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Crise à la Comédie de Genève: la directrice contre-attaque

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«Sidérés par la violence»: la directrice de la Comédie de Genève riposte

La directrice de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier, a été mise sur la touche par les autorités genevoises ce lundi. Alors qu'elle doit faire face à un nouvel audit, elle recourt à un avocat pour se défendre et fait valoir ses soutiens en Suisse comme en France. Les révélations de watson.
25.11.2025, 17:1926.11.2025, 05:50

Déclarée «persona non grata» à la Comédie de Genève, le théâtre qu’elle dirige, la franco-suisse Séverine Chavrier a chargé son avocat de rédiger une lettre à l'attention de Conseil administratif (exécutif) de la ville de Genève, a appris watson. Cette démarche est une première réponse de sa part à la décision de la Fondation d’art dramatique (FAD), l'employeur de Séverine Chavrier, de couper son poste en deux entités, l'opérationnel et la direction artistique.

Elle n'est plus la bienvenue à la Comédie

Comme la FAD l'a indiqué le week-end dernier aux 80 employés de la Comédie de Genève, Séverine Chavrier, leur directrice, travaillera désormais à distance, révélait lundi Le Temps. Il lui est conseillé de ne plus se rendre physiquement dans les locaux de la Comédie.

Cette décision peut surprendre, dans la mesure où la cheffe de la Culture de la ville de Genève, Joëlle Bertossa, semblait avoir apporté son soutien à Séverine Chavrier, suite à la parution, le 22 octobre, entre autres dans la Tribune de Genève, d’allégations anonymes mettant en cause son management jugé cassant, ainsi que le peu de place qu’elle accorderait à la scène genevoise.

L'acronyme qui a tout fait basculer

Il lui était également reproché d’avoir prononcé un acronyme méprisant, PPSDM, pour petites productions suisses de merde. Le 31 octobre, Thierry Sartoretti, journaliste culturel œuvrant à la RTS, apportait un démenti formel: Séverine Chavrier n’a jamais employé cet acronyme, ni l'expression qui lui est accolée.

Entre-temps, Joëlle Bertossa, de concert avec la FAD, avait décidé de mandater la Cour des comptes genevoise, afin qu’elle rédige un audit sur la gestion comptable de la Comédie de Genève. Mais il n’était alors pas question d'exclure Séverine Chavrier des murs de la Comédie.

Deuxième audit

Ce durcissement à son égard fait suite à la décision de la FAD, annoncée ce mardi dans un communiqué, de commander un deuxième audit, portant, cette fois-ci, sur les relations de travail au sein de la Comédie entre Séverine Chavrier et ses équipes. Ces relations seraient mauvaises, comprend-on, comme en rendaient compte les premiers articles publiés sur l'affaire.

Elle entend se défendre

Face à ce que certains considèrent être une cabale contre Séverine Chavrier, celle-ci entend se défendre. Selon les informations recueillies par watson, elle a décidé de contester la décision de la FAD de lui retirer la direction opérationnelle de la Comédie, assortie de l'invitation à ne pas se rendre physiquement dans ce lieu.

«Appel à signatures»

Dans le même temps, des soutiens en sa faveur commencent à se manifester. Un «appel» à signatures a été lancé sur Facebook ce mardi, qui demande au Conseil administratif:

  • De trouver une sortie de crise permettant à Séverine Chavrier de renouer un dialogue constructif avec ses équipes tout en continuant à assumer pleinement ses missions de directrice générale.
  • de rejeter fermement toutes mesures qui porteraient atteinte à la dignité de Séverine Chavrier – la décision choquante de l'exclure du théâtre – qui entraveraient ses conditions de travail et affaibliraient ce fleuron de la scène artistique genevoise.

L’appel dénonce «le déferlement indigne des insultes, attaques haineuses et campagne de désinformation à l'encontre de Séverine Chavrier, Directrice de la Comédie, l'une des plus importantes institutions de Genève».

Lettre de soutien du milieu théâtral

Parallèlement à cette initiative, une quarantaine de noms affiliés aux professions théâtrales en France témoignent également de leur soutien à Séverine Chavrier. Tous les métiers du théâtre sont représentés: la mise en scène, la scénographie, la lumière, les costumes, les acteurs et les actrices, etc. Ils écrivent:

«Nous, artistes, technicien·nes, administrateur·rices et collaborateur·rices, personnes accueillant·es ou accueilli·es, partenaires de création et de tournée, souhaitons exprimer publiquement [à Séverine Chavrier] notre soutien face à cette tourmente médiatique et à ses dérives. Ce déchaînement de jugements hâtifs, d’erreurs factuelles et de rumeurs relayées sans vérification, déforme gravement la réalité du travail mené depuis plus de vingt ans auprès d’elle. Nous sommes sideré.es par la violence et la haine des commentaires qui accompagnent souvent ces articles, en particulier sur les réseaux sociaux.»
Extrait de la lettre

Souhaitant visiblement démentir les allégations selon lesquelles Séverine Chavrier ferait preuve de mépris envers le «petit personnel», les signataires ajoutent:

«Au fil des années, nous avons connu Séverine Chavrier, comme une artiste capable de prises de risques artistiques et politiques, nous entraînant dans des aventures humaines et esthétiques fortes et exigeantes. Son engagement et sa rigueur se sont toujours accompagnés d’un profond respect et d'une grande confiance pour les artistes, les technicien·nes et les équipes administratives qui l’entourent. Nous tenons à témoigner de l’intégrité et de l’exigence professionnelle qui ont toujours marqué nos collaborations, et de la chance que nous avons eue de participer à ses créations, ainsi qu’à la vie des structures qu’elle a portées, en France comme en Suisse.»
Extrait de la lettre

«Refuser les logiques de diffamation»

Les signataires concluent en ces termes :

«Nous invitons enfin l’ensemble de la profession ainsi que les institutions publiques qui les administrent à la clairvoyance et au discernement, afin de refuser les logiques de diffamation»
Extrait de la lettre

Joint par watson, le conseiller personnel de Joëlle Bertossa et porte-parole du département de la Culture à la ville de Genève, Timothée Fontolliet affirme qu'on n'assiste pas à un «revirement» de Joëlle Bertossa et de la FAD en défaveur de Séverine Chavrier.

«Il n'était pas question de jeter quiconque en pâture»

«Lorsque les premiers articles sur cette affaire sont sortis dans la presse il y a un mois, la responsabilité de la Conseillère administrative était de protéger la personne mise en cause, Mme Séverine Chavrier, ainsi que l'institution, face à des allégations qui demandaient à être étayées. Il n'était pas question de jeter quiconque en pâture.»
Timothée Fontolliet, conseiller personnel de Joëlle Bertossa

Timothée Fontolliet poursuit:

«Puis il y a eu des entretiens menés par la FAD avec la direction, la commission du personnel et les syndicats et il est apparu qu'il y avait des différends et une ambiance de travail altérée au sein de cette institution. D'où la décision de la FAD d'éloigner Mme Chavrier de l'opérationnel durant la réalisation de cet audit RH, complémentaire à celui de la cour des comptes.»
Timothée Fontolliet, conseiller personnel de Joëlle Bertossa
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Video: watson
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