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Permanences anti-G7: l'Université de Genève fixe ses conditions

Uni Mail Genève. Capture écran message Telegram NoG7 Antirep
Uni Mail Genève. Capture écran message Telegram NoG7 Antirepimage: watson

Une permanence anti-G7 à l'Unige? L'UDC et le MCG sont «scandalisés»

Deux permanences juridiques organisées par un groupe «antirépression policière» sont prévues ce mercredi dans les locaux du syndicat CUAE de l'Université de Genève. PLR, UDC, Centre et MCG sont contre, le PS approuve. Le rectorat, lui, pose des limites.
16.06.2026, 18:5516.06.2026, 20:45

Lundi, dans un message Telegram relayé par la coalition NoG7, Antirep, un groupe antirépression policière plus ou moins clandestin, annonçait la tenue mercredi 17 juin de deux «permanences» à l’Université de Genève (Unige), dans les locaux du syndicat étudiant CUAE, révélait watson ce mardi midi.

Objectif affiché: recueillir des témoignages d’éventuelles violences subies par les participants de la manifestation anti-G7 du dimanche 14 juin à Genève et fournir des conseils juridiques en cas de démêlés avec la police ou la justice.

«La CUAE sortirait de ses statuts»

Sollicité ce matin par e-mail, Marco Cattaneo, directeur de la communication de l’Unige, a informé watson dans l’après-midi de la position de l’institution universitaire au sujet des deux permanences prévues ce mercredi, l’une de 14h à 16h, l’autre, de 18h30 à 20h30. Cette position tient en deux points.

Premièrement:

«Le syndicat étudiant CUAE respecte ses buts lorsqu’il tient des permanences juridiques pour les étudiants et étudiantes de l’Unige»
Marco Cattaneo, directeur de la communication de l’Unige

Mais:

«Ce n’est pas le cas si ces permanences s’adressent à des personnes externes, sans lien avec l’Unige. Nous avons rendu la CUAE attentive sur ce point»
Marco Cattaneo, directeur de la communication de l’Unige

En clair, une éventuelle permanence ne devrait donc s'adresser qu'aux étudiants de l'université et non pas à l'ensemble des manifestants.

Comme le rappelait watson ce mardi midi, la CUAE, positionnée à l'extrême gauche et membre de la coalition NoG7, a fait l’objet d’une passe d’armes au Grand Conseil genevois début juin. Le PLR, l’UDC et le MCG – mais ils ont perdu de justesse au vote face au PS, Le Centre, LJS et deux MCG – voulaient faire en sorte que les étudiants puissent décider d’accorder ou non une part de leurs taxes semestrielles à ce syndicat situé à l’extrême gauche. Lequel perçoit aujourd’hui automatiquement 3,50 par étudiant et par semestre.

«Ce n’est pas acceptable»

Contactés par watson, les quatre grands partis genevois, hormis le PS, se disent opposés à ce que les locaux de la CUAE soient transformés temporairement en «permanence juridique» dans le contexte anti-G7.

Pierre Nicollier, président du PLR du canton de Genève:

«Tout en réaffirmant le soutien du PLR à l’action de la police lors de la manifestation anti-G7 de dimanche à Genève, je tiens d'abord à dire qu’il est tout à fait légitime de recueillir des témoignages de violences, en toutes circonstances. Mais j’estime que ce qui est annoncé dans cette publication Telegram, à savoir que le syndicat étudiant CUAE mettra ses locaux à disposition d’un groupe engagé dans un rapport de force avec l’institution policière, n’est pas acceptable.»
Pierre Nicollier, président du PLR GE canton

Le président du PLR Genève poursuit:

«La CUAE profite une nouvelle fois des moyens financiers dont elle bénéficie par le truchement de l’institution universitaire pour mener un agenda politique d’extrême gauche»
Pierre Nicollier, président du PLR GE canton

L’UDC, par la voix de son vice-président cantonal, Alexandre Chevalier, se dit «scandalisée».

«Il n’est pas normal qu’un groupe aux limites de la légalité comme Antirep, auteur d’un guide destiné au parfait petit militant antifa, puisse utiliser les locaux de l’Université de Genève, ceux de la CUAE en l’occurrence, qui n’est absolument pas représentative des étudiants.»
Alexandre Chevalier, vice-président de l'UDC GE canton

Même son de cloche du côté du président du MCG, François Baertschi:

«Je ne pense pas que ce soit le rôle de la CUAE de prêter la main à des groupes radicaux potentiellement violents. La CUAE ne devrait pas faire partie à mon avis de la coalition anti-G7. Quant à l’Université de Genève, je trouve qu’elle manque de courage face aux discours de certains de ses étudiants légitimant la violence.»
François Baertschi, président du MCG

Président du Centre du canton de Genève et député au Grand Conseil, Jean-Marc Guinchard, est d’avis que «la CUAE n’a pas vocation à accueillir dans ses locaux le groupe en question, dont on imagine aisément qu’il ne s’intéresse pas aux violences commises par les blacks blocs».

«Tout témoignage lié à la commission de violences doit être recueilli, mais la CUAE n’est pas ici dans son rôle»
Jean-Marc Guinchard, Président du Centre Ge canton

Le discours du Parti socialiste est dons à l’opposé des trois précédents. Ses coprésidents, Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi, affirment:

«Nous respectons le choix de la CUAE de mettre ses locaux à disposition pour recueillir des témoignages relatifs à d’éventuelles violences subies par des personnes, notamment des étudiantes et étudiants, ayant participé à la manifestation anti-G7 du 14 juin à Genève.»
Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi, coprésidents du PS GE canton

Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi ajoutent:

«La CUAE, dont on connaît par ailleurs l’engagement politique, ne fait rien ici d’illégal»
Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi, coprésidents du PS GE canton

Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi estiment qu’«il est important que l’Université reste un lieu de débat, où s’exercent l’esprit critique et les droits fondamentaux».

Sollicité par watson, la CUAE n'a pas donné suite.

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Video: watson
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