Locataires expulsés: le proprio et l’Asloca entrent dans le dur
Comme des partenaires sociaux, la caisse de pension de Bâle-Ville PKBS et l’Asloca, l’association de défense des locataires, vont travailler ensemble à la recherche de solutions pour la centaine de locataires des immeubles 35 à 43 du boulevard Carl-Vogt à Genève ayant reçu leur résiliation de bail au début de l’année. C’est le chef du Département cantonal du territoire (DT), le Vert Nicolas Walder, qui l’a annoncé lundi dans un communiqué.
Un «groupe de travail» a été créé le jour même à cet effet, qui réunit les deux parties. «Il traitera des trois points structurants de ce dossier, soit le relogement des locataires pendant les travaux, leur réintégration après ces mêmes travaux, ainsi que les conditions de bail et en particulier la question des loyers», indique le communiqué du DT.
Négociations et lignes directrices
Dans les faits et à l’invitation du chef du DT, PKBS et l’Asloca ont dans les dix jours précédant cette annonce multiplié les réunions en présentiel ou en visio, a-t-on appris. Deux hommes ont mené les négociations: Rudolf Rechsteiner, membre du conseil d’administration de PKBS, et le conseiller national PS Christian Dandrès, juriste à l’Asloca.
Comme l’indique Le Temps ce jour, Christian Dandrès soumettra ce mardi soir aux locataires concernés l’ébauche d’accord élaboré entre les parties. Il explique à watson:
De son côté, le propriétaire, qui a racheté le bloc de cinq immeubles du boulevard Carl-Vogt en 2020 à la Financière Arditi S.A. au prix de 128 millions de francs, n’entend a priori pas revenir sur les résiliations, arguant d’importants travaux à mener.
Cinq ans, mais après?
Les négociations portent sur le relogement et le montant des loyers après travaux. Si le propriétaire est tenu de se conformer à la LDTR, la loi qui protège les locataires contre des hausses excessives de loyers pendant cinq ans après travaux, toute la question concerne l’après, comme la période intermédiaire, du reste.
Les relogements, eux, seront soit définitifs, soit transitoires en cas de réintégrations dans les cinq immeubles rénovés. Un certain nombre de locataires présents dans les lieux depuis plusieurs dizaines d’années, bien souvent à la retraite et payant des loyers modestes au regard du marché, devront pouvoir trouver à se reloger à des prix abordables pour eux.
Un test pour tout Genève
Le Temps soulève le devenir des locataires des cinq immeubles du boulevard Carl-Vogt titulaires d’un contrat de bail à durée déterminée. Leur sort pourrait être moins assuré que pour ceux au bénéfice d’un contrat à durée indéterminée.
Dans cette affaire, le diable se cache dans les détails. Les négociations se poursuivent donc dans un certain secret. Pour le DT comme pour l’Asloca, il s’agit de faire de «Carl-Vogt» un précédent le moins douloureux possible pour les locataires du canton en général.
