infraction la sanction peut être lourde. L'Ofrou prévient:

«En cas d’opération rendant plus difficile la conduite du véhicule ou de distraction, l’auteur s’expose, selon la gravité, à une amende (jusqu’à 10 000 francs) ou à une peine pécuniaire (déterminée en fonction de la faute et de la situation personnelle et économique de l’auteur) ainsi qu'à une mesure administrative (avertissement, retrait du permis).»

Mais si tout est distraction, il existe néanmoins une certaine flexibilité, car «le degré d'attention qu'un conducteur doit porter à la route et à la circulation dépend des circonstances, notamment de la densité du trafic, des conditions locales, de l'heure, de la visibilité et des dangers prévisibles». Ce qui compte, finalement, c'est que le conducteur n'effectue pas «d'opérations qui rendent difficile le contrôle du véhicule», résume l'Ofrou.

Le TCS, de son côté, liste trois grandes sources de distraction:

  1. Téléphoner en conduisant avec un portable dans la main,
  2. Lire ou écrire un SMS au volant,
  3. Manger ou boire au volant

Téléphoner au volant, rappelle le TCS, expose à une amende de 100 francs et peut, «le cas échéant, entraîner des réductions de prestations dans l’assurance-accidents.» Les SMS, quant à eux, sont une «violation grave des règles de la circulation routière» et punissables d’une peine de privation de liberté pouvant aller jusqu’à 3 ans ou d’une peine pécuniaire. Pour ce qui est du dernier cas qu'avance le TCS, tout automobiliste qui mange ou boit peut s'attendre à une sanction. Toutefois, le lobby routier se veut rassurant:

«Les autorités tendent à traiter au cas par cas les affaires de conducteurs mangeant au volant et leur marge d’appréciation est relativement grande.»

C'est en fin de compte, là aussi, une question de distraction, le TCS écrit:

«Un automobiliste qui mange ou boit au volant se comporte de la même manière qu’un autre qui fume ou écrit un SMS. Toutes ces distractions perturbent le conducteur et sont par conséquent considérées comme problématiques au sens de la sécurité routière.»

(hun)

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